« Dans la brume électrique » de Bertrand Tavernier – 2009
Chose rare : le film commence immédiatement. Seul son titre In the Electric Mist apparaît à l’écran, sans que nous n’ayons vu au préalable les logos des sociétés de production ou de ventes de films.
Cette simplicité est paradoxale face aux aventures qu’a connues le réalisateur Bertrand Tavernier durant la préparation de ce film comme il est expliqué dans cet article tiré du Monde.
Réalisé en 2007, il a donc fallu attendre deux ans pour pouvoir enfin voir Dans la brume électrique au cinéma. Est-ce que l’attente en valait la peine ? Réponse : non.
Les critiques de cinéma ont plus ou moins tous acclamé la dernière oeuvre du réalisateur de Coup de Torchon en lui réservant les meilleurs éloges qui soient pour un metteur en scène français. C’est à se demander pourquoi…
Ici, Tommy Lee Jones passe beaucoup de temps assis. Que cela soit dans sa voiture, dans un bar, chez lui ou encore devant sur son paillasson. A chacun de ces moments, nous pouvons le voir réfléchir, méditer sur son existence, comme c’était déjà le cas dans le dernier film des frères Coen : No country for old men. Le problème est que même si on a envie de comprendre pourquoi il se pose autant de questions, on a surtout l’impression qu’il se demande ce qu’il fait ici, comme nous spectateurs.
Des films policiers comme celui-ci, des centaines ont déjà été faits avec des intrigues beaucoup mieux ficelées et remarquablement bien mises en scène. Le problème de cette fiction tient essentiellement dans son manque évident de scénario et de retournement de situations. Car on s’ennuie avant tout. On attend désespérément que quelque chose se passe et quand vient ce moment tant attendu, la surprise ne fait même pas effet tant cela manque de souffle. Heureusement, Tavernier sait cependant très bien poser sa caméra, filmer ses acteurs et les paysages de la Louisiane, mais sans jamais malheureusement innover dans ce domaine.
Ce qui gâche aussi le suspense de ce film, repose sur cette relation qui existe avec ces soldats confédérés et l’acteur principal. Parsemé de métaphores aussi masturbatoires que fatigantes, elle ne sert qu’à énerver le spectateur et l’éloigner de l’intrigue principale. Certains diront qu’il s’agit au contraire de l’ élément central du film et qu’en fin de compte, l’histoire policière n’a pas grand intérêt face à ce dialogue philosophique. Pour nous, il ne sert pas à grand chose et sert juste à perdre un peu plus le public.
Que Tavernier ait très bien adapté l’oeuvre dont est tiré le film est une chose, que cette histoire puisse exaspérer certaines personnes en est une autre. A tel point d’ailleurs qu’il va jusqu’à reprendre l’idée de Stanley Kubrick à la fin de Shining, laissant ainsi planer le doute et poser des questions inutiles. Non, honnêtement, on a connu mieux et beaucoup plus intéressant.
Dans la brume électrique est un bon titre, même si au final on y voit pas grand chose et que l’on en sort survolté. Car ce que l’on attend surtout, c’est que l’on nous impressionne comme Clint Easwood l’a fait dans Gran Turino, avec une histoire banale et magnifiquement exploitée.
Face aux difficultés qu’a rencontrées Bertrand Tavernier, on ne peut pas non plus entièrement le blâmer pour ce gâchis et l’on peut tout de même le féliciter pour son approche, sa mise en scène et son recours à une musique parfaite signée Marco Beltrami. Cependant, cela ne lui a pas permis de réussir son meilleur film, bien au contraire.
Dernier détail amusant : regardons la bande-annonce américaine, comparée à la bande-annonce française. Exactement comme pour l’histoire des deux films : la première ne s’intéresse qu’à la violence, tandis que la deuxième exploite davantage les tourments profonds que ressent notre héros. Rien que pour cela (et malgré ses aspects négatifs), on est tout de même heureux d’avoir une version française en salle.
US Trailer
BA Française




0