Interview: Radu Mihaileanu & Aleksei Guskov pour « Le Concert »

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Poster le : 18-02-2010 | Par : Edouard | dans : Articles récents, Interviews et dossiers

A l’occasion de la sortie du film Le Concert, voici les interviews faites au sein du théâtre du Châtelet:

Interview: Radu Jude pour « La fille la plus heureuse du monde »

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Interview du réalisateur roumain Radu Jude qui présente en France son premier film sélectionné au festival de Berlin, La fille la plus heureuse du monde :

Lire l’interview sur le site d’Allocine

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Voir la bande-annonce du film:

Dossier: « La voix-off sous toutes ses formes »

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Vous trouverez ci-dessous le lien vers le dossier que j’ai rédigé pour Allocine à l’occasion de la sortie du film d’Alain Resnais Les herbes folles :

Et si, de tous les procédés cinématographiques, la voix off était l’une des plus riches inventions qui soient ? Petit tour d’horizon au coeur du cinéma et de quelques exemples mémorables… -

http://www.allocine.fr/article/dossiers/cinema/dossier-18489583/



Dossier: « L’âge d’or du cinéma roumain »

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Chaque mois, Allocine rédige des dossiers en rapport avec les sorties des nouveaux films dans les salles obscures. A l’occasion de la sortie quasi-simultanées de deux films roumains (La fille la plus heureuse du monde etContes de l’âge d’or), j’ai été amené à rencontrer leurs réalisateurs, ce qui m’a ainsi permis de proposer un dossier sur la « nouvelle vague » du cinéma roumain.

Depuis la Palme d’or décernée en 2007 à « 4 mois, 3 semaines et 2 jours », le cinéma roumain est apparu comme l’un des plus dynamiques et originaux. Tour d’horizon, histoire de rappeler que la Roumanie, ce n’est pas seulement le Comte de Dracula…. Dossier réalisé par Edouard Brane

http://www.allocine.fr/article/dossiers/cinema/dossier-18591248/

Une semaine après sa publication, les plus grands quotidiens roumains ont évoqué en première page de leur rubrique Culture ce dossier en y citant plusieurs passages:

http://www.adevarul.ro/cultura/Epoca_de_aur_a_filmului_romanesc_0_189581903.html

http://www.gandul.info/media-advertising/cinematografia-romaneasca-dinamica-si-originala-5312133

http://www.rgnpress.ro/content/view/41049/1/

Le Havre: le cinéma « L’Eden » ferme ses portes…

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En janvier 2009, nous avons appris la fermeture du cinéma L’Eden situé dans la ville du Havre. Afin de soutenir cette salle emblématique, nous avons interviewé son ancienne directrice Mme Ginette Dislaire

Voir l’article sur Allocine.com ou le lire ci-dessous:

La ville du Havre vient de perdre l’une des salles de cinéma d’Art et Essai les plus emblématique de son agglomération (et de France). Avec L’Eden, c’est plus de 25 ans d’exploitation cinématographique qui disparaissent du jour au lendemain. Alors que le cinéma devait temporairement fermer ses portes pour rénovation en 2011,L’Eden a dû mettre les clefs sous la porte le 12 janvier au soir. La décision a été prise par la sous-commission départementale de sécurité qui a affirmé que « le cinéma Eden ne satisfait à l’ensemble des exigences que doit prendre en compte son exploitation courante ». AlloCiné a souhaité en savoir plus. Rencontre avec son ancienne directrice, Mme Ginette Dislaire :

Pourriez-vous nous présenter le cinéma Eden ?
Il s’agit d’une salle de 300 places qui existe depuis 28 ans située au sein du centre culturel Le Volcan dans la ville du Havre construit par le grand architecte Oscar Niemeyer. La salle a été conçu par Vincent Pinel et je l’ai dirigée pendant 15 ans au côté du cinéaste Raoul Ruiz. Suite à un changement de direction en 2005, j’ai été licenciée et le cinéma a commencé à réduire son nombre de séances et à perdre ainsi progressivement son public. Alors que le cinéma devait être rénové en 2011, la sous-commission départementale de sécurité a décidé de fermer ses portes le 12 février dernier prétextant que le cinéma n’était plus en norme et qu’il fallait au minimum 3 agents de sécurité pour surveiller chaque séance. Vous imaginez que c’était impossible à mettre en place. Le Havre vient de perdre l’un de ses cinémas les plus emblématiques et je suis extrêment préoccupée quant à l’avenir des cinéma d’Art et Essai. A l’heure actuelle, nous ne savons pas quelles seront les prochaines décisions prises par l’Etat à ce sujet.

