“Gran Torino” de Clint Eastwood - 2009
Par Edouard • 19 fév, 2009 • Catégorie: Nouveaux Films •Nous venons d’assister à ce qui sera l’ultime apparition de Clint Eastwood dans l’un de ses films. Par cette triste annonce, Gran Torino jouera un rôle très important dans sa grande et magnifique filmographie. Comme on le sait déjà, il est l’un des derniers monuments du cinéma Hollywoodien et nous le rappelle à chaque sortie de ses films par sa superbe réalisation, à la fois très académique et ultra soignée.
Mais avant de vous donner mon point de vue, je souhaitais vous livrer une grande nouvelle. J’ai récemment rejoint le Club des 300 que Allociné vient de fonder et qui regroupe les blogueurs les plus dynamiques et les plus passionnés du web ! C’est d’ailleurs à ce titre que l’équipe m’a invité à cette avant-première située dans les magnifiques locaux de la Warner. Je tenais ainsi à les remercier sincèrement pour cette belle invitation ! De nouvelles projections seront par la suite proposées et, vous aussi, serez prochainement conviés par le biais de Cinedouard.com !
Mais revenons maintenant à notre sujet. Il faut que je vous dise que ce long-métrage m’a essentiellement ému car je savais, avant de rentrer dans la salle, que cela serait la dernière fois que je verrais cet immense acteur à l’écran et dans un de ses nouveaux films.
Car avec Gran Torino, Easwtood nous fait un adieu très poétique. Peut-être pas autant que dans Sur la route de Madison pour son romantisme, mais assez pour que l’on ressente de la tristesse et une certaine émotion lors du générique de fin.
L’histoire est très simple et il suffit de voir la bande-annonce pour s’en apercevoir :
Vous pensez peut-être avoir vu le film entier avec ces quelques images, mais vous serez surpris de tomber sur un film assez différent de ce que l’on a pu vous montrer.
Même si le scénario est basique dans l’ensemble, l’interprétation de Clint Eastwood et sa réalisation en font toute la différence et nous bousculent encore plus dans notre jugement. Car il faut dire que l’acteur porte le film sur ses épaules.
Sa voix, sa démarche, ses gestes, son regard, ses murmures et bien entendu ses dialogues nous enivrent de sentiments, passant de la méfiance à la sympathie et de la haine à la compassion (il est impératif d’aller le voir en VO).
Bourré de symboles et de messages sur l’Amérique d’aujourd’hui, le film baigne dans une atmosphère froide et austère où il ne fait pas bon vivre.
Se situant dans la banlieue pauvre de Détroit typiquement américaine, Walt Kowalski est un ancien ouvrier de chez Ford, profondément marqué par la guerre de Corée, où il a servi en tant que soldat et où il a vu la mort de près. Il n’aime personne et les gens ne l’apprécient pas non plus. On peut, bien entendu, y voir ici un écho à son fameux personnage du Détective Harry, rôle qu’il avait interprété à plusieurs reprises et très critiqué à l’époque pour son caractère et son comportement, proche du fascisme selon certain.
Comme dans ces deux premières scènes où l’on nous parle de décès et de naissance, le film nous indique dès le début qu’il sera question de la Vie et de la Mort.
Clint Easwtood sait qu’il a atteint un certain âge et qu’il n’est plus en mesure de faire ce qu’il pouvait accomplir avant. Cependant, il nous montre, par sa réalisation, que l’homme est toujours là et qu’il peut encore nous impressionner ; comme ce personnage de vieux bougre, qui prend sous son aile son jeune voisin qui semble perdu d’avance, vivant dans un monde nouveau, sans repères et prisonnier de sa situation.
Avec du recul, on peut se demander en fin de compte pourquoi souhaite-il s’identifier à un personnage si méchant et si détestable. Après tout, les critiques acclament ses œuvres et le public a toujours suivi avec passion son parcours cinématographique… Alors pourquoi terminer ainsi ?
Il faut en fait bien faire la distinction entre deux sujets différents.
Le premier, on vient de le voir, repose sur cette notion de fin de carrière, de la mort proche et de cette recherche de transmission. Qui va en effet filmer après lui les acteurs avec ce clair obscur si raffiné et cette musique si douce et si personnelle ?
Le deuxième sujet repose plus quant à lui sur cette nouvelle Amérique où de nouveaux peuples sont forcés de vivre ensemble, où la religion n’est plus ce qu’elle était et où la violence et l’impolitesse résident en chaque coin de rue. On le voit d’ailleurs à plusieurs reprises lorsqu’il se rend par exemple chez son médecin traitant qui vient d’être remplacé par une femme asiatique ou quand ce policier, à la fin, parle dans la même langue que le jeune garçon. Quelle est alors la place d’un vieil homme qui semble être le dernier des patriotes américains, où en tout cas, le dernier à brandir son drapeau sur sa terrasse et à entretenir sa maison ?
