« Coraline » de Henry Selick – 2009
Coraline est l’une des plus belles surprises de ce milieu d’année. Le film d’ Henry Selick aborde tous les genres différents sans jamais tomber dans la caricature, l’ennui et le déjà-vu. Et pourtant, le synopsis nous présageait le contraire :
Coraline vient tout juste d’emménager dans une vieille demeure avec ses parents. Ne la regardant pas et trop occupés à finir leur livre de jardinage, la jeune fille est laissée à l’abandon dans cette grande maison remplie de mystères. C’est en découvrant une porte cachée dans son salon et en la franchissant que la vraie aventure va pouvoir enfin commencer pour elle.
On se dit tout de suite qu’il y a un problème. Le réalisateur du cultisme L’étrange noël de Mr Jack nous revient avec une histoire qui nous semble plutôt familière et sentant à plein nez la pâle copie. Il n’en est absolument rien, bien au contraire. Nous ayant déjà habitués à ces personnages difformes aussi bien physiquement que mentalement, Henry Selick nous offre ici un film hors du commun.
Allociné nous a encore une fois gâtés en nous permettant de voir ce long-métrage en avant-première avec la présence du réalisateur en personne, de son compositeur, le très français Bruno Coulais et enfin de l’auteur de l’oeuvre dont est tiré le film, Neil Gaiman. Mais la plus grande surprise reste la projection en 3D.
Jamais le relief n’a été aussi maîtrisé, si envoûtant et si décoiffant. A tel point que l’on en oublie presque d’être dans une salle de cinéma et avec d’autres spectateurs. Nous appartenons à l’histoire et participons aussi aux aventures que va connaître Coraline.
Henry Selick a certainement dû travailler de longues heures à ces animations et l’on ne peut que l’en féliciter. La magie des couleurs et des décors nous emportent à chaque fois dans les tableaux des plus grands maîtres. nous serons ainsi ébahis de reconnaître des oeuvres comme Le ciel étoilé de Van Gogh, La naissance de Venus de Boticelli, L’anxiété de Edvard Munch ou encore certains chef-d’oeuvres de Francis Bacon et de Salvatore Dali. Le film rend si bien hommage à ces peintures, qu’il pourrait être assimilé à un cours sur l’histoire de l’art. On y retrouve presque tous les courants : de la renaissance au classicisme, en passant par l’impressionnisme et l’expressionnisme pour arriver au surréalisme, avec sa touche de romantisme.
C’est un film qu’il faut obligatoirement voir en 3 dimensions pour l’apprécier pleinement. Même si encore peu d’éléments nous sautent directement aux yeux, ce procédé joue d’avantage sur la profondeur de champs, la clarté des images et les jeux d’illusions.
En plus de toutes ces qualités, Selick nous a informés avant la projection qu’un autre élément du film jouait un rôle essentiel : la musique. Ayant écouté presque les oeuvres de tous les compositeurs Hollywoodiens, il a vraiment eu du mal à en trouver un qui puisse parfaitement correspondre à l’univers de Coraline. C’est en découvrant la bande originale du documentaire Le Peuple Migrateur qu’il a alors rencontré Bruno Coulais et l’a choisi très en amont pour composer la musique de son film, à notre plus grande joie. Sa musique nous permet en effet de nous immerger encore plus dans l’univers baroque de ce monde incroyable et si terrifiant.
Mais nous serons tout de même gênés par quelques ressemblances avec d’autres long-métrages. En écoutant cette musique, nous sommes interpellés par ses points communs avec celle du film Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire de Thomas Newman ou encore la musique de Dany Helfman, compositeur attitré des oeuvres de Tim Burton. On restera cependant sous le charme du style de notre musicien français et d’entendre ses sublimes voix si envoûtantes.
De même, le scénario peut parfois être un peu longuet mais atteint ses meilleurs moments lors des trois rencontres que va faire Coraline dans ce nouveau monde, joyaux de créativité et d’émerveillement. Enfin, les voix-off françaises sont parfaitement adaptées au film, même si on regrette que la voix de la jeune fille ne soit pas un peu plus prononcée.
Tout comme le prénom Coraline qui inverse deux lettres du prénom Caroline, Henry Selick nous invite à pénétrer dans deux mondes radicalement différents mais où l’illusion et la peur sont des éléments communs. A ce titre, Coraline n’est pas qu’un simple film d’animation mais un vrai long-métrage d’auteur à ranger parmi les nouveaux grands artistes. Nous serons seront alors tout aussi épanouis qu’effrayés grâce au procédé de la 3D qui nous permet de dire aujourd’hui qu’il s’agit d’une vraie révolution du divertissement. Nous ne regarderons bientôt plus les films de la même façon…
En cadeau et en plus de la bande-annonce du film, vous trouverez ci-dessous un extrait du making-of montrant la complexité de la création de ce film d’animation. On verra qu’il faut beaucoup de monde et beaucoup de travail pour arriver à un tel résultat et réussir à nous faire voyager dans un autre monde :
Making-of




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