Un jour / Une scène: « Se7en » de David Fincher – 1996
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La gourmandise, l’avarice, la paresse, l’envie, la colère, l’orgueil, la luxure. Voici les 7 péchés capitaux, revus par David Fincher mais surtout par son scénariste que l’on ne félicitera jamais assez pour son histoire si captivante et si réfléchie : Andrew Kevin Walker.
Aujourd’hui donc, l’oeuvre phare de notre réalisateur, Se7en, qui lui a permis de se révéler au monde entier et qui nous a permis de découvrir son incroyable talent de metteur en scène.
Cette fois, je me souviens très bien d’être allé voir ce long-métrage dans le plus beau cinéma de Paris à l’époque qui a bercé toute mon enfance et qui malheureusement a fermé ses portes le 25 juin 2002 : le Gaumont Kinopanorama.
Le film est sorti le 31 janvier 1996. Pour parler de ce film, j’ai choisi la scène de votre péché favori : La Paresse :
Très facilement, on reconnaîtra le style Fincher dans cette séquence. Avec toujours présents : ce côté sombre, ces portes carrées, ces escaliers en bois et en colimaçon, la ville de New York un jour de pluie, ces personnages marginaux et taraudés, cette lumière et cette brume qui remplissent chaque pièce et ces immeubles des années 50 décomposés.
Rien que la première séquence est superbement orchestrée. On commence par une vision d’ensemble de l’immeuble, par son angle, pour voir arriver en trombe les voitures de polices typiquement New Yorkaises. Deuxième plan rapproché sur les phares des voitures et les étincelles d’eau qu’elles provoquent dues à la pluie. Une autre voiture de police arrive en trombe avant de freiner fortement et qui nous est montrée derrière des barreaux avec un léger travelling, comme si nous étions nous-mêmes prisonniers de la situation, rendant ainsi la scène encore plus oppressante.
Deux caméras baignent le film comme on peut souvent le voir dans les scènes d’actions et comme on l’a déjà vu dans Munich par exemple. Il s’agit d’un mélange en plan fixe, souvent général, et une caméra embarquée, comme celle où l’on voit les policiers sortir un par un du camion, afin d’accentuer le côté documentaire et ainsi nous faire participer à leur aventure.
Retour sur la caméra rapprochée où l’on voit sortir les deux détectives de la voiture, marchant d’un pas plus calme que le reste des personnages présents. Retour sur la caméra barreau-travelling pour insister sur l’immeuble qui est bien encerclé. Enfin, entrée des forces spéciales, encore une fois un par un et que l’on suit directement dans l’immeuble en train de grimper les étages, et que l’on voit de dos et en contre-plongée. Re-coupe dehors où Brad Pitt pénètre à son tour dedans. Re-coupe sur les forces spéciales, cette fois de face arrivant en haut de l’escalier. Et enfin re-coupe sur Morgan Freeman qui sera le dernier à rentrer à l’intérieur. Il faut y voir ici une parfaite symétrie, accentuant ainsi le binôme que forment nos amis détectives.
Les choses sérieuses commencent maintenant, une fois que nous sommes au coeur de l’action. Pour être moins long, on remarquera donc les éléments fétiches de Fincher et toujours si bien filmés comme ce travelling vertical nous faisant découvrir l’escalier en bois et en colimaçon qui semble sans fin et où baigne une lumière casi-mystique (on pense à Panic Room), ou encore l’état des couloirs délavés et sales comme il faut (on pense à Fight Club).
La partie immersion rapide dans l’antre de l’enfer est terminée, les forces spéciales arrivent maintenant à ce qui semble être le dernier étage. Ils se préparent (comme nous) à trouver ce qu’ils recherchent. On peux y voir un plan d’ensemble du couloir filmant leur arrivée, suivi directement d’un plan rapproché où leurs fusils sont plus ou moins braqués sur nous, et un retour au plan d’ensemble.
On remarquera à nouveau un élément central des décors, qui est l’aspect de la porte ainsi que des chiffres inscrits dessus, toujours écrits dans la même forme (regarder dans Benjamin Button par exemple !).
Les plans que l’on retiendra par la suite seront : cette entrée violente des forces spéciales brisant les portes à coups de pieds, la caméra embarquée que l’on retrouve cette fois derrière les détectives nous permettant de découvrir le lieu avec eux, et enfin et surtout, ce lent travelling arrière en légère contre-plongée où les policiers braquent carrément leurs fusils et leurs lumières sur nous. La chambre est ensuite bien filmée dans son ensemble grâce à son placement sur le côté droit, au fond et en plongée. Puis, retour sur le même travelling qu’avant, face au lit mais pour découvrir cette fois un mot inscrit au mur : La Paresse (belle symétrie encore ici).
Bref, un chef d’oeuvre du genre.





C’est le fincher qui m’a le plus marqué . Probablement parce que j’étais très jeune quand je l’ai vu en K7( alala ) et par sa fin absolument magistrale !
En effet, il sait choisir ses scénarios car l’histoire est géniale et permet au metteur en scène de faire monter le sadisme et le dégout a chaque péché capital . ca a du etre un vrai plaisir pour lui de s’amuser avec ce scénario . Comme tu dit, on y retrouve la noirceur de Fincher (auf benjamin différent ) et tout ce qui a fait qu’il est devenu l’un des plus grand outre -atlantique . Grand film , meiller que fight club selon moi. Fight club est plus un « phénomene » qu’un film