La Frontière de l’aube, de Philippe Garrel – 2008

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Poster le : 21-10-2008 | Par : Edouard | dans : Articles récents, Nouveaux Films

On pourrait dire de ce film que c’est un conte moderne fantastique. On a pu lire dans la presse entre autre que ce film a surtout été sifflé par la plupart des critiques de cinéma. Même si un film peut nous exaspérer et être quelque peu caricatural je pense qu’il est trop facile d’émettre une opinion aussi négative. Soit il s’agira d’un sentiment de haine envers un cinéaste soit qu’ils n’ont quelque part pas compris le propos. On sait que ce film est basé sur des histoires vraies touchant aussi bien les acteurs que le réalisateur, et pour moi ce n’est toujours pas une raison d’avoir une telle réaction pour des personnes s’étant données du mal à réaliser un film.

Mon regard sur ce film est donc mitigé. D’un côté je l’ai bien aimé pour l’interprétation de Louis Garrel qui est toujours parfaite même si il a tendance à jouer tout le temps le même personnage (de ce côté-là on peut se dire que chacun de ses films est une prolongation des sentiments d’un même être humain). Quant à Laura Smet, autant dire que son jeu est assez pitoyable. Je sais qu’elle est passée à travers des moments difficiles et tendus mais je ne suis pas arrivé à croire en sa prestation. Son intonation et sa voix ne marche pas, elle est certes belle à l’écran et dans la vraie vie, je n’y ai pas beaucoup cru.

Quant à la réalisation de Philippe Garrel, il a eu recours au même noir et blanc que dans son précédent film : « les amants réguliers » et j’ai trouvé qu’il était plus justifié dans ce dernier film : étant en deux parties, il est souvent question de mort, de religion et bien entendu d’amour. En parlant de religion, je n’ai pas très bien compris la scène où Louis Garrel est dans un bar en train de parler à un homme qui se considère antisémite et où Louis Garrel se justifie à deux fois pour affirmer sa religion. De ce côté-là, le film est assez confus.

Et puis il faut dire une chose, j’en ai marre des films avec des dialogues pourris. Non vraiment les phrases qui ne veulent rien dire il faut arrêter. Et pourquoi dans ce cinéma français est-on obligé à chaque fois d’ avoir recours à des acteurs dégueulasses, sales, avec une barbe de huit jours même pas taillées, vivant bien sûr sous les toits de Paris, et naturellement ayant une logique communiste décidée à ne pas croire à ce fameux « bonheur bourgeois ».

Long, le film l’est ; ennuyant, il l’est aussi ; intrigant aussi, car on peut se poser beaucoup de questions (pourquoi choisir ces thèmes ? Quels messages réellement faire passer…). En tout cas, ce film est resté dans ma pensée depuis que je l’ai visionné et contrairement à ce que l’on a pu dire, il n’est pas à être détesté à ce point.

Questions aux lecteurs :

Aimez-vous le cinéma de Philippe Garrel ? Aimez-vous Louis Garrel ? Qu’avez-vous pensé de la prestation de Laura Smet ? Quels sentiments ce film vous a-t-il provoqué ?

Adam’s Apple (Adams æbler), de Anders Thomas Jensen – 2004

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Poster le : 17-10-2008 | Par : Edouard | dans : Articles récents

 

Voilà un film original. Tellement noir, glauque et absurde qu’il en devient attachant et surtout jouissant ! Vraiment typique de l’humour Danois, ce film que je qualifie vraiment de magique (!) aborde tous les genres possibles : du drame au thriller en passant par le fantastique  en touchant bien sûr à la comédie et pour terminer au film à l’eau de rose, voire même kitsch. Se basant sur un scénario très fort et bien écrit, le film évoque les pires insanités du monde (du viol au cancer, de la paraplégie au suicide…) dont on arrive à prendre du recul si on entre dans le jeu et bien entendu dans le film ! Je suis vraiment impressionné par ces Danois ! Cela ne m’étonne pas d’entendre que ce film a battu tous les records dans son pays. Il faut dire que les deux acteurs donnent beaucoup à l’énergie du film : l’un pour son visage qui évolue au fur et à mesure, l’autre pour son passage vers une sorte de bonté divine alors qu’il idolâtre Hitler ! Exercice en tout cas difficile car tout de même risqué à mettre en scène et d’être accepté par tous. On peut rire de tout après tout non…?

