« Katyn » de Andrzej Wajda – 2009
Article publié sur: www.artistikrezo.com
On avait pas revu Andrzej Wajda au cinéma depuis 2002. Grand réalisateur polonais , il nous revient avec un beau film de guerre historique et personnel, mais assez confus, évoquant un tabou qu’a souhaité cacher la Pologne pendant ses années les plus terribles et qui a refait surface dans les années 1990. Un beau film de mémoire rendant hommages aux 20 000 Polonais, injustement assassinés par le régime soviétique en 1940 dans la forêt de KATYN.
Le générique du film annonce le ton et la couleur. Par sa musique funèbre et ses nuages gris balayant le ciel, Andrzej Wajda n’attend pas et souhaite directement rendre hommages aux soldats de l’armée polonaise tués froidement par l’armée soviétique aux prémices de la seconde guerre mondiale. L’histoire commence le 17 septembre 2009, sur un pont, non loin de Cracovie. Deux groupes de Polonais se font face : l’un fuyant les Nazis, l’autre les Soviétiques, venant chacun dans le même but d’envahir la Pologne. Un groupe de soldats polonais est arrêté, attendant d’être transféré. C’est ici que nous faisons la connaissance des personnages principaux et de leurs familles : un général en chef, un lieutenant et un jeune pilote de l’air. Tous les trois vont connaître le même destin.
Souhaitant tout d’abord rendre hommages à ces victimes, l’autre objectif du réalisateur est de mettre un terme à un tabou qui hante son pays depuis la fin de la seconde guerre mondiale. En 1943, une fois La Pologne aux mains de l’Allemagne, les Nazis vont tout faire pour accuser les Russes de ce terrible massacre, profitant ainsi de la population pour assouvir leur propagande. Lorsque la guerre se termine en 1945, le régime soviétique s’installe alors en Pologne et les Russes vont utiliser à leur tour le même procédé pour accuser leurs anciens ennemis. Qui faut-il croire et que s’est-il vraiment passer dans cette forêt, devenue aujourd’hui un des plus grands lieux de mémoire de ce pays ?
Andrezj Wajda avait depuis longtemps en tête de réaliser un tel film. Non seulement il met à jour un fait méconnu de la seconde guerre mondiale, mais il en profite pour en donner une vision personnelle, puisque son père faisait lui aussi partie de ces soldats assassinés. En suivant le destin de ces familles moralement torturées par l’incertitude sur la mort de leurs proches, leur haine face à ce nouveau régime communiste et à ce mensonge d’état, Wajda réussit à créer un suspense prenant et pesant à la fois, faisant ainsi planer le doute chez le spectateur. On pourra cependant lui trouver un manque réel de rebondissements, de précisions historiques et temporelles, mais au final, il reste que nous ne pouvons qu’être émus par cette fin douloureuse et monstrueuse résumant pour la énième fois l’horreur absolue de la guerre.
Voici un film de mémoire à ne pas oublier et à ne pas rater, venant d’un réalisateur devenu trop rare et dont les oeuvres précédentes devraient vivement êtres remontrées au Cinéma.
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