« Beginners » – Mike Mills – Critique

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Poster le : 08-06-2011 | Par : Edouard | dans : Articles récents

Après le très indépendant « Age Difficile Obscur », Mike Mills revient avec un second long-métrage, « Beginners ». Plus personnelle, cette semi-autobiographie touche par sa sincérité et son histoire d’un père (Christopher Plummer) qui avoue son homosexualité à son fils dépressif (Ewan McGregor) à l’heure de ses derniers adieux.

Dans sa note de production, Mike Mills affirme qu’il n’a pas traité son long-métrage comme un « petit » film, et certainement pas comme un film au ton « décalé » ou même film un « indépendant ». C’est pourtant ce qui ressort après la projection de Beginners. Il faut dire que sa formation de graphiste, de réalisateur de clips vidéo et de publicités se fait ressentir par ce ton décalé propre au cinéma indépendant américain (illustrations multiples, musiques tendances, branchitude des personnages genre bobo Los Angeles).

Son premier film, Age Difficile Obscur, laissait déjà transparaitre cette impression. Beginners vient la compléter, mais toutefois dans une moindre mesure. Pour son deuxième film, Mike Mills a du puiser au fond de ses racines pour conter sa propre histoire : celle d’un fils dépressif qui découvre à la mort de sa mère que son vieux père a toute sa vie durant caché son homosexualité. Cinq ans après cette révélation, un cancer l’emporta, juste le temps pour lui de vivre une nouvelle vie au sein de la communauté gay et de tomber amoureux.

Christopher Plummer épatant

Pour camper cette figure paternelle âgé, Mike Mills a fait appel à l’immense Christopher Plummer dont le jeu est surprenant et émouvant. Si le film réussit à nous attendrir, c’est en grande partie grâce à son interprétation et la partie qui lui est consacré. L’action est en effet à double circulation : d’un côté ce face-à-face nostalgique, de l’autre une histoire d’amour entre ce jeune fils et une jeune actrice française. A l’écran, ce jeune couple formé par un Ewan McGregor, double du cinéaste, et Mélanie Laurent fonctionne même si l’on reproche encore à la jeune actrice française de toujours interpréter le même personnage. Une courte scène sort pourtant du lot où elle hurle en français à une serveuse typiquement américaine et autoritaire « qu’il n’est foutu de rien faire dans ce pays de m… » C’est précisément là que Mike Mills règle un certain compte avec son pays.

Des symboles des années 50 et 60 aux premières contestations du mouvement gay dans les années 70 jusqu’à l’arrivée de Bush Jr. à la présidence, Mills porte un regarde distancé sur la culture de son pays et sur son puritanisme ambiant et ses faux-semblants. En agissant de la sorte, Mills peint le portrait de sa propre famille et de l’absence de communication dont il a souffert. Peut-être aurait-il dû se contenter de ce seul sujet au lieu d’insister trop longuement sur la relation amoureuse qui embrouille le récit par son absence de chronologie. Sa morale est cependant sincère malgré ces défauts: comme chacun sait, la vie est un perpétuel recommencement. Mike Mills l’a compris par cette catharsis. Il n’a finalement pas tort en affirmant « qu’en matière de relations humaines, nous sommes tous des débutants… »

Sunny Side of the Doc 2011

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Poster le : 30-05-2011 | Par : Edouard | dans : Articles récents

Pour sa 22ème édition, le « Sunny Side of the Doc » mettra cette année l’accent sur les documentaires produits pour le cinéma et les productions transmédia. Avec comme invité d’honneur Jacques Perrin et Steve Burns et un focus sur l’Asie, cette nouvelle édition sera de nouveau tournée vers l’international avec plus de 50 pays participants.


A ce jour, la 22ème édition du « Sunny Side of the Doc », qui se tiendra à La Rochelle du 21 au 24 juin, compte plus de 1′100 participants, 280 décideurs et acheteurs ainsi que 400 sociétés exposantes. Parmi eux, nombreux sont ceux qui viennent de l’international, à commencer par la forte présence de professionnels asiatiques, latino-américains et africains. Pour son commissaire général Yves Jeanneau, cette édition s’annonce comme « une édition fidèle, efficace, écologique, pacifique et qui défend son territoire. » Des principes que l’on retrouve sur l’affiche de la manifestation où trône un colibri, réputé pour sa vivacité et sa rapidité. Il faut dire que la concurrence est rude depuis que le Festival International du Documentaire de Sheffield vient de changer ses dates pour se tenir entre le 8 au 12 juin prochain. Est-ce une raison pour baisser les bras ? Loin s’en faut. Yves Jeanneau insiste au contraire sur l’engouement que crée toujours autant le Sunny Side symbolisé par le succès du « Latin Side of the Doc » et du « Asian Side of the Doc », deux autres rendez-vous de co-productions entre l’Europe et les continents de l’Amérique Latine et de l’Asie.

De la Chine à la 3D au cinéma

Parmi les pays asiatiques, la Chine tient un rôle de plus en plus important dans le paysage du documentaire. La récente création de la CCTV9 et CCTV10, deux nouvelles chaînes de télévision chinoises spécialisées dans le genre, le prouve aisément. Ainsi, un forum prévu le 21 juin et organisé par CNEX viendra confirmer cette tendance grâce à un large panel de représentants qui viendront présenter ce paysage changeant.

En parallèle, le panel « Opportunités en Asie » fera le point sur les tendances du documentaire en Asie. Depuis le récent succès du documentaire Pina de Wim Wenders, la 3D s’impose de même comme un outil incontournable du genre. L’occasion sera aussi de mise pour poser les questions concernant sur son mode de financement et ses contraintes techniques.