 

 

 

                                                    Bande-Annonce

 

Questions aux lecteurs :

Justement, peut-on rire de tout au cinéma ? Et pour ceux qui n’ont pas aimé Adam’s Apple, avez-vous tout de même été choqués ? Répugnés peut-être ? Je vous laisse poster vos propos les plus noirs (en y mettant un peu d’humour bien sûr !)

Les SS frapent la nuit (Nachts, wenn der Teufel kam), Richard Siodmak – 1957

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Poster le : 14-10-2008 | Par : Edouard | dans : Articles récents

 

 

 J’avais déjà vu un film de ce réalisateur il y a quelques mois lors de la reprise du film Les Tueurs qui avait permis lors de sa sortie à l’époque de découvrir l’acteur Burt Lancaster qui était pas mal mais un peu lent et assez confus. J’ai donc acheté en DVD Les SS frappent dans la nuit et l’ai regardé hier soir chez moi.

Pour parler un peu du contexte de cette réalisation, il me semble important de donner quelques information sur la vie du réalisateur : alors qu’il est né en Allemagne de parents commerçants, il va rapidement se faire un nom en Allemagne dans le cinéma avant d’émigrer aux Etats-Unis où il réalisera d’abord quelques séries B avant d’être repéré par certains producteurs lui permettant de s’affirmer à la mise en scène. Décidé à revenir dans son pays natal pour continuer ses oeuvres, il décide avec son scénariste d’utiliser un fais divers d’un tueur en série lors de la seconde guerre mondiale pour réaliser ce film : Les SS frappent dans la nuit.

 

 

Ce film est donc original. D’une part pour le sujet traité à savoir la place des demeurés mentaux dans l’Allemagne nazi et d’autre part pour comprendre comment des Allemands, non pas résistants mais ne souhaitant pas prendre parti, se sont retrouvés à collaborer avec les membres du parti nazi. Il est rare de voir un film allemand traitant de ce sujet, surtout datant des années 50 et très américain dans son approche scénaristique. On peut bien entendu faire le parallèle avec M le Maudit de Fritz Land mais on peut surtout le faire avant tout entre les deux réalisateurs puisque Siodmak s’inspire beaucoup de l’expressionnisme allemand, de son noir et blanc mystique et énigmatique. Cependant dans le film de RS, le réalisateur ne se focalise pas uniquement sur un seul personnage mais sur un ensemble tout aussi difficile à cerner et à commencer par le tueur : doit-on prendre son parti puisqu’il sert d’alibi afin que les nazis puissent commencer le processus d’extermination des fous ou de le détester puisqu’il a commis plus de 80 crimes ? De même pour ce détective dont le personnage ne m’a pas semblé assez fouillé : que cherche-t-il exactement ? La justice ? Certes mais alors pourquoi ment-il à la fin du film en déniant connaître le meurtrier ?  

 

 

Outre sa référence au cinéma expressionniste, RS a recours à un procédé assez original pour l’époque mais aujourd’hui assez connu lors de la reconstitution du meurtre en présence de la brigade criminelle. En fait, il va commencer à filmer le début de la traque du tueur en présence de la brigade avant de rester cibler sur le tueur et de le voir reconstituer le meutre seul. La musique dans cette scène joue un rôle important puisque totalement dissonante : est-ce la musique que le tueur entend lors de son meurtre ou essaye-t-elle de représenter l’état d’esprit de ce fou…?

Autre point incroyable : j’ai vu la semaine dernière l’unique film de Peter Lorre et où l’on peut faire très facilement le parallèle entre ces deux films puisque les deux prennent comme sujet la folie du meurtre et l’Allemagne Nazi ! Il serait très intéressant de faire une grande étude comparative à ce sujet d’ailleurs. Sur ce point, je vous conseille de vous arrêter déjà sur le bonus du DVD qui nous donne beaucoup d’informations à ce sujet.

