La Frontière de l’aube, de Philippe Garrel – 2008
2

On pourrait dire de ce film que c’est un conte moderne fantastique. On a pu lire dans la presse entre autre que ce film a surtout été sifflé par la plupart des critiques de cinéma. Même si un film peut nous exaspérer et être quelque peu caricatural je pense qu’il est trop facile d’émettre une opinion aussi négative. Soit il s’agira d’un sentiment de haine envers un cinéaste soit qu’ils n’ont quelque part pas compris le propos. On sait que ce film est basé sur des histoires vraies touchant aussi bien les acteurs que le réalisateur, et pour moi ce n’est toujours pas une raison d’avoir une telle réaction pour des personnes s’étant données du mal à réaliser un film.
Mon regard sur ce film est donc mitigé. D’un côté je l’ai bien aimé pour l’interprétation de Louis Garrel qui est toujours parfaite même si il a tendance à jouer tout le temps le même personnage (de ce côté-là on peut se dire que chacun de ses films est une prolongation des sentiments d’un même être humain). Quant à Laura Smet, autant dire que son jeu est assez pitoyable. Je sais qu’elle est passée à travers des moments difficiles et tendus mais je ne suis pas arrivé à croire en sa prestation. Son intonation et sa voix ne marche pas, elle est certes belle à l’écran et dans la vraie vie, je n’y ai pas beaucoup cru.
Quant à la réalisation de Philippe Garrel, il a eu recours au même noir et blanc que dans son précédent film : « les amants réguliers » et j’ai trouvé qu’il était plus justifié dans ce dernier film : étant en deux parties, il est souvent question de mort, de religion et bien entendu d’amour. En parlant de religion, je n’ai pas très bien compris la scène où Louis Garrel est dans un bar en train de parler à un homme qui se considère antisémite et où Louis Garrel se justifie à deux fois pour affirmer sa religion. De ce côté-là, le film est assez confus.
Et puis il faut dire une chose, j’en ai marre des films avec des dialogues pourris. Non vraiment les phrases qui ne veulent rien dire il faut arrêter. Et pourquoi dans ce cinéma français est-on obligé à chaque fois d’ avoir recours à des acteurs dégueulasses, sales, avec une barbe de huit jours même pas taillées, vivant bien sûr sous les toits de Paris, et naturellement ayant une logique communiste décidée à ne pas croire à ce fameux « bonheur bourgeois ».
Long, le film l’est ; ennuyant, il l’est aussi ; intrigant aussi, car on peut se poser beaucoup de questions (pourquoi choisir ces thèmes ? Quels messages réellement faire passer…). En tout cas, ce film est resté dans ma pensée depuis que je l’ai visionné et contrairement à ce que l’on a pu dire, il n’est pas à être détesté à ce point.
Questions aux lecteurs :
Aimez-vous le cinéma de Philippe Garrel ? Aimez-vous Louis Garrel ? Qu’avez-vous pensé de la prestation de Laura Smet ? Quels sentiments ce film vous a-t-il provoqué ?




Contrairement aux amants réguliers ,film emprunt de nostalgie et d’une douce mélancolie, je trouve celui-ci bien en de ça..
Sur un même type de thématique, Garrel ne trouve sa vérité que par moment, et l’ensemble se trouve plutôt gratuit.
Effectivement, la scène du bar et de l’antisémite, la façon de couper les scène, font de cette expérience universelle qu’est un film, une expérience personelle à laquelle on est peu sensible, par trop de « genre » et clin d’oeil innaccesible si l’on est pas initié..
Au lieu d’un sentiment d’attente langoureux, le film fait place à l’ennui.. le film laisse une impression de morosité sans pour autant arriver à émouvoir.. Dommage..
sympa ce petit inteview !