De pair avec la 3D, le cinéma devient un acteur incontournable du documentaire avec des films à succès comme Le Président, Océans ,Babies ou encre Inside Job.

Un festival « Grand Ecran Documentaire » ouvert au public sera donc organisé du 20 au 24 juin avec la projection gratuite de nombreux films en avant-premières et en présence de leurs réalisateurs. Avec son lot de pitching showcases et sa forte présence de personnalités du monde du documentaire et de la télévision, cette 22ème édition du « Sunny Side of the Doc » s’annonce comme un événement incontournable prouvant sa vitalité et annonçant une sortie de crise comme les indicateurs semblent le détecter.

Festival de Cannes 2011 – Suite et fin

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Poster le : 30-05-2011 | Par : Edouard | dans : Articles récents

Retour sur les derniers jours du 64ème Festival de Cannes qui vient de couronner à juste titre le film de Terrence Malick, The Tree of Life. Une édition éclectique et de qualité qui a su divisé la critique ainsi que notre rédaction.

C’est avec un léger recul que l’on juge mieux une sélection cannoise. Cette 64ème édition du Festival de Cannes restera donc comme un bon cru cinématographique. Tourné vers le thème de l’enfance tourmentée au début (We need to talk about Kevin, Polisse, Michael, Le gamin au vélo), la sélection aura pris un virage pour prendre des allures métaphysiques et anachroniques (The tree of life, Melancholia,L’apollonide) avant de se tourner vers le parodique (Pater, Le Havre) afin de mieux finir vers un esthétisme à la fois gratuit (l’inutile This must be the place) et ténébreux (Once upon a time in Anatolia).

Le Festival de Cannes se termine en tout cas en beauté. En décernant à Terrence Malick la fameuse Palme d’Or, Robert de Niro et son jury ont su rendre hommage à l’un des plus grands réalisateurs du monde et couronné un film à part, d’une poésie inouïe aux images époustouflantes. Le réalisateur américain a dû attendre toute sa vie pour enfin réaliser ce film — son plus personnel et son plus énigmatique — quitte à attendre un an avant de le finaliser pour Cannes. Comme quoi, qui vient à point à qui sait attendre. Au final, le public tranchera sur le succès de ce long-métrage envoutant. On pourra ainsi se laisser emporter pendant 2h20 ou s’ennuyer à mourir.

Au préalable de ce palmarès somme toute consensuel mais de mise, il aura fallu attendre trois jours de stress et de labeur. Le dernier week-end de Cannes est à vrai dire le plus fatiguant et le plus éreintant. D’une part parce que vous arrivez en bout de course après avoir vu environ trente films en dix jours mais aussi parce que le sommeil vous manque et que l’attente du palmarès est un suspens permanent. Il ne faudrait pas se mettre à croire que parce que la fin du festival approche, les festivités et les séances se terminent, bien au contraire. A titre d’exemple, les deux films les plus longs de la sélection ont été présentés samedi, veille du palmarès. L’un de ces deux films n’aura pas donc manqué son prix (et son temps) puisque Nuri Bilge Ceylan est reparti avec le Grand Prix grâce à son Once Upon a time in Anatolia, remporté ex æquo avec le film des frères Dardenne, Le Gamin à Vélo.

Il faut le savoir, le Festival de Cannes se vide de sa population dès le samedi matin. Petit à petit, les rues se désemplissent autour de la croisette et les journalistes quittent le navire un à un. Une atmosphère fantomatique prend alors place au sein du Palais des Festivals. Les longs couloirs deviennent sans âme et les fans disparaissent devant les marches les plus connues du monde. De notre côté, le cinéma règne toujours autant que jamais.

La journée du dimanche est en effet consacrée aux reprises des films de la compétition officielle et c’est ainsi que l’on découvre l’excellent dernier film de Pedro Almodovar La piel que habito injustement oublié au palmarès. Bien qu’adapté d’un roman à succès, le réalisateur espagnol aurait pu repartir avec le prix du scénario tant celui-ci est captivant et remarquablement maîtrisé. On aurait aussi pu lui remettre le prix de la mise en scène mais face au Drive de Nicolas Winding Refn, difficile de faire face. Bien qu’il s’agisse d’une commande made in US, ce thriller demeure époustouflant en grande partie grâce à la réalisation de Refn qui a su faire d’un film au scénario bateau un bijou cinématographique où l’on navigue entre du Michael Mann et du Martin Scorsese. Il n’y a donc rien d’étonnant à voir un tel cinéaste récompensé quand l’on a déjà découvert son précédent film, Valhalla Rising que l’on considère comme l’une des œuvres les plus audacieuses et maîtrisées du septième art.

Du côté des acteurs, même si Jean Dujardin fait du Jean Dujardin dans le très beau The Artist, le comédien français mérite amplement son prix d’interprétation masculin. Muet de bout en bout et doté d’une réalisation rétro à souhait, Michel Hazanavicius a su pondre un film unique en son genre qui ne manquera pas d’ouvrir les portes d’Hollywood à toute son équipe.