 

Pour terminer, une seule scène  m’intrigue et je me demande si elle n’est pas la plus importante… il s’agit de la scène du générique de début où l’on voit un homme en train de mourir dans un lac et s’accrochant à une branche… qui est-ce ? Le tueur ? Où encore un autre cas que les nazis ont utilisé avant de le faire tuer ? Si vous avez une idée, faites m’en part !

 

Questions aux lecteurs :

Vous aussi vous trouvez que les films sur l’Allemagne des Nazis doivent uniquement être tournés en Allemand ? Vous aimez le film d’espionnage sous fond de guerre mondiale ? A quels autres films Les SS frappent la nuit vous fait-il penser ? Avez-vous une autre interprétation ? On vous écoute !

Vicky Cristina Barcelona, de Woody Allen – 2008

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Poster le : 11-10-2008 | Par : Edouard | dans : Articles récents, Nouveaux Films


 

Pas mal sans plus. Voilà mon impression en sortant de la salle. La première partie est sans intérêt puisque peu originale tandis que la deuxième partie (qui commence lors de l’apparition de Penelope Cruz) permet au film de prendre une sorte d’envol intéressante. J’ai cherché dans ce film qu’est-ce qui le différenciait des autres Woody Allen :

- Barcelone en premier lieu bien sûr

- Il ne joue pas dedans mais on peut tout de même le sentir dans chacun de ses personnages, la couleur du film baignant dans un sublime semi sepia-crépusculaire, bref des couleurs chaudes et enfin la musique qui, comme d’habitude, joue une grand rôle dans ses films, permettant de mieux comprendre les sentiments des protagonistes (je pense au morceau récurant de guitare espagnole à chaque fois que Vicky apparaît à l’écran).

En revanche, comme d’habitude, on retrouve beaucoup d’éléments communs à ses autres films :

- Tout d’abord des inconnus arrivant dans un monde qu’ils ne connaissent pas et qui va les transformer. Il s’agit bien entendu d’américains. 

Sur ce point, je suis assez septique. Ce que montre Allen est typique de la mentalité des américains, avec cette façon d’arriver dans une ville européenne en étant immédiatement émerveillés pour tout et n’importe quoi. Ce que les américains découvrent avant tout est un nouveau mode de vie centrée sur ce qui font les qualités des pays de l’Europe à savoir, la nourriture, la langue et avant tout l’Histoire. Mais point de salut, il est rare qu’un américain s’européanise vraiment et les Etats-Unis restent toujours présents au fond d’eux mêmes, quitte à ressentir une certaine nostalgie.

De l’autre côté, je trouve qu’on l’a déjà vu dans ses autres films et qu’il ne se renouvelle pas dans ce registre.

- Encore septique sur ce point, Woody Allen nous décrit à chaque fois la bourgeoisie américaine face à la bourgeoisie européenne. J’adore ce comparatif et toutes les situations qui peuvent en découler mais sa façon de le montrer devient encore une fois trop connue à mes yeux. Je ne sais pas si vous avez remarqué mais l’emploi de la caméra, des figurants, de la posture et des conversations des acteurs sont semblables dans tous ses films et y compris dans ce dernier. Prenons quelques exemples : dans encore Tout le monde dit I love You, des réunions de famille où personne ne s’entend dès que quelqu’un de nouveau arrive et où le spectateur peut percevoir trois dialogues différents (très américain et génial !), une soirée organisée pour le nouvel an ou un vernissage dans Match Point et où tout va s’arrêter soudainement par une mauvaise nouvelle avant que le brouhaha ne recommence… De même, sauf quand les acteurs clefs se parlent, il n’y a pratiquement pas de champs contre champs et on entend souvent la réponse de l’autre off-caméra jusqu’à ce qu’il apparaisse de nouveau à l’écran ou non. Il semble en fait que tout les montages des films d’Allen se superposent les uns sur les autres. Ce sont à chaque fois des fragments de vie qui vont quelque peu basculer afin de devenir plus matures (Vicky…, Tout le monde dit…) ou de mal terminer (Match Point, Le rêve de cassandre, Intérieur).