Quelles actions aviez-vous entreprises lorsque vous dirigiez l’Eden ?
Nous avons beaucoup fait pour le cinéma et pour la ville du Havre. Cela passait par la mise en place de rencontre-débats avec le public, de séances retrospectives à des festivals tout en passant par la présentation de courts-métrages, de films réalisés par la région ou par la présence de grands réalisateurs. Des cinéastes comme Bruno PodalydèsPascale FerranNicolas Philibert sont venus tout comme les acteurs Jean Marais ou encore Bernadette Lafont. Notre premier désir était de partager notre passion avec les plus jeunes. C’est à ce titre que nous avons commencé très tôt à proposer des ateliers pour enfants et adolescents, allant de la maternelle jusqu’aux lycéens. Toute une génération a fréquenté notre cinéma. Nous avons toujours souhaité priviliégier la qualité à la quantité. La réussite fut telle que le Ministère de la culture m’a demandé en 1993 de mettre en places les mêmes actions au niveau national, ce dont je m’occupe encore aujourd’hui de faire avec le programme Cinema & Enfance.

Pensez-vous que la présence des multiplexes soit reponsable de la disparition de cinémas comme « L’Eden » ?
Je ne pense pas. Il ne s’agit pas du même public. Quand on ferme une salle, on perd un public. C’est pourquoi je suis pour qu’il existe le maximum de salles possible. Là n’est pas le problème. Nous nous entendons bien entre nous et je suis prête à continuer de travailler avec eux s’ils le souhaitent. Il faut simplement savoir qu’il existe différents moyens de voir un film. Je vous donne un exemple : nous avons eu un Woody Allen en VO qui a fait plus d’entrée que la version française qui étaient diffusé dans les multiplexes. A l’heure actuelle, il est très difficile de remplir une simple salle de cinéma de 300 places. Il fut un période où L’Edenfaisait 70 000 entrées par an. Un chiffre important pour une salle d’Art et Essai.

Pensez-vous qu’il s’agisse aussi d’un problème de distribution de films ?
Vous ne savez pas comme j’ai dû me battre afin d’avoir des films en VO à L’Eden. Les distributeurs ne veulent pas fournir les petites salles de cinéma. Il existe certe des copies ADRC qui sont destinées à des petits cinémas de France mais L’Edenn’en fait pas parti car nous sommes dans une grande ville. Ils n’arrivent pas à comprendre qu’en nous fournissant un Woody Allen par exemple, le nombre d’entrée nous permettra de présenter au public des films différents provenant du monde entier, des documentaires ou même des films expérimentaux. FermerL’Eden revient à tuer un certain cinéma. A l’heure du numérique et de la VOD, les gens vont moins aller au cinéma. Que deviendra alors le cinéma indépendant ? Va-t-il disparaître à petit feu ? Je ne l’espère pas et j’essaye de tout faire pour ne pas arriver à un tel resultat. Il ne faut pas aussi oublier que le cinéma est un industrie et que les distributeurs pensent à cela avant tout : à donner au plus riches. Un distributeur souhaitera par exemple d’avantage livrer le film Avatar en 3D à un multiplexe plutôt qu’à l’un de nos cinémas. A l’heure du changement numérique, la consommation de film est en train de changer et tout reste assez flou. C’est pourquoi je souhaite qu’une réflexion soit mise en place à ce sujet entre les exploitants et les distributeurs.

Par quoi doit passer la survie des cinémas d’Art et d’Essai selon vous ?
Il faut continuer à donner les moyens nécessaires pour mettre en place des actions culturelles. Le public ne vient pas à nous, c’est à nous de venir à lui. Par le biais d’associations et de présentations, nous donnons envie aux gens de venir dans nos salles. Il ne peut exister de spontanité, il faut savoir créer l’envie et le désir.