Du côté des femmes, on aurait préféré nettement plus voir Tilda Swinton repartir avec le prix d’interprétation féminin pour sa prestation dans le très troublant We need to talk about Kevin de Lynne Ramsay. A sa place, Kirsten Dunst est venu cherché son prix en raillant un bon « what a week it has been », seul référence dans son discours à la polémique suscitée par les soi-disant propos antisémites de Lars Von Trier sur la Croisette. Une récompense toutefois méritée qui permet aussi de saluer une œuvre personnelle et métaphysique dont la séquence d’ouverture et la scène finale hantent encore l’esprit. Enfin, le prix du jury est donc revenu au film de Maïween Polisse qui avait dès le début du festival marqué les spectateurs. C’était pourtant loin d’être gagné,  étant donné le scepticisme des journalistes à l’annonce de son film en compétition. Force est de constater que Maïween a réussi son pari avec ce film écrit avec la complicité d’Emmanuelle Bercot dont certains affirment qu’elle est la vraie raison de cette réussite.

Pour l’heure, place maintenant à Cannes 2012 qui semble être déjà sur les rails. Si la rumeur annonce Jodie Foster comme prochaine présidente du Jury, on demeure encore dans le flou concernant les candidats à la prochaine éléction présidentielle… A tel point que les dates du 65ème Festival de Cannes n’ont pas été encore dévoilées. En attendant, nous ne pouvons que vous conseiller de découvrir ces prochains films cannois qui feront la rentrée 2011.

Edouard Brane (texte et visuel)

Festival de Cannes 2011 – Pronostics

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Poster le : 30-05-2011 | Par : Edouard | dans : Articles récents

Le festival de cannes touche à sa fin. L’occasion de vous dévoiler nos pronostics pour une édition mitigée où peu de films ont su véritablement marqué les esprits ou offrir de belles surprises.

Dimanche soir, Robert de Niro et son jury récompenseront les lauréats du Festival de Cannes 2011. Qui succèdera donc au Oncle Boonmee d’Apichatpong Weerasethakul ? Les peu de braves qui sont restés, ce week-end, sur la Coisette à moitié vide émettent déjà leurs pronostics. A notre tour de vous donner le nôtre.

Auparavant, émettons un dernier constat navrant : si la compétition officielle a quelque peu déçu, il en était tout autre de celle d’Un Certain Regard qui a permis de découvrir de nouveaux talents et d’affirmer des metteurs en scènes déjà reconnus à l’image de Andrey Zviagintsev et son Elena. Parfaitement maîtrisée, cette œuvre aurait dû avoir les mérites de figurer dans la compétition officielle à la place du film de Paolo SorrentinoThis must be the place, navrant de simplicité et d’inutilité.

Ceci étant dit, place maintenant au palmarès. Et les gagnants, selon nous, sont :

  • Palme d’orThe Tree of Life de Terrence Malick
  • Grand PrixMichael de Markus Schleinzer
  • Prix de la mise en scèneDrive de Nicholas Winding Refn
  • Prix du JuryThe Artist de Michel Hazanavicius, ex æquo avec (ou Mention Spéciale pour) Hanezu de Naomi Kawase
  • Prix du scénarioLa piel que habito de Pedro Almodovar
  • Prix de la meilleure actrice : Tilda Swinton dans We need to talk about Kevin
  • Prix du meilleur acteur : Jean Dujardin dans The Artist, ex-echo avec Michael Fuith dans Michael


Edouard Brane

Festival de Cannes 2011 – 17, 18 et 19 mai

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Poster le : 30-05-2011 | Par : Edouard | dans : Articles récents

La mélancolie, l’immigration ou encore le suicide, le Festival de Cannes continue de battre son plein après une semaine cinématographique toujours aussi intense. Entre la politique et la polémique, la Croisette n’en a pas fini de faire parler d’elle.

17 mai

La nature fait parfois mal les choses. Après un marathon non-stop d’œuvres cinématographiques et de soirées cannoises, il fallait bien que cela arrive. En ce mardi 17 mai, le réveil tarde à venir et ne montrera son nez qu’en fin de matinée. Pis, le cumul de fatigue et les courants d’air dans les salles de cinéma peuvent vous être fatal et vous clouer au lit le temps d’une demi-journée.

Le seul déplacement vers le Palais des Festivals se fera donc au Wifi Café. Ce lieu réservé à la presse internationale est non seulement un beau lieu de rencontre pour les journalistes mais surtout l’endroit où la plupart des articles que vous pouvez lire à travers le monde sur le Festival sont rédigés. Après avoir passé l’après-midi devant votre écran d’ordinateur (cela change de celui de la salle), la fin de journée approche forcément plus rapidement que les autres jours et vous acceptez d’aller passer la soirée avec des Anglais dans une villa non loin de la ville qui se terminera légèrement alcoolisée et dans un jacuzzi à 38°C. En somme, le parfait remède pour vous remettre de vos émotions cinéphiliques.

18 mai

Retour aux choses sérieuses. Après s’être plus ou moins accordé une « journée de repos », il faut repartir à l’attaque. Au programme : la projection du dernier Lars Von Trier, Melancholia. Très attendu, le public est déjà présent dès 7h45 devant le Théâtre Lumière pour accéder dans la salle. Trente minutes plus tard, le panneau affichant « complet » est mis en place. Il faut donc se ruer le plus rapidement possible pour une autre projection vers la Salle du Soixantième, dans une sorte de chapiteau où un cinéma a été spécialement construit le temps de la manifestation cannoise.

Pour information, le film a été découvert avant que la fameuse polémique Lars Von Trierienne vienne secouer le Sud-Est de la France. Que les organisateurs aient donc pris la décision de classer le réalisateur danois Persona non grata suite à ses propos nazis est respectable mais ne doit en rien influer sur la qualité du film.