- Je parlais plus haut des acteurs ressemblant à Woody Allen. Et bien ici encore c’est le cas et je ne peux que sentir de l’exagération dans les interprétations, à commencer par Vicky qui interprète en fait deux personnages différents d’autres films de Woody : d’abord celui de l’auteur dans Escrocs mais pas trop ou le rôle de Jason Biggs dans Anything Else : indécis, gênés, bafouillants (euhm… yeah…but…no…yes…well…you see… I….) et dans la seconde partie, une fille ayant pris conscience de certaines choses mais ne trouvant pas de réponses à ses questions comme Julia Roberts dans Tout le monde dit I love you. Trop récurant encore. 

 

 

Non, la force de ce film réside ailleurs. Bien entendu dans ce côté espagnol nouveau, cette façon de nous montrer un pays et les monuments emblèmes de la ville/capitale. Pour comprendre les films de Woody Allen, il me semble qu’il ne faut pas forcément regarder la réalisation mais l’écriture et les dialogues. C’est incroyable à quel point il peut bien raconter les histoires, leur donner un certain punch, passer d’un sentiment à un autre, rire de tout et de rien tout en décalant les situations et même ses personnages. Ces quiproquos amoureux nous amusent beaucoup mais nous rendent tristes aussi comme cette dernière image voyant les deux actrices disparaître sur un fondu noir. Il connait surtout bien les gens et leurs états d’âme. Bardem est en premier lieu nonchalant mais au fur et à mesure, on commence à prendre goût à son personnage mais aussi à sa vie de bohème et d’artiste. Vicky, Cristina, Barcelona jouent beaucoup sur la frustration de chacun il est vrai : l’artiste insatisfait dans sa vie amoureuse, Cristina dans sa vocation d’artiste ratée, Vicky dans sa frustration sexuelle et de devoir vivre une vie monotone et déprimante ou encore Maria Elena jalouse de son homme et de ses femmes.

 

Voilà donc les raison qui me font penser que ce film, mineur dans l’oeuvre de Woody Allen mais néanmoins important pour son côté Européen, a quelques atouts m’ayant convaincu mais où réside tout de même une certaine connaissance des événements pouvant avoir lieu. Encore une fois, je suis partagé sur l’oeuvre de Woody Allen : est-ce que je préfère son côté romantique et burlesque (Tout le monde dit I love you) à son côté noir et plus réaliste (Intérieur étant un pur chef d’oeuvre au côté de Match Point). Il ne reste que j’adore ce réalisateur. Et une chose est sûre si on veut encore plus s’imprégner de son amour pour la nature et les femmes… voir impérativement son film : Comédie érotique d’une nuit d’été.

 

          

 

 

Questions aux lecteurs :

Etes-vous d’accord avec cet avis ? Pensez-vous voir tout le temps la même chose dans ses films ? Ou au contraire, pensez-vous que notre auteur rit de plus en plus de ses personnages et rit des travers des êtres humains ? Allenisez-vous !

L’homme perdu, (Der Verlorene) – 1951

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Poster le : 09-10-2008 | Par : Edouard | dans : Articles récents

J’ai enregistré par hasard ce film lors de son dernier passage à la télévision dans l’émission Cinéma de Minuit passant le dimanche soir sur France 3 et que certains d’entre vous doivent certainement connaître !

 

 

Bref, je suis donc rentré dans ce film sans aucune information à part qu’il s’agissait de la seule et unique réalisation de l’acteur Allemand Peter Lorre et dont je n’avais vu (pour le moment !) qu’un film et quel film puisqu’il s’agit de M le Maudit de Fritz Lang. Alors, comme j’ai pu le lire sur internet par la suite, il est vrai que Lorre a repris les mêmes thèmes que dans ce dernier film à savoir la folie, le meurtre ou encore la peur grandissante et envahissante.