Avez-vous un message à livrer au public et aux professionnels ?
Si l’on souhaite continuer à montrer des films au plus grand nombre, il faut se donner les moyens de le faire. Il faut permettre au public de découvrir de nouveaux cinémas provenant du monde entier et de toutes origines et dans de bonnes conditions. Cela passe donc par le travail des actions culturelles. J’ai plutôt un tempéramment positif et ne désespère pas, loin s’en faut. Je me bas pour les gens de ma génération, celle des jeunes et pour la suivante. Les élus doivent nous aider en nous donnant les moyens d’agir. Le cinéma est un moyen d’évasion pour tous et doit continuer à en être ainsi. Nous devons nous battre tous ensemble et résister contre la médiocrité qui nous entoure.

Propos recueillis par Edouard Brane

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Suite à la fermeture du cinéma Eden, Mme Ginette Dislaire a rédigé un papier que la rédaction d’AlloCiné a souhaité diffuser pour rappeler à ses lecteurs que la survie du cinéma passe aussi par ces petites salles de cinéma d’Art et Essai. Des cinéastes de La Nouvelle Vague à des réalisateurs comme James Gray ou Martin Scorsese, l’amour que nous portons au Septième Art a commencé dans ces salles et continuera à se perdurer sur ces écrans.

Communiqué de presse :

Chers amis,

Eric Rohmer nous a quittés, c’était un très grand cinéaste aimé et respecté de tous.
Ses œuvres ont été toutes présentées à l’Eden, parfois en même temps que dans d’autres cinémas de la région, parfois après, car l’Eden ne disposait que d’un écran, et les distributeurs ne privilégient pas toujours la façon dont les programmateurs mettent en place les films.
Pourtant, à l’Eden, on publiait des dossiers, on organisait des cycles, stages d’analyse filmique, rencontres après les films, pour donner aux publics l’envie de découvrir des œuvres nouvelles, mais aussi d’en savoir plus sur l’auteur, de comparer avec les films précédents, de connaître comédiens ou techniciens, puisque malheureusement, nous n’avons jamais eu le plaisir d’accueillir Eric Rohmer au Havre.

Combien de réalisateurs comme Samuel Fuller, Jean-Luc Godard, Frédéric Wiseman, etc…, de comédiens, ingénieurs du son, chefs opérateurs, scénaristes, producteurs, directeurs de cinémathèques, archives du films, écrivains de cinéma, universitaires, responsables du CNC, des pôles images, partenaires européens… ont participé à la vie de cette salle, peut-être cinq-cent ou mille (? ), depuis son ouverture dans le magnifique espace conçu par Oscar Niemeyer, en novembre 1982.

Quand on aime, on ne compte pas, donc …
Combien d’enfants, d’adolescents, d’enseignants ont assisté aux séances spécialement mises en place pour eux avec des grands films récents et de l’Histoire du cinéma ?
Combien de films réalisés avec eux, de stages et de débats ???
Combien de publications, de dossiers sur les films, de fiches pédagogiques, de revues et d’ouvrages publiés par l’Eden ?
Combien de soirées Cinéma organisées avec les associations les plus actives et progressistes de la Cité et de la Région, pour parler du monde, du cinéma, de l’Art, des gens… ?
Combien de soirées et nuits Cinéma avec les étudiants ?

Et pour préparer ces projections, ces rétrospectives, ces cycles, ces débats, ces avant-premières… combien de réunions dans les assos, les lycées, les inspections académiques, les institutions, les comités d’entreprise, syndicats, entreprises, quartiers… pour se faire connaître, accepter et convaincre que le cinéma est un Art digne d’intérêt, et que tous les publics ont droit au meilleur.

Et le travail dès la maternelle pour que les enfants dès le plus jeune âge découvrent des grands et beaux films dans les meilleures conditions, que leurs enseignants se sentent forts pour parler après la projection, dans la classe, de la Nuit du chasseur, les Contrebandiers de Moonfleet, ou de la Vie est immense et pleine de dangers…

Et l’organisation de Rencontres internationales Cinéma et Enfance, totalement inédites et originales sur l’initiation au regard des jeunes, les projections de documentaires de Création, de films expérimentaux, de soirées consacrées au Court-métrage, de films produits par le Pôle image Haute-Normandie avec qui l’Eden était partenaire.

