Un jour / Une scène : « Elephant » de Gus Van Sant – 2003
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Pour une fois que je suis en accord avec une Palme d’Or ! Je revois encore la phrase de Patrice Chéreau, alors Président du jury, récompensant le film et qui l’a même couronné du prix de la mise en scène, défiant ainsi l’usage habituel qui interdisait de donner deux trophées à un même long-métrage.
Et l’on est content de savoir qu’il ne s’est pas trompé ! Cet extrait en est d’ailleurs la preuve même. Je me revois devant mon écran de télé lors du festival de Cannes découvrir ce passage tellement envoûtant et avant tout travaillé.
En voyant ce film, contrairement à ce que certains peuvent appeler de la contemplation, il faut bien faire attention à chaque moment et à chaque son qui en émane. Petit exemple ici :
Premier plan fixe sur un terrain de sport, tout se passe bien jusqu’à ce qu’une fille à lunettes s’installe devant l’écran pour contempler le ciel au ralenti (présage de ce qui va se passer plus tard ? Invocation d’une idée divine…?).
Vient ensuite le travelling suivant le jeune play-boy, marchant d’un pas nonchalant et qui va nous permettre de nous insérer dans le lycée et découvrir de manière fortuite la vie de ces adolescents. De même, il va nous permettre de découvrir d’autres protagonistes comme sa petite amie ou encore la bande des 3 filles.
La particularité, si vous regardez bien, est donc dans la lumière qui baigne le film et dans les sons parfois dissonants qui peuvent exister.
Gus Van Sant nous montre constamment dans ce film une espèce de mélancolie de la jeunesse, où il n’y a pas vraiment de repère et d’identification. C’est peut-être en cela que le film n’explique rien ou en tout cas ne cherche pas à comprendre la raison d’un tel geste venant de jeunes lycéens…
Je vous laisse maintenant redécouvrir ce beau moment de cinéma et n’hésitez pas si vous le souhaitez à laisser votre propre vision du film.
Bonne projo !




Elle est sacrement moche la « fille à lunettes »! A part çà, très bon choix de fond sonore de la part de GVS!
Cher Edouard,
Le problème est que tu montres un extrait du film…le film est entièrement comme ça. Pauvre! Gus Van Sant a un concepte de narration extraordinaire, mais cela reste un concepte mal exploité… Je m’explique, nous sommes dans un film où à chaque plan on rappelle au spectateur qu’il n’est qu’un spectateur et non un acteur. Aucune empathie, aucune émotion, aucune identification (à part peut-etre pour ceux qui ont le même age que les protagoniste, et encore…). Nous pouvons être touché par la dimension poétique (ton extrait est parfait pour montrer ça)…mais sans associer le spectateur à l’histoire son influence est limité d’après moi.
Je passe sur la performance des commédiens que j’ai trouvé à l’image du film, pauvre. Ton extrait nous le montre d’une manière fabuleuse, lorsque qu’il croise cette nana qui le trouve beau. Plus simple…il n’y a pas! Je trouve même qu’à l’image de cette réplique le film n’a qu’une subtilité de bas étage! Nous sommes dans du Gus Van Sant, un concepte de forme et laisser au spectateur le soin de trouver le fond, si il y en a un. Gerry et Last Days en sont les exemples parfait!
Pour moi, Van Sant c’est du vent et contrairement à ce que tu dis c’est totalement représentatif des palme d’or, car on s’ennuie…pour pas dire autre chose.
PS: Pour moi beaucoup de film ont une dimension poétique un peu plus élaborée que de la musique sur des images. Je vous conseille pour cela THE FOUNTAIN, de Darren ARONOFSKY.
A +.
Bah il y a un paradoxe dans ce que tu dis:
« Le problème est que tu montres un extrait du film…le film est entièrement comme ça »
Et ensuite
« Nous pouvons être touché par la dimension poétique (ton extrait est parfait pour montrer ça »
Donc si j’ai choisi ce film c’est aussi pour cet extrait. Deux points nous rapproche par ailleurs lorsque tu cites d’abord The Fountain qui est un chef d’oeuvre et lorsue tu dis que les palmes d’or sont chiantes.
Exception faites de ces films: je trouve au contraire que justement il nous prend à partie et essaye de nous faire rentrer dans cet environnement: le cinéma est là pour raconter la vie de façon extrapolée, factice et parfois de façon utopique. Ici, Gus Van Sant nous montre la réalité des choses ou plutôt la banalité des choses: un homme marche pour retrouver sa copine, un autre prend des photos, l’autre récupère son père alcoolique… que des moments de la vie qui arrivent à n’importe qui et qui sont ennuyantes et sans grande intérêt.
Bref, c’est dans cette approche que j’apprécie ce film et aussi dans le fait de prendre le temps d’admirer de belles images (le film, il faut le dire, baigne tout de même dans une superbe photos).
Qu’en penses-tu?
Je suis d’accord avec Edouard…. Je pense que le but de Gus van sant était justement de ne pas prendre parti et de n’éprouver aucune empathie, c’est a nous de juger…. il nous montre comment ce jours a pu se passer, un début simple ou chacun mène son petit quotidien….et c’est cela qui est intéressant… c’est ce qui passe dans la vie de tous , aller a la cafét le midi, préparer son week-end end avec les potes; des choses simple …. et c’est ce qui fait qu’on est encore plus sous le choc quand le drame survient… parcqu’on se rend compte que ces jeunes qui meurent sont comme nous: banal……..
Exactement ! Et c’est en ça que le film est touchant et surtout marquant! Car n’importe quel jeune d’aujourd’hui peut essayer de s’identifier à ce genre de situation. Aux Etats-Unis tout du moins car même si nous sommes Européens, on peut facilement imaginer la vie de campus au States (sans forcément penser à American Pie qui est un très bon film aussi dans son genre !)