Cependant, je ne pense pas qu’il soit possible de faire une telle critique à ce film comme j’ai pu le lire sur ce blog très bien écrit et dont je vous invite à lire l’avis : Critique

C’est pour cela que je voudrais leur répondre en leur disant que Peter Lorre n’a pas réalisé un film aussi mauvais que ça. Pour être honnête avec vous, je me suis ennuyé durant la première partie. J’ai donc mis pause et j’ai pris un bouquin avant de revenir au film au bout d’environ 20 minutes. Et là… je ne sais pas si le destin m’a fait mettre pause au bon moment mais la deuxième partie est arrivée et je suis directement rentré dans le film. J’ai d’abord vu ce visage sans âme, sans sentiment et effrayant. Oui, l’acteur/réalisateur joue sur ce visage unique au cinéma et tellement connu car il fait peur et il le sait, il l’utilise à bon escient d’ailleurs et n’hésite pas à finalement faire un remake du Docteur Jeckill and Mister Hyde. A l’inverse d’une solution préparée par lui, c’est un intermédiaire qui le poussera à incarner le mal. Comme le docteur Jeckill, on l’apprend durant le film, on voit bien que ce docteur est un homme seul, sans véritable ambition et vivant reclus dans une maison d’hôte. Et quand il apprend que l’une de ses uniques raisons de vivre (sa maîtresse) le trompe, tout bouscule. Et c’est là qu’intervient cette deuxième partie. Le thriller et l’épouvante prennent le pas sur le drame de la première partie. 

 

 

Il n’est pas étonnant de comparer la fin du film à celle du film de Rosselini Allemagne, année zéro. Même s’il s’agit pour le premier cas d’un des premiers docu-fictions, la fin de ces deux films parvient à la même conclusion qui est l’impasse. De plus, les deux protagonistes semblent se ressembler par leur ignorance quant aux conséquences de leur acte.

 

L’homme perdu n’est certes pas un grand film mais il mérite le détour pour l’interprétation de son acteur au physique exceptionnel (pas une seule prise sans une cigarette à la bouche !) et pour ses hommages et plus particulièrement à l’expressionnisme du cinéma Allemand bien entendu !

 

Questions aux lecteurs :

Qui d’entre vous a vu ce film et désire y laisser son impression ? Pour les autres, avez-vu déjà vu des films avec Peter Lorre ? Si oui, que pensez-vous de cet acteur ? Aimez-vous le cinéma Allemand d’après-guerre et/ou l’expressionnisme Allemand au cinéma ? N’hésitez pas à donner votre avis !

Aguirre, la colère de Dieu, de Werner Herzog – 1972

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Poster le : 07-10-2008 | Par : Edouard | dans : Articles récents

Drôle de film que ce Anguirre, DER ZORN GOTTES… Je n’arrive pas directement à exprimer ma pensée en fait… Je suis assez surpris par son originalité et avoue que je ne m’attendais pas à voir un film aussi… lent finalement, lent mais doté d’une force et d’un grand intérêt. Une comparaison directe me vient à l’esprit car je repense aux films de Terrence Malick et donc du rapport entre le cinéma et la nature. Alors que le premier essaye plus de filmer l’environnement de la nature par rapport à l’homme, Herzog semble faire le contraire : l’homme face à la nature. Peut-être est-ce pour cela que Aguirre ne me touche pas comme La ligne rouge par exemple. Je ne dis pas que le réalisateur filme mal la nature, au contraire, elle y joue un rôle aussi important que les personnages mais le ressenti n’est pas le même.

 

Ici, il s’agit avant tout d’une question de survie mais de cause perdue. Simplement, nous seuls savons que c’est une cause perdue puisque dès le générique, on nous informe sur la volonté de ces conquistadores  de trouver l’Eldorado. Je ne peux m’empêcher de comparer ce film à celui vu hier du même réalisateur et qui est Rescue Dawn : il en réside en effet certains mêmes thèmes comme en premier lieu la survie face à un monde inconnu, une menace permanente, une folie graduelle, un égocentrisme grandissant… Et bien entendu, encore et toujours la nature. Que fait l’homme face à un lieu qu’il ne connaît pas et dont il a peur ? Il survit bien sûr mais en se l’appropriant ! Les autres thèmes que nous pourrons développer longtemps car passionnants baignent le film comme la religion bien sûr, l’esclavagisme (est-ce un hommage à shakespeare si « le nègre » comme il l’appelle porte le nom d’Okello et porte une boucle d’oreille comme Othello ?) ou encore l’absurdité de l’être humain.