Une chose est sûre : ces changements vont provoquer chez lui une remise en question sans précédent, ce qui le poussera à analyser les raisons de son comportement et mieux comprendre ses remords. Avec ses courtes discussions entre lui et le jeune nouveau prêtre de la ville et celles avec ses nouveaux voisins, il va petit à petit passer de martyr à sauveur, se sacrifiant ainsi pour sauvegarder ceux qu’il aime, qu’il ne veut pas voir souffrir, quitte à nous renvoyer l’image de Jésus sur la croix.
On ne s’arrêtera donc pas sur l’histoire pas très originale (et parfois too much) mais plus sur les dialogues et ces quelques situations symboliques.
Enfin, on regrettera que les paroles de la musique de fin ne soient pas sous-titrées en français. Tout d’abord chantées par Clint Easwood lui-même (il les a écrites avec son fils), puis reprises par Jamie Cullum, elles nous délivrent une certaine morale, comme si l’acteur se manifestait pour la dernière fois, faisant écho à son œuvre par ce passage : Ton monde n’est rien d’autre que toutes les petites chose que tu as laissées derrière toi.
Je viens d’ailleurs d’en faire une traduction française et vous conseille vivement de la lire tout en réécoutant cette magnifique musique (voir ci-dessous).
Pour conclure, je tiens à te féliciter, Clint, pour nous avoir de nouveau emmenés avec toi dans un de tes univers, en nous racontant une histoire toujours aussi forte et dont on ne ressort pas indemne. Comme après avoir regardé tes précédents films comme Mystic River, Million Dollar Baby, Un monde parfait, Impitoyable ou Brezzy, on ne peut que te féliciter pour ton parcours sans faute et pour ces oeuvres qui rentreront très vite dans les très grands classiques du cinéma Hollywoodien. Un grand merci et un grand bravo !
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Toutes réalignées Les étoiles Au-dessus de ma tête Faisant des signes Voyagent loin
Je bois à la place Tout seul Oh, combien j’ai connu Les blessures des combats Et les lits usés
Doucement maintenant Une tendre brise Souffle Passe à travers Une Gran Torino Sifflotant une autre Vieille musique
Les engins soufflent Et des rêves meilleurs Naissent Le cœur fermé Dans une Gran Torino Elle mesure Un rythme perdu Toute la nuit
Ces rues Sont âgées Elles brillent Avec les choses Que j’ai connues Et se déchirent A travers Les arbres Ici scintillant
Ton monde N’est rien d’autre Que toutes Les petites choses Que tu as laissées Derrière toi
Si tendre Ton histoire est Rien de plus Que ce que tu vois Ou Ce que tu as fait Ou ce que tu deviendras Se tenant droit Tu en fais partie Dans ta peau Juste te demandant
Doucement maintenant Une tendre brise Souffle Passe à travers Ma Gran Torino Sifflotant une autre Vieille musique
Les engins soufflent Et des rêves meilleurs Naissent le cœur fermé Dans une Gran Torino Elle mesure Un rythme perdu Toute la nuit
Que je sois Si rond et casanier J’ai besoin de quelqu’un Pour soutenir Ces frissons Ma peau Ici scintillant
Ton monde N’est rien d’autre Que toutes Les petites choses Que tu as laissées Derrière toi
(…)
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Realign all The stars Above my head Warning signs Travel far
I drink instead On my own Oh,how I’ve known The battle scars And worn out beds
Gentle now A tender breeze Blows Whispers through A Gran Torino Whistling another Tired song
Engines humm And bitter dreams Grow Heart locked In a Gran Torino It beats A lonely rhythm All night long
These streets Are old They shine With the things I’ve known And breaks Through The trees Their sparkling
Your world Is nothing more Than all The tiny things You’ve left Behind
So tenderly Your story is Nothing more Than what you see Or What you’ve done Or will become Standing strong Do you belong In your skin Just wondering
Gentle now The tender breeze Blows Whispers through My Gran Torino Whistling another Tired song
Engine humms And bitter dreams Grow heart locked In a Gran Torino It beats A lonely rhythm All night long
May I be So bold and stay I need someone To hold That shudders My skin Their sparkling
Your world Is nothing more Than all The tiny things You’ve left Behind
(…)
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Le racisme en general est a la base de ce film,ressenti par cet homme qui se voit encore tuer lors de la guerre de Corée dont il ne s’est jamais remis.
Il se mure alors dans une carapace où il a enfoui tous ses sentiments.
Je vais etre honnete, je ne serais pas allee voir ce film s’il n’etait pas de Clint, car la bande annonce n’etait pas bien accrocheuse… malgre un premier quart d’heure difficile (je trouve l’avalanche d’insultes facho plutot exageree) j’ai vraiment ete seduite! Le scenario est bien plus intelligent qu’il n’y parait.
Je ne savais pas que Clint lui-meme avait ecrit le generique de fin, je suis d’accord avec toi Edouard, la chanson est juste magnifique!!!
juste des petits conseils pour la traduction-juste superbe- engines= moteurs, bitter= amer, bold=hardi
merci toutefois pour le reste