Et des 300 cartes-postales et lettres filmées produites (hors budgets Volcan) avec des détenus, bénéficiaires du RMI, enfants et jeunes des quartiers difficiles, avec des enfants des rues en Inde, des jeunes cambodgiens, des enfants africains et Brésiliens, fims que l’Agence du Court-métrage voulait diffuser dans une collection particulière et que la Direction du Volcan a préféré laisser mourir dans les placards.

Que dire encore de l’équipe du Volcan, de celles et ceux qui se sont investis sans compter dans cette action, avec passion et plaisir pour montrer à tous qu’un lieu comme l’Eden était porteur de sens, rêve et d’utopie !
Que vont devenir celles et ceux qui animent l’Eden aujourd’hui, projectionnistes, programmatrice, assistante, caissiers, hôtesses et contrôleurs : licenciement ou poste à la Ville du Havre, quel gachis !

Un projet de pôle Art et Essai est actuellement à l’étude, le cinéma le Sirius a été choisi par le Ville du Havre pour le mettre en place avec une association, nous en sommes très heureux et nous ferons tout pour que ce pôle soit digne d’une grande ville comme Le-Havre, son Estuaire, son agglomération.
Mais pourquoi ne pas laisser une chance d’exister à un lieu qui a fait ses preuves dans les domaines de l’action artistique, de la relation avec les publics (rappelons que l’Eden est allé jusqu’à 70.000 entrées sur une année), de l’innovation et de la Recherche (rappelons que l’Eden a été classé par Télérama comme une des plus belles salles françaises), et comment vouloir faire venir au Havre des étudiants français et étrangers, des cadres d’entreprises et leur famille… si on ne leur propose pas la diversité et la réflexion.

J’espère que vous serez attentifs à cette fermeture si rapide et qui laisse un grand vide dans nos cœurs et nos têtes, que vous le ferez savoir à vos amis, collègues, aux institutionnels, associations, établissements scolaires, famille, car une salle qui disparait, c’est un pan de la Culture qui disparait définitivement.

Amicalement,

Ginette Dislaire


Conférence: « Où va le cinéma ? »

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En décembre 2009, cinq grands réalisateurs parmis lesquels Wim Wenders et Jaco von Dormael se sont retrouvés au Max Linder à Paris pour répondre à la question : « Où va le cinéma ? » Un événement organisé dans le cadre du 10ème festival de L’industrie du Rêve.

Voir l’article sur Allocine ou le lire ci-dessous:

Imaginez : Michel HazanaviciusNicolas SaadaRithy PanhJaco van Dormael etWim Wenders autour de la même table pour répondre à la question « Où va le cinéma ? » Modéré par notre confrère du journal Ecran TotalSerge Siritzky, la question n’était pas simple et les metteurs en scène se sont par moments sentis mal placés pour y répondre. Et pourtant, le débat était vif, percutant et fascinant.

Michel Hazanavicius:

« Je suis optimiste pour l’avenir du cinéma. Le cinéma est un dur métier où il y a parfois beaucoup d’inconscience. Internet est en grande mutation. Je ne sais pas encore où va le cinéma, ni ce que peut véritablement apporter ce nouveau média. Nous assistons de plus en plus à des rediffusions et je me demande s’il ne commence pas à trop y en avoir. Il y aura toujours des films formatés et il sera donc de plus en plus dur de faire des petits films. Par définition, tous les films sont fragiles. Nous sommes privilégiés en France, nous le savons et il n’y a qu’à voir le nombre d’affiches dans la rue. Je ne souhaite pas faire un discours alarmant, mais je pense qu’il faut accepter le changement. Il ne faut pas oublier non plus qu’il n’y a pas de Cinéma, mais plusieurs cinémas dans le monde. Concernant la chronologie des médias, personnellement, je remercie le téléchargement car grâce à cela, mon film-détournement La Classe américaine a pu être redécouvert par tous. Après, bien sûr que cela pose problème et je pense que la meilleure solution serait qu’un système contrôle ces abus. »

Jaco van Dormael, qui sort prochainement son film Mr. Nobody, s’est posé en tant que vrai artiste, préférant laisser cette question aux acteurs de l’industrie cinématographique:

« Avec Mr. Nobody, j’ai avant tout essayé de faire un film beau plutôt qu’un film cher comme j’ai pu l’entendre. Avec Internet, il y a un nouveau langage qui est en train de se créer. Auparavant, je préférais tout ce qui était esthétiquement beau, mais avec les différentes évolutions qui s’opèrent, je commence à aimer les sons dysonnants que l’on peut entendre sur des films amateurs présentés sur des plates-formes comme You Tube. Il s’agit de langages radicalement différents. Je pense que le cinéma est davantage à un début plutôt qu’à une fin. Il y a aujourd’hui de nouvelles façons de raconter des histoires. Je suis assez optimiste pour le futur du cinéma. Je me fous, si vous voulez, de l’industrie du cinéma, et je pense d’ailleurs qu’il existe un schisme entre les deux. Quand je fais un film, c’est comme si je lançais une bouteille à la mer et que des gens la récupéraient sans qu’ils sachent ce qu’elle contient et qu’ils en découvrent le contenu. Par ailleurs, pour revenir à la question des téléchargements : tant que mon film est vu par le plus de personnes possibles, cela ne me dérange pas et je suis donc heureux que les gens téléchargent mon film. Mais ce n’est pas le plus important car ce qui compte, c’est que le spectateur garde le film en mémoire. »

Rithy Panh, réalisateur du film Un barrage contre le Pacifique, a conquis l’assistance par ses propos simples et « universels » :

« Je regarde l’affiche de la conférence et je vois que cette route ne mène plus nulle part. Il n’y a plus de cinémas, de restaurants, de maisons. J’ai l’impression que le paysage cinématographique est pareil : un cinéma où finalement il n’y a pas de Cinéma… Pour moi, il y a trop de blabla et jamais rien de concret. Il y a de plus en plus de contraintes sur les raisons qui permettent de recevoir des financements et cela se ressent essentiellement dans les pays en voie de développement. L’industrie du cinéma est aujourd’hui une grosse machine qui écrase tout. Je souhaite par exemple faire un film sur l’écologie et je ne trouve aucun financement, alors qu’un type qui est dans son hélico et qui ne touche même pas le sol reçoit des millions pour faire le sien. Enfin, je trouve que le numérique permet d’aller partout mais il entraîne une surdose d’images qui ne sont pas assez diffusé à travers le monde. »

Nicolas Saada :

« J’ai l’impression qu’il y a un discours récurrent depuis la création du cinéma mais que l’on oublie le plus important qui reste la mémoire. Les technologies ne servent à rien si nous n’avons pas de mémoire. Le rapport que nous avons face aux films a changé, dû aux différents écrans qui ont fait leur apparition. Je ne pense pas, par exemple, que YouTube offre de vraies narrations, il s’agit plutôt de l’inverse. Il n’y a qu’un écran qui vaille réellement et c’est la salle de cinéma. Un autre point important et majeur est que les jeunes ne peuvent aller au cinéma car il trouvent le cinéma trop cher et ils ont raison. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils téléchargent, par défaut. En somme, il est difficile de répondre à la question: « Où va le cinéma ? » car il y a trop d’hypothèses à l’heure d’aujourd’hui. »

Wim Wenders, qui est en train de préparer un documentaire 3D sur la chorégraphe récemment décédé Pina Bausch, a souhaité répondre à cette question point par point :

Sur le nouveaux outils cinématographiques:

« Les outils ne racontent rien, ce sont les gens qui racontent avant tout des histoires. Il y a eu l’image, puis le son et on a raconté l’essentiel à l’époque. Au début, j’ai trouvé que le numérique représentait un nouveau type de liberté jusqu’à ce que je découvre que l’on montrait tout et n’importe quoi dans les salles obscures. On a utilisé beaucoup d’argent pour parfois ne rien raconter. Le gros problème se trouve au niveau de la distribution. Grâce au numérique, on a pu trouver des nouveaux films formidables avec de jeunes talents incroyables mais la distribution reste une porte étroite. Ce que j’appelle le prolétariat des cinéastes sont obligés d’attendre dehors sans qu’aucune porte ne leur soit ouverte. »

Sur les mutations:

« J’ai l’impression qu’à chaque avancée, nous faisons 2 pas en avant… et 3 pas en arrière. A chaque fois, on trouve des contre-arguments qui empêchent le plus souvent d’avancer. Le numérique a permis de sauver le documentaire mais personne ne les montre malheureusement! De même, des platformes comme You Tube sont bien mais pour 99,9999% de contenus, ce n’est pas ce que j’appelle du Cinéma. Il s’agit ni plus ni moins d’un outil sans langage. Cela ressemble parfois même à une cacophonie. »

