Opéra en plein air 2009: « Rigoletto » de Verdi
Pour la neuvième fois consécutive, l’association « Opéra en plein air » nous propose cette année Rigoletto de Verdi dans une mise en scène de l’acteur Francis Perrin. Une belle initiative que l’on ne peut que féliciter, malgré ses places onéreuses et une mise en scène décevante et manquant réellement d’imagination.
Rigoletto est l’un des opéras les plus connus de Guiseppe Verdi, et l’un des plus joués au monde. L’œuvre contient tous les thèmes d’un grand Opéra : l’amour, la vengeance, la mort, la conspiration, sans omettre la malédiction.
Rigoletto est le bouffon du Duc de Mantoue. Aimé par son maître et détesté par la cour, il n’aspire à vivre que pour sa fille Gilda, qu’il garde secrètement dans une vieille demeure abandonnée. Malheureusement pour lui, le duc s’éprend de la jeune femme et va tout faire pour qu’elle devienne sa future conquête. Durant une réception festive, une malédiction est lancée sur Rigoletto due à son irrespectueuse ironie et son esprit qui blesse puisqu’il n’amuse. Pour le bouffon, c’est le début d’un long chemin vers l’enfer…
L’opéra en plein air a ses avantages et ses inconvénients. Tout dépend en effet de la météo et de la qualité sonore. Chance pour nous, la représentation du samedi 13 Juin était sous le signe du beau temps. Il fut très agréable d’assister à une telle œuvre, avec le Sénat devant nous et la nuit faisant petit à petit son arrivée. Tout dépendait cependant de la place à laquelle on était assise. On pouvait en effet apercevoir beaucoup d’invités à l’orchestre tandis que le public était obligé de se réfugier dans les gradins. Car les places sont coûteuses cette année : compter 39 euros pour le dernier rang et 100 euros pour une bonne visibilité.
Voici ce que l’on peut lire dans la note d’intention de Francis Perrin : « La mise en scène ne peut en aucun cas se servir de cette œuvre magistrale, elle doit tout au contraire se mettre à son service. C’est-à-dire permettre au spectateur d’écouter, d’admirer et de se laisser envahir par les émotions que les chanteurs nous transmettront au travers de leurs personnages (…) ». On reste tout de même perplexe face à ses propos. Car même si la musique a toute sa puissance, il faut impérativement que la mise en scène apporte sa dose d’énergie et provoque des émotions encore plus intenses en s’appuyant sur la force des sentiments. Il n’en est rien ici. Les chanteurs restent statiques, l’espace scénique est dénué de toute inventivité et la lumière semble être présente juste pour faire joli. Même les costumes semblaient venir d’une très ancienne production.
Quant aux chanteurs ce soir-là, on ne pouvait féliciter qu’Olivera Topalovic qui a magnifiquement bien interprété son personnage de Gilda, avec tout ce qu’il contient d’amour et de tristesse. Rigoletto, interprété par Arnaud Guillou, était décevant par son manque de clarté et d’expression vocale, de même que le Duc de Mantoue, chanté par le Coréen Hyan-Jong Roh qui, à force d’en faire trop, tombe dans la caricature et manque cruellement de présence scénique. Enfin, la direction musicale de Mélanie Thiébaut semble faire défaut à la musique de Verdi en ne prenant pas assez son temps dans les moments tragiques et en insistant trop lourdement sur les instants rapides, particulièrement lorsque le chœur chante.
On ne remettra pas en question la création de l’Opéra en plein air qui a le mérite de faire découvrir de nouveaux talents et d’offrir au public des œuvres du grand répertoire. Il serait cependant plus judicieux de choisir de vrais metteurs en scène afin de vraiment nous impressionner et de provoquer en nous les fortes émotions qui découlent de la musique. Même s’il se veut ouvert au plus grand nombre, l’Opéra en plein air 2009 demeure un loisir cher pour un résultat qui n’en vaut pas son prix.
« Opéra en plein air »
Rigoletto de Verdi, Mise en scène de Francis Perrin
Du 10 Juin au 19 septembre 2009 dans 8 lieux de prestige à travers la France
Plus de renseignements :
http://www.akouna.com/rigoletto/




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