 

En y réfléchissant, on voit bien que ce film (comme beaucoup d’autres d’ailleurs !) soulève beaucoup de questions mais donne aussi certaines réponses : la bêtise de l’être humain en la croyance à un être suprême, la vanité de l’homme poussée jusqu’à sa folie, le laxisme des être humains sans vraie personnalité et concentré sur l’individualisme… Herzog a dressé un film intrigant ici à la fois pour le spectateur mais aussi pour lui-même à mon avis. Cette recherche d’une terre parfaite, ce suivi vers cette quête que l’on sait perdue ne renvoie-t-il pas tout simplement à la volonté de faire un film non-conventionnel, sans vrai budget et dangereux ? Peux-tu comparer la quête de l’Eldorado pour Aguirre à une volonté de réaliser un film impossible et donc de se surpasser ?  J’attends de voir maintenant Fitzcaraldo avec grande impatience !

 

En cadeau, une interview de Klaus Kinski montrant bien son comportement et son état d’esprit on va dire :

 

P.S: je conseille la version commentée par son réalisateur qui semble être très intéressante, encore faut-il avoir le temps de le faire correctement !

Questions aux lecteurs :

Et vous, avez-vous trouver ce film intriguant ou au contraire inintéressant et contemplatif ? Qu’avez-vous tiré des thèmes évoqués dans ce film ? Croyez-vous à la folie de l’homme ou encore à sa vanité et ses obsessions ?

Love Story, de Arthur Hiller – 1970

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Poster le : 07-10-2008 | Par : Edouard | dans : Articles récents

 

« Loves means never having to say you’re sorry »

 

Bah écoute,  je sais pas pour toi mais j’ai trouvé que le film avait quelque peu vieilli… Je crois que c’est certainement dû à la tenue vestimentaire en fait… C’est marrant d’ailleurs comme on a l’impression que les films des années 70 ont plus vieilli que les films des années 60 vous ne trouvez pas ? Enfin… cette légère remarque n’enlève rien à la sublime et triste musique de Francis Lai ainsi qu’au jeu de nos amoureux qui vont vivre avec nous leur terrible destinée. Petit bémol aussi, j’ai vraiment trouvé la réalisation plate et je n’ai pas particulièrement aimé ce parti pris de la caméra à l’épaule par moment où on sent que le cameraman est juste derrière les acteurs et essaye de les suivre avec parfois un peu de mal. 

L’intérêt du film réside plus sur la vie de ce jeune homme en fin de compte que sur la fille : sur la raison qui le pousse à rejeter son père et sa condition, d’essayer de  se prouver continuellement d’y arriver par lui même. Le film dénonce aussi la grande bourgeoisie de l’Est (la famille) mais aussi la petite bourgeoisie n’ayant aucun respect des autres et égoïste (je pense à cette femme mettant deux heures à choisir son sapin de Noël et ne donnant pas de pourboire). 

Il s’agit bien d’une histoire d’amour en fin de compte. Mais l’auteur veut-il aussi entendre le fait que celle-ci se termine toujours mal même après avoir résolu les problèmes de la vie courante…?

 

Le bonus incluant l’interview du réalisateur est assez intéressant si on veut en savoir plus sur le financement et tournage du film : budget serré, remontage après une première vision différente, choix du casting etc… 

 

Par ailleurs, petit détail intéressant, quand on voit l’affiche du film, on pourrait facilement croire que le film se déroule sur la Côte Ouest en plein été alors que c’est totalement l’inverse puisque l’histoire se passe près de Boston et tout le temps en hiver… Du marketing derrière tout ça ? Film symbole des années 70 ?

 

 

Questions aux lecteurs :

Le film a-t-il vieilli ? Les acteurs aussi ? Comment avez-vous trouvé la réalisation ? Pensez-vous que ce film soit « facile » ? Dites-nous tout !

 

En cadeau, la fameuse musique de ce film culte :

 

 

Rescue Dawn, de Werner Herzog – 2005

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Poster le : 07-10-2008 | Par : Edouard | dans : Articles récents

 

Dieter Dengler, prisonnier durant la guerre du Vietnam et dont le film raconte son aventure
Dieter Dengler, prisonnier au Vietnam et dont le film retrace son emprisonnement

 

 

Je crois que je ne comprendrai jamais les distributeurs français… Car au lieu de nous bombarder chaque semaine de films de m…. que personne ne va voir et inutile au plus au point, on zap le dernier film de Werner Herzog pour une diffusion TV sur Canal +, qui a été certes médiatique, mais malheureusement jamais diffusé en salle. J’ai beau réfléchir, je cherche toujours à comprendre pourquoi ? Plusieurs réponses me viennent cependant à l’esprit :

 

1- C’est un film qui traite encore du Vietnam et encore d’un homme qui essaye de survivre.

