Un jour / Une scène: « The Game » de David Fincher – 1997

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Poster le : 25-02-2009 | Par : Edouard | Dans : Articles récents, Un jour / Une scène

Vous connaissez Nicholas Von Orton ? Si vous avez vu The Game, vous devez certainement en avoir déjà entendu parlé puisqu’il s’agit du personnage joué par Michael Douglas dans le film de David Fincher

On aura beau poser le pour et le contre, ce film reste excellent. Il faut dire qu’il a comme atout d’avoir un très très très bon scénario et, of course, un très bon réalisateur. Il vous faut simplement rentrer dans le jeu pour l’apprécier :)

J’ose même dire qu’il peut se ranger à côté de certains films d’Hitchock, tant le suspense est à son comble durant toute la durée du film et à sa façon de rendre hommage au réalisateur britannique (Sueurs Froides par exemple…).

Je suis récemment retombé dessus et je trouve qu’il n’a pas pris une ride depuis sa sortie en 1997.

En parlant de ça, avez-vous vu comme la plupart des films des années 90 restent toujours d’actualité alors que nous sommes en 2009 ?? Je veux dire, regardez un film des années 70 ou un autre des années 80… Dès les premières minutes vous pouvez déjà avoir une idée de la date à laquelle il a été tourné ! Tandis que ceux des années 90 restent dans leurs majeures parties contemporains ! Et cette observation est confirmée quand je regarde les films dont j’ai déjà parlé sur Cinedouard.com

 

Bon, après ce petit constat, retournons à The Game et regardons ensemble une scène de ce long-métrage que nous commenterons par la suite. Il s’agit du moment ou Nicholas trouve devant chez lui un pantin rempli de mystères et que sa télévision va commencer à lui parler !

Bonne projo !

 

Le plan commence par un très léger travelling sur un phare qui nous illumine, comme les lampes des fusils braqués sur nous dans Se7en. Puis, nous apercevons Michael Douglas qui se rapproche doucement de son pare-brise, l’air suspicieux comme s’il venait d’ apercevoir quelque chose. La caméra est alors en plan fixe et en plongée, lui est sur le côté droit, sur le côté gauche réside le reflet de branches d’arbres soufflées par le vent. Ecoutez à ce moment là la musique et ces quelques notes de piano que l’on retrouve tout au long du film, accentuant le suspense mais faisant aussi écho à son enfance comme on le voit par des flash-back d’images brèves de sa jeunesse. Ici, ils sont montrés très rapidement, toujours filmés en 16 mm en nous dévoilant ce qui semble être un mort (le père du protagoniste en fait…). Retour sur Douglas qui, par un léger mouvement de tête, se décide à aller voir ce qui se passe. On peut ici faire un parallèle avec L’étrange histoire de Benjamin Button lorsqu’apparaîssent les images du veille homme se faisant frapper par la foudre, avec toujours ce recours aux vieilles images et aux négatifs.

Plan suivant : il sort doucement de sa voiture et nous passons à ce que nous pensions peut-être être un plan fixe mais qui est en fait un travelling horizontal et vertical puisqu’il se termine en plongée. Grâce à ce procédé, nous découvrons un corps par terre, semblant être dans la même position que son père mort que nous avons vu précédemment dans le flash-back (écho quand tu nous tiens !).

On aura compris que Fincher aime les travelling et quelque part les mises en scènes classiques tout en apportant sa dose d’originalité. Regardons de plus près les plans suivants :

La caméra est maintenant proche de la voiture et suit doucement (mais sûrement !) le geste de Douglas qui s’ accroupit doucement pour voir de plus prêt de quoi il s’agit. Nous sommes maintenant face à lui avec une autre caméra en contre-plongée mais cependant décalé de ce qui semble être un homme mort. Et là justement, l’effet de surprise arrive : il s’agit d’un pantin ! Nouvelle contre-plongée sur Douglas mais cette fois comme si la caméra était placée à la place des yeux de la poupée ! Court regard de l’acteur : plan d’ensemble coupé entre la scène et la demeure du personnage, montrant ainsi sa solitude et accentuant sa situation.

Déjà intrigué par ce qu’il se passe, le spectateur est soudainement alerté par l’arrivée violente de l’acteur dans sa maison (le plan commence directement par ce bruit de porte cognant le mur), tout comme il peut ressentir une certaine peur face à ce plan dans le noir et filmé en plongée mais de manière symétrique avec la porte d’entrée. L’intrigue commence à se mettre en place. Pour le plan suivant, de nouveau, un geste violent attire l’attention lorsqu’il pose le pantin sur la chaise. Quelque chose sort de la bouche de la poupée : nouvel élément de l’enquête accentué par les quelques notes de piano ! Coupe sur Douglas,  quelque chose semble être bloqué et enfin : focal rapproché qui nous fait découvrir… une clef ! Et quelle clef puisqu’on y voit clairement écrit CRS, soit la société que le héros a rencontrée peu avant.

 

Il serait long de décrire la suite mais remarquez à nouveau la lumière, toujours la même : chaude, jaune-orangée. Remarquez les meubles, toujours bien carrés, en lien direct avec les années 50, remarquez les plans symétriques qui baignent certaines scènes. Enfin, faites bien attention au dernier plan qui, comme celui de la première séquence, montre le lieu de façon global et permet encore une fois de poser l’énigme et d’intensifier le suspense… 

 

Après ce film, David Fincher a réalisé l’un de ses meilleurs films, unique en son genre et d’une originalité hors norme, ainsi que d’une violence rare : Fight Club, qui sera notre prochain sujet pour Un jour / Une scène

 

 

 

 



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