Air « Largo Al Factotum », Le Barbier de Seville – Rossini

0

Poster le : 25-01-2009 | Par : Edouard | Dans : Articles récents, Opéra

Même si Don Giovanni de Mozart reste mon Opéra préféré pour son histoire, son originalité, ses airs tout aussi fascinants les uns que les autres et sa structure musicale si complexe et envoûtante, les opéras de Rossini représentent quant à eux la force absolue du classique. Il y a une dynamique dans sa musique et l’air de Figaro dans le Barbier de Séville en est l’exemple absolu.

Tout aussi connu que celui de Leporello vu précédemment, il a souvent été utilisé au cinéma à plusieurs reprises et dans certains cartoons de la Warner.

Par cet air si réputé et si difficile pour Baryton, nous faisons la connaissance de Figaro, barbier à Séville, mais aussi réputé pour être l’homme à tout faire de la ville (factotum vient en fait du latin et désigner le serviteur sachant tout faire). A l’inverse du serviteur de Don Giovanni qui décrit les conquête de son maître, notre ami Figaro se vante dans cet air de sa qualité de pouvoir être partout à la fois et de servir qui veut et n’importe où. En voici les paroles et la traduction en anglais :

 

Italian
 English
Largo al factotum della città.
Presto a bottega che l’alba è già.
Ah, che bel vivere, che bel piacere
per un barbiere di qualità!    Ah, bravo Figaro!
Bravo, bravissimo!
Fortunatissimo per verità!
Pronto a far tutto,
la notte e il giorno
sempre d’intorno in giro sta.
Miglior cuccagna per un barbiere,
vita più nobile, no, non si da.
Rasori e pettini
lancette e forbici,
al mio comando
tutto qui sta.
V’è la risorsa,
poi, del mestiere
colla donnetta… col cavaliere…
Tutti mi chiedono, tutti mi vogliono,
donne, ragazzi, vecchi, fanciulle:
Qua la parrucca… Presto la barba…
Qua la sanguigna…
Presto il biglietto…
Qua la parrucca, presto la barba,
Presto il biglietto, ehi!Figaro! Figaro! Figaro!, ecc.
Ahimè, che furia!
Ahimè, che folla!
Uno alla volta, per carità!
Ehi, Figaro! Son qua.
Figaro qua, Figaro là,
Figaro su, Figaro giù,Pronto prontissimo son come il fulmine:
sono il factotum della città.
Ah, bravo Figaro! Bravo, bravissimo;
a te fortuna non mancherà.

 

 

Make way for the factotum of the city,
Hurrying to his shop since dawn is already here.
Ah, what a fine life, what fine pleasure
For a barber of quality!    Ah, bravo Figaro!
Bravo, bravissimo!
A most fortunate man indeed!
Ready to do everything
Night and day,
Always on the move.
A cushier fate for a barber,
A more noble life, is not to be had.
Razors and combs,Lancets and scissors,
At my command
Everything’s there.
Here are the tools
Of my trade
With the ladies…with the gentlemen…
Everyone asks for me, everyone wants me,Ladies, young lads, old men, young girls:
Here is the wig…the beard is ready…
Here are the leeches…
The note is ready…
Here is the wig, the beard is ready,
The note is ready, hey!

Figaro! Figaro! Figaro!, etc.
Ah, what frenzy!
Ah, what a crowd!
One at a time, please!
Hey, Figaro! I’m here.
Figaro here, Figaro there,
Figaro up, Figaro down,

Swifter and swifter, I’m like a thunderbolt:
I’m the factotum of the city.
Ah, bravo Figaro! Bravo, bravissimo,
You’ll never lack for luck!

 

Vous aussi vous pouvez maintenant  vous entraîner sur cet air rempli d’énergie et de dynamisme, deux qualités qui font la musique de Rossini et le bonheur de tous !

Jean-Pierre Ponnelle était un très grand metteur en scène français, toujours soigneux dans ses réalisations mais qui avait avant tout un sens de l’esthétisme prodigieux. Il a ainsi décidé dans les années 70 de passer à la réalisation en filmant pour la télévision ses mises en scènes. L’extrait que vous allez voir aujourd’hui provient de l’un de ses chefs-d’oeuvre. Vous allez ainsi voir à quel point l’utilisation de la lumière et des décors est importante dans une mise en scène d’Opéra. Regardons d’abord cet air de Figaro.

Bon air !

 

Faisant référence aux ombres chinoises, on arrive doucement vers un balcon où une personne semble être en train de se réveiller et se préparer pour aller en ville. Le soleil se couche et son travail va bientôt commencer. Nous découvrons ainsi le personnage principal et comme par magie, la lumière commence à dévoiler de façon plus précise le décor et donc le lieu dans lequel il vit.

Puis, gentiment, il nous invite à visiter sa fameuse boutique de coiffure. On aimera beaucoup moins ici cette caméra à l’épaule assez brouillon et ne collant pas tellement à l’air musical.

Au passage, il est d’ailleurs mieux conseiller de se procurer un autre Opéra de Rossini, plus intéressant à mon goût, et qui est La Cenerentola, un autre de mes opéras préférés, contant l’aventure de Cendrillon et toujours réalisé par le même Jean-Pierre Ponnelle. Mais revenons à Figaro!

Ce qui est génial en revanche ici est le regard que porte le barbier. Qui regarde-t-il ? A qui s’adresse-t-il ? Tout simplement à nous ! Ce procédé narratif est des plus intelligents afin de nous familiariser avec le personnage puisque nous allons le suivre tout au long de l’histoire et qu’il deviendra notre complice.

Puis nous passons à une partie géniale au niveau musical mais assez pitoyable niveau réalisation. On a en effet l’impression d’être dans un trip sous acide lorsqu’il commence à nous décrire les différents types de personnes qu’il coiffe généralement. Avec ces allées et venues de caméra, ces contre-plongées inutiles et totalement inadéquates à la musique, Ponnelle nous présente un personnage qui nous fait assez peur… au lieu de nous rassurer.

Heureusement, la fin est plus apaisante et permet de nous donner une vision de Figaro plus calme, serein et  passionné, fier de ce qu’il est. J’essayerai plus tard de vous montrer une autre scène réalisée par Ponnelle beaucoup mieux que celle-ci. Reste l’interprétation de l’air qui est parfaite, malgré un play-back trop flagrant. 

Au moins, je vous aurai montré aujourd’hui la difficulté d’entreprendre un Opéra filmé !

 



Articles associés

Pas d'article associé.

Ajouter un commentaire