2- Le film manque de moyen et ça peut se voir au Cinéma donc le spectateur sera déçu.

3- Le film commence à dater puisqu’il a été tourné en 2005.

 

Mais en réfléchissant à ces trois points, trois contre-arguments évidents me viennent à l’esprit :

 

1′- D’une part, le film est tiré d’un documentaire fait par Herzog en 2007, il connaît donc très bien le sujet et a pris à coeur ce film, il s’agit donc d’un projet personnel. D’autre part, au lieu de nous montrer des films de guerre pitoyables comme Mission Evasion ou encore Les larmes du Soleil (je n »ai rien contre Bruce Willis !), Rescue Dawn a pour grande réussite de nous plonger dans la réalité en jouant habilement avec la réalisation et en créant ainsi une sorte de documentaire sur la séquestration (par une succession de scènes rapides entre-coupées de fondus en noir) et une musique lente, ressemblant au bruit de la jungle asiatique grâce à des morceaux dissonants joués au violoncelle. 

 

2′- Car c’est un film trop personnel et donc pas assez facile à gérer pour les studios américains, le film a tout de même été entièrement tourné en Thaïlande et même sans cela, qu’importe ? Il suffit tout simplement de regarder la prestation des 3 acteurs principaux pour se convaincre que faute de moyen ou non, ce film reste dans les mémoires ! Il reste dans les mémoires car la prestation de Christian Bale, de Jeremy Davies et de Steve Zahn est impressionnante. Je met au défi n’importe quels distributeurs ou exploitants de salles de maigrir de 20 kilos jusqu’à devenir squelettique, de rouler dans la boue, de bouffer des vermicelles ou encore de se mettre des sangsus sur la peau ! 

 

3′- Enfin, qu’importe que cela soit un film sorti aux Etats-Unis il y a trois ans ? Le spectateur n’en a mais rien à faire ! Ce qu’il cherche est un bon scénario, une bonne prestation d’acteurs et surtout ressentir quelque chose, ressentir ce que les personnages peuvent vivre ! Rescue Dawn contient tous ces éléments et n’a malheureusement jamais été distribué en salle. C’est un dommage pour les spectateurs, c’est un gâchis des distributeurs !

 

 

 

Bande-annonce + Interview de Werner Herzog 

 

Questions aux lecteurs :

Un énième film de guerre ? Du déjà vu ? Une interprétation personnelle d’un grand cinéaste ? Comment avez-vous ressenti le jeux d’acteurs ? Enfin, que pensez-vous des films distribués en France ? Jetez-vous et donnez votre pensée sans tabous !

Mariage à l’Italienne, de Vittorio de Sica – 1964

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Poster le : 05-10-2008 | Par : Edouard | dans : Articles récents

Affiche du film

Je m’attendais à une vraie comédie à l’Italienne et j’ai finalement été surpris de tomber sur une comédie… dramatique ! Car il s’agit bien d’un drame auquel nous assistons ! Oui, la comédie est bien présente avec les fameuses mimiques italiennes, les « Mamma Mia », le séducteur macho Italien et la belle et sulfureuse italienne mais qu’essaye de nous dire Vittorio de Sica ? Que les hommes italiens sont égoistes et habités par un appétit sexuel permanent ou/et que les italiennes sont des manipulatrices et grandes arrivistes ? Les deux mon capitaine ! Dans cette démonstration bien réussie mais un peu vieillie à mon goût, restera cette fin à la fois joyeuse et pathétique ! A y voir une image de la vie de couple… ou de l’Italie vue par de Sica !

Questions aux lecteurs :

Trop cliché ? Vrai comédie ? Drame Italien ? Le film a-t-il trop vieilli ? Autant de questions attendant vos réponses !