En l’occurrence, ce dernier laisse à désirer. Hommage au romantisme allemand avec tout ce qu’il englobe de mélancolie et de spleen, Melancholia fascine tout comme l’avait fait Antichrist pour sa première séquence et son final wagnérien. Le reste est long, fastidieux et sans grand intérêt. Les deux parties qui composent l’œuvre nous font juste comprendre que Lars Von Trier est en ce moment d’une triste humeur et qu’il ressentait le besoin de l’exprimer à l’écran. L’usage musical du Tristan et Iseult de Wagner est à ce titre de très bonne circonstance au début du film mais perd de sa force après des répétitions sans fin. En sortant de la salle, le film ne fait ni chaud, ni froid, et pourtant… Tout l’aspect mystique de l’œuvre surgira sans prévenir alors que l’on rentre de soirée en vélo devant une lune blanche qui vous éclaire la voie… Vous vous couchez en découvrant que c’est aussi cela que l’on appelle la magie du cinéma. Autre détail, l’étrange similitude entre le nouveau chef d’œuvre de Terrence Malick, The Tree of Life présenté aussi cette année.

Chaque jour, un dépliant vous permet de connaître les séances du jour dans toutes les catégories. N’ayant planifié à l’avance les séances, on se laisse davantage guidé par le temps et les opportunités. C’est ainsi que l’on tombe sur la reprise du dernier Aki Kaurismaki, Le Havre, présenté la veille en compétition officielle. Réalisateur finlandais connu pour son ironie et son esthétisme nordique, Kaurismaki propose pour son premier film en langue française une réflexion sur l’immigration clandestine à l’heure où la France connait bien ce sujet. Acclamé comme étant une bouffait d’air frais dans la compétition, Le Havre est à vrai dire un récit froid et triste à la fois ne dépassant pas un film d’Eugène Green dont les dialogues sont traités de la même façon, face caméra. Heureusement, André Wilms et Jean-Pierre Darroussin sont parfaitement employés ici et il faudrait saluer le directeur de casting pour avoir trouvé des physiques de circonstances.

Twitter peut s’avérer très utile lors du séjour cannois. Grâce à cet outil nouvel génération, des places de dernières minutes sont proposées par des followers pour assister aux projections du jour au sein du Grand Théâtre Lumière. C’est ainsi que l’on découvrir le dernier Naomi KawaseHanezu no tsuki. Au préalable, dans la file, nous aurons rencontré une productrice canadienne et un autre New Yorkais présent tous deux au marché du film pour vendre leur futur projet. Mais retour au Japon.

Certaines (mauvaises) voix ont affirmé que le film avait été sélectionné alors qu’il n’était pas encore fini afin de rendre hommage au Japon suite au terrible tremblement de terre qui a frappé la péninsule nipone. Certaines langues feraient bien de rester là où elles sont. Hanezu est un film poétique comme seul(e)s les japonsais(es) savent les faireet qui vous transporte par de sublimes paysages de rizières filmés à toute heure de la journée. De cette histoire d’amour à trois, la réalisatrice Naomi Kawase rend un bel hommage solennel à la région d’Asuka à Nara et à sa terre devenue aride. Parfois lent, mais aucunement ennuyant.

Après un passage à la Quinzaine des Réalisateurs pour le beau film franco-indien Chatrak de Vimukthi Jayasundara (Caméra d’or en 2005 pour La terre abandonnée), on découvert avec émotion dans la salle consacrée à cette sélection parallèle un siège vide où figure seulement une pancarte avec le nom du cinéaste iranien Jafar Panahi. Toujours aux mains du gouvernement de Mahoud Ahmadinejad, la Quinzaine des Réalisateurs lui a toutefois rendu un magnifique hommage en lui décernant cette année le Carrosse d’or. On ne peut que saluer cet évènement.

Après tous ces films, le rendez-vous est fixé à la Villa Wild Bunch où John Cameron Mitchell nous a gracieusement invité sur la terrasse VIP nous permettant ainsi de croiser entre autre Christopher Thompson et de nombreux distributeurs et attachés de presse.

19 Mai

Cette journée sera marquée par deux perles cinématographiques et une reprise mythique pour une soirée d’anthologie. Le premier choque nous vient tout droit de France avec Après le Sud, premier film de l’assistant-réalisateur Jean-Jacques Jauffret présenté à la Quinzaine des Réalisateurs.

Quatre destins, quatre humiliations. Lors d’une journée d’été où il fait chaud et humide, une mère, sa fille, son petit ami et leur voisin vivent dans le doute et le silence. Leur malheur et la force du destin vont pourtant les rapprocher. De ce pitch assez simple ressort une œuvre visuelle forte et faisant clairement échos aux œuvres d’Antonioni et de Haneke. Bien que l’on puisse y déceler quelques longueurs et scènes rébarbatives, cette fiction n’en est pas moins un claque cinématographique et voit la naissance d’un grand réalisateur et d’une vraie actrice en la personne de Sylvie Lachat.

Après cette découverte, l’étonnement continue sa trajectoire avec le film norvégien Oslo, 31. August de Joachim Trier, où par ailleurs notre voisin n’était autre le critique de L’Express Eric Libiot (qui demeure fasciné comme nous par le Terrence Malick). Comme pour Après le sud, cette histoire se déroule sur une journée et suit l’errance d’un ancien drogué sortant d’un centre de désintoxication et éprouvant des difficultés à se réinsérer dans la vie professionnelle et sociale. Puissante, propre et avec de belles idées de mise en scène, le climat à la fois nostalgique et sans issu que propose Trier entraine le spectateur dans le même voyage que son personnage Anders. En sortant de la salle, nous croisons une attachée de presse qui vient tout juste d’être mandatée par le nouveau distributeur. Une très bonne nouvelle qui fera plaisir au programmateurs des salles françaises.

