Suite(s) Impériale(s) – Bret Easton Ellis – Retour au source

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Poster le : 31-07-2010 | Par : Edouard | Dans : Non classé

Bret Easton Ellis est-il en perte d’inspiration au point de devoir reprendre les personnages de son tout premier roman écrit à l’âge de 20 ans, Moins que zéro ? C’est l’impression qui ressort après la lecture de son dernier livre Suite(s) Impériale(s) dont l’action se situe dans le Los Angeles d’aujourd’hui, où l’on peut toujours disparaître sans même s’en apercevoir.

On prend les même et on recommence. Les personnages de Clay, Trent, Julian, Rip, Blair ont-ils évolué depuis les années 80 ? La réponse est non, tout comme le style de Bret Easton Ellis. Fidèle à ses longues descriptions subjectives et ses dialogues secs et tranchants, le style de l’auteur d’American Psycho n’a pas changé et reste le même. Pour son nouveau roman, Ellis a choisi de faire revenir dans la cité des anges Clay, l’un de ses tous premiers personnages, qui n’a rien perdu de sa misanthropie et de son égoïsme. Moins que zéro, bombe littéraire qui n’a pas prie une ride, fut lors de sa sortie un livre culte pour nombre de lecteurs qui se retrouvaient dans la description de ces personnages marginaux et sans repères. En somme, le roman d’une époque. Nouveau siècle, nouvelle génération, Suite(s) Impériale(s) est loin d’avoir le même effet.

Un manque de contemporanéité

Vingt-cinq ans sont donc passés depuis le passage éclaire du jeune Clay à Los Angeles qui était alors en plein désarroi face à ses amis qu’il supportait déjà à peine.  Le passé est maintenant loin et Clay s’est retranché dans la ville de New York où il travaille en tant que scénariste. C’est justement le monde du septième art que s’amuse à décrire Bret Easton Ellis après avoir analysé la bourgeoisie californienne dans Moins que zéro. Même si l’on éprouve du plaisir à retrouver tous ces personnages et les voir déambuler dans un Los Angeles contemporain, on reste sur notre faim quant à l’action même du roman. Le problème majeur est que Suite(s) Impériale(s) n’arrive pas à être aussi passionnant que les anciennes œuvres d’Ellis, ce qui est dû à une trame ennuyante et décevante. Alors qu’il revient à Los Angeles pour les besoins d’un nouveau film en préparation, Clay va faire la rencontre d’une jeune actrice, Rain Turner, dont il va rapidement s’éprendre malgré les mystères qu’elle semble cacher derrière sa beauté fatale. Voilà pour l’intrigue. Seul problème, la sauce ne prend pas. Les retournements de situations et la quête absolu que mène Clay a connaître la vérité sur cette fille ne suffisent pas à intéresser le lecteur. Celui-ci est au contraire autant perdu que son personnage et s’ennui à découvrir une vérité qui se terminera par un passage sanglant et facile, toujours exprimé avec ces mots crus et sans sentiments propres à l’auteur américain.

Sans perdre de son style et plus encré dans la réalité commune, Bret Easton Ellis rate son nouveau roman. Les seconds volets sont rarement bons et Suite(s) Impériale(s) en est une nouvelle preuve. Bien que l’on éprouve toujours du plaisir à retrouver le style d’Ellis, on espère toutefois qu’il nous reviendra avec plus d’originalité la prochaine fois. Tout comme il avait su le montrer en 1998 avec Glamorama. Mais cela commence déjà à dater…

Bande-Annonce de l’adaptation de Moins que zéro au cinéma



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Comments (2)

Je n’ai pas lu le nouveau BEE donc pour la critique, je ne peut pas dire grand chose.
Par contre, considérer Glamorama comme le point culminant de sa carrière, bof. Le style y est ampoulé et l’intrigue est trop « capilotractée » pour fonctionner sur la durée… Mais bon, les goûts et les couleurs comme on dit.
Pour finir, une petite citation « le style de l’auteur d’American Psycho n’a pas changé et reste le même », là franchement il ne faut pas avoir peur. Je t’assure que si tu avais (re)lu Moins que zero et Glamarama, tu aurais remarqué que BEE n’a pas de « style » préétabli (des thèmes récurrents certes, quelques gimmicks bien sûr). Entre la sècheresse dans Moins que zero et les phrases sans fins et dopées de Glamorama, on ne peut pas parler d’un style propre.

Mais quel déchet ce dernier bouquin!!!…20 euros pour se voir mener ds une intrigue insipide et ennuyeuse jusqu’au bout de nulle part. On retrouve le style d’easton ellis certes, la facon que ses protagonnistes ont de faire souffrir ou de se complaire ds une violence totalement gore mais c’est tout. c’est vide, creux, on sent que l’auteur a besoin de payer ses impôts. On en arrive finalement à penser que easton ellis n’a eu qu’un bref coup d’éclat, surement dû à la chance.
A ne pas acheter, à part si vous avez besoin de caler un meuble et encore cela fait cher pour une « cale sèche ».

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