Exposition « Sociétés Secrètes » – CAPC de Bordeaux

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Poster le : 18-11-2011 | Par : Edouard | Dans : Articles récents, Interviews et dossiers

Vous qui avez toujours tout voulu savoir sur les organisations obscures et autres confréries (et pour ceux qui y appartiennent), rendez-vous au Musée d’art contemporain de Bordeaux pour l’exposition « Sociétés secrètes » qui s’y tient jusqu’au 26 février 2011. Visite guidée.

De 1993 à 2002, une série télévisée américaine a révolutionné le monde de la télévision par son concept mystérieux. X-Files flirtait alors avec le genre de la science-fiction et des sociétés secrètes. En 2011, son slogan « La vérité est ailleurs », devenu emblématique, reste toujours autant d’actualité.  Il se peut pourtant que vous puissiez la trouver au musée d’art contemporain de Bordeaux où se tient l’exposition Sociétés Secrètes conçue par les commissaires Cristina Ricupero et Alexis Vaillant.

Signes et symboles

Il faut en préambule dire que cette manifestation tombe à point nommée. À l’heure où nous écrivons ces lignes, la crise avance à grands pas et nos politiques font tout pour en faire reculer l’échéance. Qu’on le veuille ou non, et sans se voiler la face, elle se présente bel et bien devant nous, les bras grands ouverts. L’arrivée d’un tel événement n’est jamais bon pour les sociétés secrètes où les masques tombent un à un, faisant désordre sur son passage. Dernier exemple en date, la société Goldman Sachs qui, après avoir placé ses pionts à travers le monde sur l’échiquier politique et financier, se voit perdre de sa puissance. Ces organisations, du type des omniprésentes Franc-Maçonnerie et Scientologie, gravitent tout autour de nous sans même que nous nous en apercevions. Les signes et symboles représentatifs de ces sociétés nous frôlent pourtant quotidiennement. Après avoir parcouru cette exposition présentée sur deux étages, nous parions que vous ne regarderez plus certains objets de la même façon. Triangle, damier, échiquier, colonne, bougie, lune, marteau, compas, équerre, bougie : voici autant de repères pouvant porter à confusion et rendre les plus illuminés d’entre nous paranoïaques.

Initiation, maîtres occultes, conspiration

À ce titre, l’Art joue un rôle bien particulier. Le risque de présenter en effet une exposition artistique sur un tel thème n’est pas sans conséquence.  Les commissaires ont pourtant réussi à la mener à bien et sans heurts, preuve d’une nouvelle ouverture d’esprit et d’un désir de révéler ces secrets si longtemps cachés. Le slogan de l’exposition résume d’ailleurs cette approche par ces mots : savoir, oser, vouloir, garder le silence. Plus concrètement, qu’est-on amené à découvrir en parcourant les étages de l’entrepôt Lainé situé à Bordeaux, ville si justement emblématique des sociétés secrètes ? Tout commence par le rez-de-chaussée où une grande porte noire pyramidale s’ouvre à vous. Une fois pénétré, le rite initiatique (et artistique) peut commencer. Divisée en cinq sections différentes (initiation, maîtres occultes, conspiration, savoirs occultes, états altérés de la conscience), cette visite débute comme un lancer de dé après avoir parcouru les premières pages d’un ouvrage tel que le livre dont vous êtes le héros. Le public n’est pas seulement invité à regarder une œuvre, mais à en déchiffrer son sens et le secret qu’elle cache en elle. Le tableau de Edward Kay, Family Secret (2011), pourrait ainsi en être le meilleur exemple.

En parlant de rite clandestin et au détour d’une salle au rez-de-chaussée, vous aurez la surprise de tomber sur le film Body Double 22 (2010) de Brice Dellsperger, une parodie transsexuelle du film Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick. Cette œuvre pouvant paraître abrupte, rappelle à quel point le cinéma est friand de ce thème comme le rappellent les films Complot de Richard Donner ou encore Les trois jours du Condor de Sydney Pollack. A noter aussi au même étages les œuvres de Goshka Macuga (The somnanbulist, 2006) et Eva Grubinger (The trial of Henry Kissinger, 2009).

Savoirs occultes, états altérés de la conscience

Après une partie sous les arches sombres et voûtées du musée, la suite de l’exposition prend une autre tournure dans un espace davantage éclairé et blanchâtre. À cet étage, d’autres films captiveront notre attention. Parmi eux, il y a celui de Kenneth Anger datant de 1969 intitulé Invocation of my demon Brother avec un Micke Jagger aussi hallucinant que dans le film Performance (1970) de Nicolas Roeg et Donald Cammell. Mais les œuvres les plus emblématiques de l’exposition (outre le nombre impressionnant de triangles que l’on rencontre) sont celles de Suzanne Treister. L’artiste anglaise a dessiné plusieurs tableaux à même de résumer au mieux l’histoire de ces sociétés secrètes et de leurs relations mutuelles. Qui plus est, elles sont complétées par un audioguide narrant une histoire de ces cercles exclusifs écrite par Gary Lachman, ancien batteur du groupe Blondy et grand adepte des traditions ésotériques occidentales.