Ce fut l’un des moments les plus attendus du Festival et certainement l’un des souvenirs les plus forts qui resteront de cette cuvée 2011. Malcolm McDowell, Christiane Kubrick et Jan Harlan étaient en effet rassemblés à l’occasion de la présentation en copie restaurée du Orange Mécanique de Stanley Kubrick. Ovationné par un public comblé, le moment de grâce de cette projection est arrivé lorsque Christiane Kubrick a prie le micro pour déclarer: « Je sais que Stanley nous regarde ce soir et qu’il serait à nouveau fier.». L’œuvre, elle, n’a rien perdu de sa puissance et apparait encore plus violente que jamais.

Pour célébrer les 40 ans de la sortie d’Orange Mécanique, la Warner a par la suite prévu une soirée privée dans la Villa du journal les Inrockuptibles où les jardins ont été recouverts des décors du film jusqu’aux habits du personnage d’Alex portés par les serveurs. Oui, Kubrick était bien là ce soir là et semble être encore présent en ce samedi 20 mai avec la présentation de Drive de Nicolas Winding Refn. Mais ceci est une autre histoire à venir.

Edouard Brane

Festival de Cannes 2011 – 14, 15 et 16 mai

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Poster le : 30-05-2011 | Par : Edouard | dans : Articles récents

Festival de Cannes, deuxième. Une semaine après son lancement, la manifestation cinématographique bat son plein, les soirées fusent et la fatigue s’installe. Malick et son Tree of life émerveillent, le film autrichien Michael divise tandis que Charlotte Rampling hypnotise toujours autant.

Qui se ressemble s’assemble. Les journées à Cannes pourraient paraître identiques si ses films et ses festivaliers ne faisaient pas la différence. Le rituel quotidien est le même tout comme les horaires des séances. Mais les rencontres et les diverses découvertes dans les salles cannoises sont de jour en jour plus étonnantes.

Comme exemple, prenons la projection du film autrichien Michael traitant du sujet difficile de la pédophilie. Il fait lourd, gris et la pluie ne va pas tarder. Dans la queue, on rencontre un de nos confrères de France Culture qui vient d’arriver et qui s’apprête à interviewer Robert Guédiguian. Plus tard dans la salle, l’œuvre fait froid dans le dos et le climat oppressant porté par l’acteur Michael Fuith est aussi angoissant que la pluie qui tombe dehors et qui se fait violemment entendre. A la sortie, on est impressionné par la maitrise de cette mise en scène faisant clairement écho aux œuvres de Michael Haneke. Enfin un film pas si mal que cela après le déjà éprouvant We need to talk about Kevin.

En fin de journée, la foule se presse autour des marches pour tenter d’apercevoir Johnny Depp et Penelope Cruz à l’occasion de l’avant-première du dernier opus de Pirates des Caraïbes. Trois jours auparavant, une femme italienne et sa fille nous abordaient dans la rue pour nous demander où elles pouvaient bien trouver l’équipe du film pour un simple autographe… C’est aussi ça Cannes : remuer ciel et terre pour une simple signature sur un bout de papier.

On pense fort à elles tandis que l’on se dirige vers la Quinzaine des Réalisateurs pour découvrir le premier film de Roland Edzard, La fin du silence. De cette histoire de famille qui tourne mal dans le paysage mystique des Vosges, on se souviendra surtout de l’interprétation du jeune Franck Falise en enfant terrible au comportement animal. Le reste est assez brouillon même si une force se dégage de la mise en scène austère et glaciale de Roland Edzard, ancien élève de l’école du Fresnoy.

Pour se remettre de ces deux films rudes, direction la Villa des Inrockuptibles à l’occasion d’un concert en plein air de 2 many DJ’s où l’on croise Xavier Desmoulins ou encore Jean-Paul Cluzel.

On se dirige ensuite au pavillon américain pour la soirée du nouveau film de Jonathan Caouette, Walk away Renée. L’occasion y est de rencontrer de nouveau John Cameron Mitchell, beaucoup d’américains… et de boire de trop.

La soirée se termine chez Variety où l’on rencontre une délégation de Danois aussi ivres que nous et qui vident bouteille de rosée sur bouteille de rosées. Plus dure sera la chute le lendemain matin au réveil…

15 mai

Enfin une bouffée de fraicheur ! Depuis le début du Festival, seul Woody Allen nous avait apporté de la bonne humeur. L’équipe du film The Artist est venue nous en apporter à son tour.

Mais avant l’optimisme vient le pessimisme. Prix de la mise en scène au dernier festival de Sundance, Sean Durkin est venu sur la croisette avec Martha, Marcy, May, Marlene. Campé entre autre par Brady Corbet, ce film typique indépendant made in US est malheureusement au-dessous de nos attentes. Les années précédentes ont pourtant permis de découvrir deux immenses futurs réalisateurs avec Two gates of sleep de Alistair Banks Griffin et Afterschool d’Antonio Campos. Appartenant à ce nouveau groupe de cinéastes conceptuels, Sean Durkin de son côté nous entraine dans une secte remplie de jeunes filles en manque d’amour rassemblées autour d’un gourou qui pratique sur elles des actes peu orthodoxe… Si la lumière tamisée de son film joue beaucoup dans sa réussite, le reste est assez anodin et propose un récit peu accrocheur auquel on adhère peu. Il semble d’ailleurs que l’acteur Andy Gillet qui était notre voisin et qui s’est assoupli a ressenti le même sentiment.

