« Une famille brésilienne » de Walter Salles et Daniela Thomas – 2009
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Le journal La Croix (dont je ne suis pas lecteur) nous a proposé ce soir une grande soirée en partenariat avec le cinéma Le Balzac (dont je suis membre). Il s’agissait de voir en avant-première le dernier film de Walter Salles, Une Famille Brésilienne, suivi d’un débat avec le réalisateur lui-même !
J’aurai donc croisé le chemin de ce grand metteur en scène deux fois pour l’instant. La première rencontre se fit à Paris, rue champollion, en sortant d’un des cinémas de la rue. En reprenant mes esprits du film que je venais de voir, je tombe soudainement en face de lui et en profite pour le féliciter pour sa carrière… et lui demander qu’est-ce qu’il lui a pris de faire un film comme Dark Water aux Etats-Unis. Et il m’a très intelligemment dit qu’il fallait bien essayer cette expérience un jour ou l’autre… et gagner sa vie ! Résultat : je n’ai pas vu le film et je ne sais pas s’il était bien ou pas. Reste qu’il ne s’agira pas de ce long-métrage lorsqu’on évoquera ses oeuvres mais plus des masterpieces comme Central do Brazil en tête de liste, Carnet de Voyage ou encore Avril Brisée.
Et justement… parmi toutes ses réalisations, quelle place vient prendre son dernier opus dans sa filmographie déjà impressionnante ? On peut affirmer qu’il s’agit d’un film en continuité avec ses thèmes fétiches liés à la vie difficile des habitants de ce magnifique pays qui est le Brésil. L’action se situe ici à Sao Paulo, dans la périphérie de la ville, où nous suivons le destin d’une mère et de ses quatre enfants, chacun à la recherche d’une figure paternelle, d’une reconnaissance d’existence et d’une affirmation de soi. L’un est un coursier volage, le suivant un évangéliste fasciné par Dieu et Jésus, un autre en passe de devenir un joueur de football professionnel et enfin le plus jeune qui passe son temps à fuir sa maison afin d’essayer d’être au plus proche de son père, conducteur de bus.
La caméra de Walter Salles est proche du documentaire, une autre de ses grandes spécialités. Quelque peu semblable à ses autres oeuvres, le film met assez longtemps à démarrer et l’on peut trouver une certaine longueur avec ce suivi de personnages dont on attend d’un moment à l’autre, un élément qui va tout faire basculer. Beaucoup de signes nous le prédisent d’ailleurs tout au long du film, permettant ainsi de créer une certaine angoisse ou tout du moins une inquiétude pour ces jeunes garçons sans repères, marginaux et enclins à une grande solitude. Tout cela est d’ailleurs très bien accentué par une musique douce et assez hypnotique qui vient bousculer les bruits courants de la vie quotidienne (procédé, certes, relativement connu mais bien mis en avant ici).
Il faut aussi rappeler que l’actrice principale du film (Sandra Corvelloni) a gagné le prix d’interprétation féminine lors du dernier festival de Cannes. Que l’on partage cet avis ou pas, on ne peut qu’apprécier son jeu de mère prête à tout pour ses enfants, devant être, comme elle le dit très bien, à la fois la mère et le père au foyer.
On se laissera donc emporté petit à petit par ce film optimiste (« en avant…. en avant… en avant… ») malgré la situation dans laquelle nous emmène Walter Salles et Daniela Thomas, à savoir celle d’habitants pauvres de la périphérie d’une grande métropole brésilienne, prêts à tout pour pouvoir continuer à vivre et à espérer.
Ce qui a été pour le coup extrêmement fascinant et intéressant fut son intervention après le film, dont on peut retrouver certains de ses propos dans la vidéo ci-dessous réalisée durant le dernier festival de Cannes :
Parsemé de citations plus intéressantes les unes que les autres, on a pu hier soir sentir à quel point ce réalisateur est un homme généreux, intelligent, réfléchi et avant tout passionné et fou du Septième Art.
En cadeau, il nous a d’ailleurs offert le deuxième court-métrage qu’il avait réalisé pour les 60 ans du festival de Cannes, mais qui n’a pas été sélectionné à sa demande et qui n’a été montré que lors d’une seule projection. Il y décrit son amour du Cinéma par le biais de son jeune garçon de quelques mois qu’il vient d’avoir, en se demandant de quelles images de sa jeunesse il se souviendra plus tard et si la passion l’envahira aussi. Ces quelques minutes ont pour moi été totalement magiques et je crois que je peux le classer comme l’un des plus beaux hommages et l’un des meilleurs courts-métrages que je n’ai jamais vus. Bravo Mr Salles et à très bientôt !




c’est tres bien ecrit et decrit mais il faudrait aussi parler de la condition de vie et l ‘etat de ce pays avec cette pauvreté sans nom. En tout cas, bravo pour la critique et pour ton blog! j’y reviendrai souvent!
Super… J’aime beaucoup ces films. Recemment j’ai vu Terre Lointaine réalisé 1 an avant Central do Brasil. Le scenario n’est pas super mais le noir et blanc et magique et on retrouve encore ses themes de predilection…
Tu es un sacré veinard…
A bientot et continue ton blog…