Une fois arrivé au bout de cette imposante initiation, vous serez surpris par une œuvre des plus intrigantes : Dong (2006) de Julian Göthe. Dans un obscur et ténébreux espace s’échappe autour d’un miroir noir une lumière blanche quasi aveuglante. Cette œuvre pourrait résumer à elle-même l’objectif de cette exposition : découvrir le visible dans l’invisible. Si Sociétés secrètes nous délivre vaillamment quelques passe-partout pour mieux identifier ces organismes clandestins, on regrette simplement qu’elle ne délivre pas plus d’informations sur les œuvres présentes. Mais peut-être qu’il s’agirait alors d’élucider trop facilement des mystères qui vaillent mieux être gardés. Après tout, toute vérité n’est pas bonne à dire n’est-ce pas ?

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Si vous êtes de Bordeaux ou de passage dans la ville, nous vous conseillons de visiter deux autres sites artistiques. Le premier est l’Institut Culturel Bernard Magrez. A l’image d’un François Pinault, ce nouveau mécène spécialisé dans la viticulture vient d’ouvrir sa première exposition d’Art contemporain intitulé L’Etoffe du temps. Comme son nom l’indique, il s’agit d’une traversée temporelle dans l’art où vous aurez la chance de découvrir des œuvres de Picasso, Klein, Kentridge ou encore Giacometti et une vidéo de Mircea Cantor.

De son côté, le FRAC Aquitaine propose l’exposition Au loin, une île, une douce escale vers l’Angleterre. Consacrée à la scène artistique britannique actuelle, cette manifestation permettra de découvrir des œuvres à la fois moderne et contemporaine à l’image du Sea, Painting, Dunwish, Summer (2011) de Jessica Warboys créée pour l’événement. The Short and the Long of It 6.0 (2010-2011) de Uriel Orlow est quant à lui un dispositif fragmentaire ayant pour sujet l’immobilisation en 1967 de 14 cargos de nationalités différentes dans le canal de Suez.

E.B.



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Comments (1)

J’ai été TOTALEMENT déçu par cette exposition. Peu de choses exposées, la manière dont les films vidéos qui sont présentés sur ce site – un peu plus haut – attisait la curiosité. C’est une publicité non pas mensongère, mais bien en-deçà d’une exposition dont on pouvait attendre bien des choses sur le même thème. En 1 h, on a fait le tour (parcours mal fléché). J’ai vu des groupes d’élèves entre 8 et 14 ans, médusés devant un film sur un simulacre de messe noire, ne rient comprendre à ce jeu où des mots « crus » étaient utilisés. A un autre étage, le même groupe s’est vu expliquer par un gardien de salle, qu’il ne fallait pas se prendre au piège de l’image, chacun devant avoir son libre arbitre pour l’interpréter (on voyait un asiatique nu, les yeux bandés, poussant des cris d’orfraie, tourner sur lui-même, debout sur une table, autour de laquelle, on voyait toute sorte de réactions « d’initié(e)s ». L’initiation est comme la langue d’Esope, c’est la pire (quand elle est utilisée à des fins de pouvoir ou de nuisance) comme la meilleure des choses (quand elle permet à l’Homme de sortir de son contexte purement individuel et matérialiste) Remettre en cause l’initiation ou en faire un support du diable, met en péril toutes les initiations pratiquées dans des peuplades dont notre seul tort, est de les traiter de « primitives » alors qu’elle nous donne bien là, une leçon de vie dans notre microcosme, comparé au macrocosme de l’univers et c’est un des thèmes que j’attendais : opposer les initiations véritables aux simulacres de fêtes pour débiles mentaux. Quelques objets hétéroclites, pour lesquels (sur certains) je n’ai pas pu obtenir une explication du gardien de la dite salle. Un peu de ci, un peu de là,sans savoir à quelle(s) société(s) secrète(s), elles appartiennent, à quels moments et à quels usages durant les cérémonies (qu’elles soient d’initiation ou non). Bref … une balade sur un thème d’art contemporain avec tout ce que ça trimbale parfois, faite pour pseudo-intellectuel qui aiment tout ce qu’ils font semblant de comprendre. En fait, les mots ont été pris pour des idées et là, est le problème. Ma note : 3/20

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