A Cannes, le temps passe vite et tout se fait dans la précipitation. N’ayant pu assister le matin même à la projection de The Artist, il fallait trouver un moyen de le découvrir lors de sa projection officielle avec montée des marches à 19h30. Pari gagné puisqu’un contact propose une place à 19h, de quoi laisser le temps d’enfiler un smoking que l’on a soigneusement entreposé dans les bas-fonds du Palais des Festivals. L’occasion y est de faire la connaissance, une fois assis, d’un jeune étudiant en master de Cinéma à la Sorbonne mais surtout de découvrir un beau pari cinématographique. Malgré un scénario convenu et prédictible, on se laisse entraîner dans ces temps modernes entouré d’un brillant Jean Dujardin et d’une sublime Bérénice Bejo.

Direction ensuite au Chéri-Chéri pour la soirée consacrée au film de Sean Durkin. Un espace VIP est uniquement réservé à l’équipe du film tandis que le reste de l’assistance ne semble absolument pas venir du monde du cinéma. On se couchera donc sobre après avoir longuement parlé cinéma avec l’équipe de rédaction du site Allocine.

16 mai

This is the Day. Enfin, nous allons pouvoir découvrir le dernier film tant attendu de Terrence Malick. Il aura fallu parcourir terre et mer pour obtenir une invitation à l’une des projections, celle de 15h. La première de 8h30 a laissé place aux sifflets toujours aussi inutiles des journalistes. De notre côté, une série d’applaudissements des festivaliers ont été entendus et à juste raison.

Malick a pondu une œuvre cosmico-religieuse magnifique, une messe des morts comme jamais vu et entendu au cinéma où l’on retrouve son style avec toujours autant d’émerveillement. Pour tout dire, on partage les propos d’Eric Neuhoff dans Le Figaro lorsqu’il affirme qu’il s’agit peut-être d’un des plus beaux films au monde.

Une nouvelle projection lors de notre retour à Paris nous en donnera en tout cas une meilleure idée et une attention plus particulière. Après une telle expérience, difficile d’enchainer avec un autre film. On rencontre plutôt par hasard une critique de Variety et un autre deScreen International avec qui on échange sur le film en y livrant chacun notre vision.

La force du destin nous entraine au final vers un documentaire consacré à la sublime Charlotte Rampling. Intitulé The Look en rapport à ses fameux yeux verts perçant, on a bizarrement l’impression d’assister à un prolongement du film de Malick tant les propos de l’actrice anglaise sont proches de la métaphysique. Il en ressort un bel hommage rendu davantage à sa personne qu’à sa carrière. Parfois long, le traitement de ce documentaire réalisé par Angelina Maccarone reste néanmoins original grâce au rapport qu’elle noue avec son sujet. Une projection d’autant plus émouvante par la présence de Charlotte Rampling dans la salle qui s’est vue offrir une standing ovation à l’issu de la projection.

Début de soirée sur le bateau Arte où une soirée est organisée par le couturier Castebajac. Très parisienne, la fête bat son plein rapidement et le monde de la mode semble s’y être donné rendez-vous. De quoi se rhabiller vu notre état de fatigue après une semaine intense de festival.

Edouard Brane

Festival de Cannes 2011 – 11, 12 et 13 mai

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Poster le : 30-05-2011 | Par : Edouard | dans : Articles récents

Le Festival de Cannes est enfin lancé. Après la présentation du Woody Allen en guise d’ouverture, la compétition peut commencer. De son côté, le marché du film bat son plein, la Semaine de la Critique et la Quinzaine s’ouvrent en beauté et les rencontres fusent. Récit.

L’avantage du Festival de Cannes ne réside pas seulement dans la possibilité de voir les films en avant-première mais aussi dans d’éventuelles rencontres à la fois improbables et inattendues. Depuis mardi dernier, nous avons ainsi eu la chance de rencontrer des profils divers et variés que tout différencie sauf leur rapport commun au Septième Art. Nous y reviendrons. Pour l’heure, parlons des films déjà présentés.

11 et 12 mai

En haut de l’affiche, il y a bien entendu le dernier Woody Allen, Midnight in Paris, dont tout le monde a déjà parlé. Complet à la séance de 19h, il nous a fallu nous rabattre sur celle de 23h qui permettait de voir un vrai public majoritairement peuplé de jeunes spectateurs à défaut de voir une pléthore de stars. Bonne ambiance donc pour cette première séance dans l’immense Salle Lumière remplie à ras-bord. Le film, qui sort en même temps dans toute la France, propose une version carte postale de Paris et met un certain temps avant de rééllement prendre son envol. Il est le symbole d’un festival qui ouvre ses portes à la légèreté et au burlesque comme le prouve aussi le film La Fée de qui a inauguré La Quinzaine des réalisateurs et La guerre est déclarée de Valérie Donzellià la Semaine de la Critique, pratiquement crédité de meilleur film depuis le début de la manifestation.



13 mai

Au Festival de Cannes, il vous faut savoir jongler avec les séances mais surtout vous lever le plus tôt possible pour découvrir les films et rester éveillé. La première séance de 8h30 est pourtant loin d’être la plus désagréable et peut s’avérer au contraire la meilleure. Elle captive d’autant plus l’attention que la dernière séance de 22h, lorsqu’on a déjà découvert trois autres films dans la journée.