Sur les phénomènes de mode:

« Je viens de découvrir la 3D grâce au tournage que nous venons de terminer sur la grande chorégraphe Pina Bausch. Quand nous tournions et que je regardais le résultat, j’ai été immédiatement fasciné par le rendu 3D. Pour moi, ce nouveau phénomène de mode est sans conteste l’avenir du documentaire. La 3D est une nouvelle forme de poésie. Maintenant qui j’y ai touché, il va certainement être difficile de s’en détacher. Concernant le reste de la production 3D, je suis complètement effaré par les films qui sortent sur les écrans. Il n’y a aucune histoire et ces films ne racontent absolument rien. C’est surtout cela qui m’effraie le plus. On peut donc parler d’une industrie du rêve oui, mais bloqué par une industrie de m…. »

Sur la direction d’acteur :

« Il y a eu beaucoup de changements dans la relation acteur-réalisateur. Avant, le réalisateur était en contact permanent avec l’acteur, puis il y a eu ce que l’on appelle les combos et nous nous sommes éloignés de lui. L’arrivé des effets spéciaux n’a pas amélioré la situation car jouer devant un fond bleu ou vert reste extrêmement difficile pour un acteur qui doit redoubler d’efforts pour rentrer dans son rôle. Il y a de moins en moins de réalité dans les studios, et l’acteur est aujourd’hui devenu très seul. Heureusement, grâce à la 3D, j’ai trouvé une nouvelle relation avec l’acteur. Certes, il faut regarder le résultat sur vidéo mais notre relation est différente. Le seul inconvénient est qu’il s’agit encore d’une lourde technologie. »

Quel bilan?

Au final, les réalisateurs restent tous dubitatifs. Leur débat a permis d’aborder le pour et le contre sans trouver réellement de solutions. Fausses inquiétudes ou situations alarmantes, les cinéastes sont tous partagés. Cependant, plusieurs points sortent du lot. Tous sont d’accord pour dire que le cinéma coûte de plus en plus cher et que l’utilisation des nouvelles technologies est mal orchestré, et propose des contenus parfois aberrants. Se posant avant tout comme des artistes, tous ont affirmé qu’il existait une grande scission entre eux et les industriels, et que cette situation empirait. Wim Wenders a ainsi affirmé que « les gens qui contrôlent les normes contrôlent de plus en plus les contenus, ce qui provoque la disparition du vrai cinéma ».

Cette rencontre s’est terminée par un discours du philosophe Régis Debray, qui est resté dans l’ensemble optimiste: « Le cinéma va continuer à être l’art majeur car il accueille le plus de technologies et l’esprit du temps va se déposer précisément ici. (…) Nous vivons l’époque des hybrides et le numérique pousse, au final, à une enfantisation. (…) Il ne faut pas oublier qu’un film reste un prototype. Les technologies nouvelles font ressurgir le côté primitif de l’homme. La vraie question des supports se pose au niveau des stocks. Où va passer la mémoire du cinéma ? (…) Mais je vous rassure tout de même, nous avons encore un bon siècle devant nous et nous pouvons donc partir tranquille. »

Edouard Brane

News & « Merci Qui? »

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Tous les matins, la rédaction d’Allocine se donne rendez-vous afin de faire un point sur l’actualité cinématographique. Chacun d’entre nous arrive avec sa dose de bonnes (ou mauvaises) nouvelles. En 6 mois, j’ai ainsi rédigé plus de 80 news différentes dont voici quelques échantillons:

Berlusconi crée à nouveau la polémique

Décès de la comédienne Jean Simmons

La retrospective « Singapour, Malaisie : Le Cinéma ! » au Centre Pompidou

Miramax Films : la fin d’un studio mythique

Regardez des extraits de films avec Vodkaster

Yvan Attal dévoile son Paris sur la toile

Vers une sortie des films le vendredi ?

De même, j’ai été amené à rédiger plusieurs épisode de « Merci Qui ? » parmi lesquelles ceux concernant Gangs of New York, La Belle et la Bête, Pocahontas, The Blues Brothers ou encore Sleepy Hollow.