Un Jour / Une scène: « Les clips vidéos » de David Fincher

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Poster le : 16-02-2009 | Par : Edouard | Dans : Articles récents, Un jour / Une scène

Après les films publicitaires, David Fincher a commencé à réaliser plusieurs clips vidéos pour des artistes très renommés tels que Michael Jackson ou encore Madonna

Comme nous allons le voir ci-dessous, c’est ici que l’univers de notre réalisateur se manifeste le plus. On verra par exemple son goût pour les ruelles étroites et inquiétantes, souvent humides et où il vient de pleuvoir mais aussi son intérêt pour situer ses actions dans des villes comme New York ou San Francisco, mais le plus souvent tout de même sur la Côte Est des Etats-Unis.

Mais assez parlé et commençons maintenant avec son premier clip :

 

Reconnue mondialement, la chanson de Sting English man in New York est un vrai lancement pour David Fincher. Réaliser ce premier clip avec un tel musicien devait certainement être un grand challenge et un immense plaisir à faire. C’est ici d’ailleurs qu’il commence certainement à rendre hommage à sa ville qui est New York. Rien que la première scène est évidente. Avec ces quelques points sonores au début du clip, Fincher change la donne en remplaçant les fameux chiffres ronds 4,3,2,1 d’une bobine par des images de sa ville, faisant ainsi écho au générique de Panic Room. Commençant par une succession de plans bien cadrés de New York, le réalisateur a recours au noir et blanc certainement pour nous rappeler les images des années 50 et les fameux joueurs de saxophone. Il est aussi intéressant de voir le parallèle fait entre le chanteur et cette vieille dame, certainement elle aussi anglaise et aussi perdue que Sting, malaise bien accentué par ce passage où la batterie s’impose face aux autres instruments et où l’on voit à nouveau une succession de scènes de New York, mais cette fois totalement décousues et rapides.

 

 

Après un clip pour Madonna (désolé, je ne l’ai pas trouvé sur la toile), David Fincher rencontre Michael Jackson et réalise pour lui le clip de sa musique Who is it ? 

 

Et c’est par ce clip que l’on reconnaîtra le plus le fameux style Fincher. Mais comment pouvons-nous le reconnaître spécifiquement ? Il suffit de regarder deux chose différentes. En premier lieu la couleur et la lumière. Il utilise en effet deux couleurs distinctes que l’on reconnaît dans chacun de ses films : tout d’abord ce jaune assez chaud surplombant les buildings et cette couleur froide qui est le bleu, que l’on trouve toujours associé à des lumières blanches éblouissant l’écran ou passant à travers les personnages. 

Il y a énormément de relation entre ce clip et le reste des films de David Fincher. De par les couleurs, on vient de le voir, mais avec son hommage qu’il rend à chaque fois aux années 50. Tous les décors que l’on trouve généralement dans ses films nous ramènent à ces années d’après-guerre : que cela soit un large appartement, une porte bien carrée, un aspect particulier d’un immeuble, un bois marron que l’on retrouve souvent et enfin les lunettes Ray-Ban et les chapeaux des personnages.

Viennent ensuite d’autres passages : Micheal Jackson qui regarde la ville devant une baie vitrée (Fight Club au début et à la fin du film), l’homme qui jette les multiples cartes de visite qui s’envolent à cause du vent (Panic Room lorsque Forest Whitaker lâche les billets de banque) ou encore ces plans en contre-plongée où l’on ne voit que l’ombre noir des personnages et certains détails comme un imperméable marron clair par exemple (écho à celui de Brad Pitt dans Seven).

 

 

Vient maintenant un des films que je n’aime pas tellement et qui est celui fait pour les Rolling Stones sur leur musique Love is strong :

 

Ici encore, hommage à sa ville New York, ce qui vient nous confirmer qu’il est l’un des réalisateurs les plus talentueux pour filmer cette ville magique, en y réussissant par n’importe quel plan ! En revanche, j’aime beaucoup moins ce côté géant, cette suprématie des chanteurs finalement au-dessus de tout. On voit en tout cas ici un autre aspect de Fincher qui est son goût pour les effets spéciaux et ses plans originaux. Très critiqué au début de sa carrière pour justement son envie de casser les barrières académiques et d’avoir recours à une réalisation brillante et inventive, je trouve justement que c’est à cela que l’on reconnaît son talent et sa magie. La preuve de cela est que Zodiac a été réalisé de façon très classique, sans trop d’effets visuels, et qu’il a été encensé par la critique alors qu’il s’agit pour moi de son long-métrage le plus long et sans vraiment d’intérêt. 

 

 

Avec Judith du groupe A Perfect Circle, Fincher va très loin dans ses différents plans et a toujours recours à cette lumière jaune et chaude très cinématographique, avec une caméra centrée par moment sur un contre-jour, provoqué par une lumière lointaine (on pense beaucoup au clair-obscur) :

Ce clip se rapproche énormément de Fight Club. Cela en rapport avec ces morceaux de bobines que l’on voit à l’écran, cette caméra subissant comme des électro-chocs, ce lieu désaffecté comme celui de la maison de Tyler dans le long-métrage ou cette façon de filmer leur tête et leur buste. La musique est décousue, le film l’est aussi. Et on peut facilement le voir par cette pluralité des plans mais aussi l’importance qu’il porte aux instruments, plus qu’aux chanteurs en tout cas on en a l’impression.

 

Pour terminer, voici un de ses clips les plus récents, confirmant bien que David Fincher est un réalisateur avant-gardiste, grâce au recours du numérique et de ce qu’il en tire pour créer un certain esthétisme :

Beaucoup de références encore ici mais plus cette fois centrées sur les effets numériques. On pensera donc au générique de Fight Club, au long plan-séquence présentant la maison et la parcourant de haut en bas dans Panic Room ou encore dans Zodiac quand on voit apparaître à l’écran les feuilles du dossier d’investigation tout en voyant les enquêteurs à l’écran.

 

Nous venons donc de voir une petite sélection des clips réalisés par David Fincher, démontrant bien à quel point il peut-être brillant et surtout à quel point il peut être considéré aujourd’hui comme l’un des plus grands réalisateurs. Nous allons maintenant parler de chacun de ses films, en essayant de voir leurs points communs mais aussi leurs différences.



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