C’est ainsi que l’on a découvert le dernier film de Nanni Moretti, Habemus papam, comédie dramatique italienne dans laquelle Michel Piccoli incarne un nouveau pape en plein doute existentiel. L’acteur, aujourd’hui octogénaire, est d’une belle sincérité et d’une douce simplicité. On prend ainsi un grand plaisir à voir ses déambulations dans une Rome qu’il redécouvre avec des yeux enfantins. Avec ce chassé-croisé, Moretti se perd parfois dans son récit avec des séquences ne servant pas sa narration tout comme son personnage de psychologue athée. Mais l’originalité de son sujet et la polémique qu’il peut susciter réussit à sauver son film.

Après cette légèreté italienne, le ton change avec la découverte du dernier film de Maiween, Polisse. L’appréhension était de mise avec ce nouveau long-métrage qui suit pendant un an la brigade des mineures dans un commissariat de Belleville. Il faut pourtant l’avouer : le film est une surprise. Bien qu’il soit scénaristiquement brouillon et répétitif (on passe d’une affaire sensible à une autre en un coup d’éclair), il marque par la dureté de son propos qui n’est autre que la triste réalité de la vie. Certaines scènes et plusieurs face-à-face entre des acteurs habités captivent (on pense à celui entre Karin Viar et Marina Fois). Malgré tout, on a le sentiment d’assister quelque part à un film entre potes et on se demande s’il n’était pas mieux d’offrir ces rôles à des acteurs non professionnels. L’impact aurait certainement été plus fort si Maiwenn avait décidé en amont de supprimer son propre rôle, cliché à souhait.

Midi

Un autre exercice passionnant : les rencontres que vous faites au fur et à mesure du festival. Que cela soit au sein du marché du film, dans les files d’attente ou lorsque vous déjeunez à côté d’autres festivaliers, une symbiose se crée facilement et les discussions cinématographiques fusent.

Au gré de vos déambulations, vous parlez par exemple avec Dider Allouche, journaliste de Canal+ qui couvre la montée des marches pour la chaine TV Festival, Michel Reilhac, directeur du cinéma chez Arte qui vous propose de monter les marches avec lui, Nathalie Chesnel, directeur du Programme MEDIA de l’Union Européenne qui vous invite dans son pavillon etc.

Mais les vraies rencontres, celles qui vous procurent le plus de plaisir et de simplicité, se font avec des personnes qui découvrent tout comme vous, pour la première fois, le Festival de Cannes. Cela passe de la mère d’une jeune réalisatrice québécoise qui garde ses petits-enfants pendant que sa fille présente son film jusqu’à un jeune réalisateur à moitié allemand et moitié colombien qui lui présente, à La Quinzaine des réalisateurs, son premier court-métrage sur le milieu underground des drag queens à Cuba.

Après-midi

Depuis le début du Festival, la femme est à l’honneur. Que cela soit derrière la caméra ou devant l’écran, elles sont au centre d’histoires aussi tragiques que dramatiques et ne se montrent pas forcément dans leur meilleur jour. Tel est le cas de Tilda Swinton dans le dérangeant We need to talk about Kevin de Lynne Ramsay qui revient, à son tour, sur les tueries dans les collèges aux Etats-Unis. Le film révèle Ezra Miller, un jeune acteur en herbe fascinant et à qui on prédit (et on espère) une grande carrière. Son interprétation dans le film Afterschoolen 2008 était déjà un avant-goût de son talent pour instaurer un climat effrayant de par son regard pénétrant qui peut aussi bien vous faire froid dans le dos que vous donner de la sympathie.

On peut en dire de même de la jeune Clémence Poésy dans le nouveau film de Philippe Ramos, Jeanne captive, qui aborde les derniers jours de la pucelle Jeanne d’Arc. Sous ses allures de téléfilm pour France Télévision, une atmosphère symbolique religieuse ressort par de belles images rappelant les films de Terrence Malick. Entre ce film, celui de Woody Allen et celui de Maiwnen, on regrette pourtant que ces cinéastes aient recours à des guest stars le temps de petites séquences qui plombent le film plus qu’ils ne le portent.

Soir

Sortir le soir à Cannes est un jonglage permanent. Les soirées fusent, la Croisette se déchaine et il vous faut des invitations pour aller partout. C’est d’ailleurs cela qui est fascinant dans cette ville : s’arrêter un moment et se dire que dans un espace aussi petit il se passe autant de fantaisies.

Vous passez donc de soirée en soirée en croisant sur votre passage moult stars qui semblent jouer le même jeu que vous et souvent dans le même état de sobriété que vous. Dernière soirée en date, la soirée au Pavillon Américain qui a été l’occasion d’entendre mixer le réalisateur John Cameron Mitchell au côté de Jonathan Caouette et de parler à Ezra Miller et John C. Reilly en tout simplicité. C’est aussi ça Cannes, des rencontres improbables dans un univers de fauves et de caméléons qui ont soif de vie. Affaire à suivre.

