« L’amant jaloux » de Grétry à l’Opéra-Comique : une merveille pour les sens

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Poster le : 18-03-2010 | Par : Edouard | Dans : Articles récents, Opéra

Décidemment l’Opéra-Comique fait fort. Après une Fairy Queen majestueuse de Purcell, voici que Jérôme Deschamps nous propose la reprise de L’amant Jaloux de Grétry déjà présenté à l’Opéra Royal de Versailles dans une mise en scène fraîche, joyeuse et enivrante d’amour, accompagné d’une belle distribution.


Marie-Antoinette ne s’était pas trompée en portant dans son coeur cette comédie mêlée d’ariettes en trois actes. Grande fierté du compositeur français André-Ernest-Modeste Grétry, L’amant jaloux paraissait déjà à sa création « le chef d’œuvre de l’Opéra-Comique ». On ne peut que donner raison à l’histoire.

Dans une interview qui paraîtra ici prochainement, Jérôme Deschamps, directeur de l’Opéra-Comique, nous expliquait son désir de programmer des ouvrages oubliés de l’âge d’or de l’Opéra français : « Nous désirons que l’Opéra devienne plus accessible au public en devenant davantage populaire sans qu’il n’y ait une connotation péjorative puisque nous privilégions la qualité. Nous devons supprimer cette intimidation que ressent le public quand il passe devant l’établissement ou quand il entend parler d’opéra. »

C’est un pari plus que réussi avec ce court opéra créé à Versailles en 1778.

Le classicisme au service de la mise en scène

Saluons tout d’abord le travail du metteur en scène Pierre-Emmanuel Rousseau qui s’est merveilleusement approprié tous les éléments caractéristiques du siècle des lumières. Bougies, guéridons, costumes, décors… tous nous feraient penser à un tableau de Fragonard ou de Boucher. Malgré la taille étroite de la scène, le metteur en scène réussit à s’accaparer intelligemment de tout l’espace pour faire évoluer ses personnages et surprendre le public. On se souviendra ainsi de cette ouverture présentant d’ordre décroissant les différents décors ou encore cette apparition de Florival lors de sa sérénade, posant telle une statue au bord d’une fenêtre et sous un soleil couchant aux couleurs magiques : quel romantisme ! Cela nous change enfin des mises en scène contemporaine ratée de cette saison (petite pensée à Norma de Bellini au théâtre du Châtelet…).



« C’est l’amour qui m’appelle : L’amour a tant d’attraits »

Il est saisissant de voir à quel point L’amant jaloux fait écho aux œuvres de Mozart et particulièrement à sa trilogie élaborée avec Lorenzo Da Ponte. Comment ne pas penser à Don Giovanni lors de la sublime sérénade « Tandis que tout sommeille dans la nuit », aux Noces de Figaro face aux différentes situations ou encore à Cosi Fan Tutte avec ces déclarations d’amours et différents trios ?

La jalousie et l’amour ont toujours été de paires comme nous le rappelle si délicieusement le livret écrit par Thomas d’Hèle. Jérémie Rhorer, avec son Cercle de l’Harmonie, l’a parfaitement saisi et nous a offert une direction maîtrisée, même si on peut juste lui reprocher de trop pousser sur certaines notes par moments. La distribution de chanteurs semble prendre autant de plaisir que nous à jouer sur scène. On a ainsi particulièrement apprécié la voix de Frédéric Antoun dans le rôle de Florival qui a reçu des applaudissements mérités, tandis que l’on reprochera à Maryline Fallot de ne pas assez insister sur les aigus. Mais qu’importe, tous ont réussi à nous enchanter au final.


C’est donc une grande chance que d’avoir pu redécouvrir cet opéra perdu et retrouvant sa digne place. L’amant jaloux semble s’inspirer de la musique baroque tout en annonçant les opéras d’Offenbach et le théâtre de Feydeau. Un seul mot : bravo !



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Comments (2)

Mais est-ce bien l’Opéra Comique qui est à l’origine de cette représentation de l’Amant jaloux de Grétry? J’ai assisté à la représentation fin 2009 à l’Opéra du château de Versailles. N’est-ce pas plutôt un partenariat avec le centre de musique baroque ?

Absolument. Comme je l’indique dans l’introduction, il s’agit bien d’une reprise. Mais notons qu’il s’agit aussi d’une collaboration entre Le Centre de musique baroque de Versailles (CMBV) et l’Opéra-Comique qui avait déjà travaillé à la recréation en janvier 2008 de la première tragédie en musique de Jean-Baptiste Lully.

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