Edouard Brane

Gagnez 3×2 invitations pour « L’oeil invisible » de Diego Lerman

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Poster le : 10-04-2011 | Par : Edouard | dans : Articles récents

Buenos Aires, mars 1982. Dans les rues de la capitale argentine, la dictature militaire est contestée. María Teresa est surveillante au Lycée National de Buenos Aires, l’école qui forme les futures classes dirigeantes du pays. Elle a 23 ans et veut bien faire. M. Biasutto, le surveillant en chef, décèle tout de suite en elle l’employée zélée qu’il attendait et lui apprend à être l’œil qui voit tout, mais qui échappe aux regards des autres : l’œil invisible. María Teresa se lance alors dans une surveillance acharnée de ce petit monde clos, imaginant, décelant, traquant…

Cinedouard.com et Agat Films vous invite à découvrir le film L’oeil invisible de Diego Lerman. Pour bénéficier de cette invitation, rien de plus simple: il vous suffit de contacter Alexandra en lui écrivant à cet e-mail: alexandra@agatfilms.com

Retour sur le 13ème Festival du Film Asiatique de Deauville

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Poster le : 14-03-2011 | Par : Edouard | dans : Articles récents

Le jury du 13ème Festival du Film Asiatique de Deauville vient de se terminer. En récompensant le film thaïlandais « Eternity » de Sivaroj Kongsakul, le jury présidé par Amos Gitaï aura donc été touché par cette histoire d’amour poétique et rurale. Cette édition aura comme chaque année apporté sa dose de découvertes avec une sélection difficile d’accès, à la fois éreintante et fascinante.

Il fallait avoir le cœur bien accroché lors de ce Festival du Film Asiatique de Deauville. Entre deuil, meurtre, avortement, immigration et séquestration, difficile de ne pas sortir de chaque séance avec le cœur lourd et quelque peu décomposé. Pourtant, c’est bien une certaine réalité qui nous est dévoilée à l’écran sur laquelle on ne peut fermer les yeux et qui demeure vraie et sincère. L’annonce terrible du tremblement de terre qui a touché le Japon le vendredi 11 mars est venue nous le rappeler. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien si deux films nippons ont été récompensés cette année. L’un, Sketches of Kaitan City, (Lotus du Jury ex-æquo), se passe précisément dans le Nord du pays tandis que l’autre, Cold Fish (Prix de la critique internationale), est l’adaptation du fait divers le plus sanglant qui ait touché l’archipel. Si le premier a sa place au palmarès, on comprend mal la position du second. Violent, sanglant et oppressant, ce film de Sion Sono sonne comme un mauvais Tarantino. A l’inverse, des films comme Buddha Mountain de la chinoise Li Yu, Donor du philippin Mark Meily ou Udaan de l’indien Vikramaditya Motwane auraient davantage eu leur place au palmarès.

Chine, Philippines, Inde

Parmi eux, Buddha Mountain a donc particulièrement retenu l’attention. Cette histoire d’amitié contemporaine entre trois jeunes en mal de repère et une vieille chanteuse d’opéra en deuil de son fils a su toucher par son traitement narratif particulier et par sa réflexion finale qui ne laisse pas indifférent.

C’est aussi ce qui ressort du premier film Donor doté d’un micro-budget. Cette docu-fiction aux allures d’un Brillante Mendoza nous entraine dans le marché noir de faux DVD de Manille où une jeune vendeuse va tout faire pour émigrer à Dubaï, quitte à vendre son foie sur le marché noir. C’est court, vif et efficace, malgré les imperfections techniques qui vont de pair avec les difficultés économiques.

L’inverse de Udaan qui, malgré ses facilités scénaristiques, émeut par son propos : la recherche de liberté d’un jeune indien forcé de vivre avec son père autoritaire qui fera tout pour briser ses rêves. Espérons qu’ils seront un jour visible sur nos écrans.

« The journals of Musan »

Déjà lauréat de l’Etoile d’Or au dernier Festival de Marrakech, le film sud-coréen The journals of Musan de Park Jungbum est l’autre grand gagnant du festival Asiatique en remportant ex-æquo le Lotus du Jury. D’une grande maîtrise et interprété en toute sobriété par Park Jungburn, cette vraie chronique raconte la vie de Jeon Seungchul, récent réfugié nord-coréen à Séoul en perte totale de repères, dépassé par la société de consommation coréenne, maltraité et devant luter pour survivre avec son handicap culturel. Il y a à la fois des frères Dardenne et du Ken Loach dans cette œuvre touchante qui en dit long sur la situation en Corée du Nord. Espérons aussi que cette œuvre ne tardera pas à trouver son distributeur.

Kim Jee-woon accroche, Park Chan-wook déçoit

Le festival aura aussi été l’occasion de (re)découvrir les univers radicalement opposés des sud-coréen Hong Sangsoo et Kim Jee-woon. On a ainsi pu découvrir respectivement leurs nouvelles œuvres. Du côté de Sangsoo, les doutes existentiels persistent dans Oki’s movie tandis que chez Kim Jee-woon, la violence n’aura jamais autant été présente dans J’ai rencontré le diable, efficace mais éprouvant. Notons enfin dans la section Panorama la projection de Night Fishing, le dernier Park Chan-wook (Old Boy) co-réalisé avec son frère. Ce moyen-métrage qui se vante d’être le premier film réalisé avec un iphone 4 n’est malheureusement qu’un exercice de style déroutant et décevant. Peut-être la déception de cette 13ème édition qui aura permis au public de saisir les maux qui touchent actuellement les pays asiatiques. Parmi ceux-ci, on pourra souligner la perte de repères d’une jeunesse pauvre et déboussolée à la recherche d’un idéal parfois utopique, parfois salutaire. On ressort de ce festival tout aussi ému que marqué malgré un manque légèreté qui n’aurait pas été de refus.

Edouard Brane

Article à retrouver sur le site Artistik Rezo