Entre aboutissement et déception: « L’or du Rhin » à l’Opéra de Paris

2

Poster le : 08-03-2010 | Par : Edouard | dans : Articles récents, Opéra

« Au commencement était le Rhin… »

La Tétralogie de Wagner n’avait pas été montrée dans son intégralité à l’Opéra de Paris depuis 1957. C’est donc un moment exceptionnel pour l’Opéra Bastille qui accueille jusqu’au 28 mars le prélude des trois journées que forme L’anneau du Nibelung avant de nous présenter sa première journée en mai prochain avec La Walkyrie et ses suites l’année prochaine.

Pour raconter son histoire, faisons simple : l’homme n’existe pas encore. Plusieurs mondes se font face à la fois peuplés par des nains, des géants, des dieux et des sirènes. La paix règne sur le monde. Mais lorsque le nain Alberich se détourne de l’amour qu’il porte aux femmes, il en profite pour voler l’or qui resplendit au fond du Rhin afin de se forger un anneau qui lui donnera les pleins pouvoirs et annoncera le chaos et la violence sur ce vaste monde.

Il n’est pas étonnant de comprendre pourquoi les hommes politiques apprécient autant cet opéra comme l’a si bien démontrée l’histoire. La quête du pouvoir suprême est convoitée par tous, au détriment des femmes délaissées par leurs hommes en quête de vanité et de vertu suprême. L’histoire, si contemporaine, se rapproche d’œuvres comme 2001, l’odyssée de l’espace ou encore Le Seigneur des Anneaux.

Une direction exemplaire

Le prélude de l’Or du Rhin est l’un des passages les plus grandiose de l’œuvre de Richard Wagner. L’entendre résonner et s’imposer petit à petit dans le vaisseau Bastille fut un de ces rares moments où tout s’arrête et la musique nous gouverne. On attendait beaucoup de Philippe Jordan, nouveau directeur musical de l’Opéra national de Paris, et sa direction fut en tout point de vue resplendissante. Sans trop insister sur les cuivres et laissant libre action aux chanteurs pour s’exprimer, le jeune chef d’orchestre réussit son entrée en la matière de façon fracassante et fut judicieusement applaudi par l’audience à la fin de l’oeuvre.

On peut entendre de nouveau ce prélude dans le film de Terrence Malick Le Nouveau Monde qui nous livre ici un grand moment de cinéma:

Une mise en scène grotesque:

Malgré quelques belles idées comme ces balançoires sur lesquelles se balancent les filles du Rhin ou ce château de ferrailles menant vers le sommet du monde (l’acte IV est le plus réussi), la mise en scène de l’allemand Gunter Kramer n’apporte pas grand chose. À l’inverse, elle tend à nous faire oublier la musique au détriment des situations et décors grotesques. Les géants deviennent des commandos, un miroir d’une rare inutilité fait face aux spectateurs qui peuvent ainsi se contempler tout en découvrant l’envers du décor avec présence des techniciens, des lumières et des machines électroniques. Il est incompréhensible de nous offrir une telle mise en scène sans aucune explication ou lettre d’introduction dans le livret. Chacun peut s’approprier à sa façon une mise en scène mais un minimum d’explications aurait été préférable. De même, les costumes frisaient le ridicule avec une mention spéciale pour celui des dieux (une espèce de prothèse à la musculature imposante, imberbe et dénudée).


Une prestigieuse distribution

Heureusement, le livret-poème écrit par Richard Wagner est là pour nous tenir en haleine tout comme les voix que l’on a pu entendre. Il est rare d’avoir en face de nous une telle distribution et le public ne s’est pas trompé à nouveau pour exprimer leur grande gratitude. Falk Struckmann est un Wotan imposant malgré un jeu trop statique et une voix manquant d’assurance. Après sa splendide performance dans Werther de Massenet, Sophie Koch nous revient avec un allemand sans faute, insistant comme il faut sur chaque syllabe et portant en elle une jalousie qui annonce l’intrigue de La Walkyrie. Le personnage du Loge, campé par Kim Begley, est remarquablement interprété et son jeu scénique est à la hauteur du personnage tout droit sorti d’un film américain des années 50. Le nain chanté par Peter Sidhom semblait dans le premier acte manquer de voix ce qui n’était pas le cas dans la suite de l’opéra.


La première de L’Or du Rhin a l’Opéra Bastille fut une très grande soirée et un moment anthologique grâce à la direction précise de Philippe Jordan et une belle distribution. On regrettera une mise en scène puérile et sans message. Une grande déception quand on s’aperçoit de la contemporanéité de cette tétralogie. On attend cependant la suite des aventures avec impatience pour sa distribution vocale.

Opéra en plein air 2009: « Rigoletto » de Verdi

0

Poster le : 19-06-2009 | Par : Edouard | dans : Opéra

Pour la neuvième fois consécutive, l’association « Opéra en plein air » nous propose cette année Rigoletto de Verdi dans une mise en scène de l’acteur Francis Perrin. Une belle initiative que l’on ne peut que féliciter, malgré ses places onéreuses et une mise en scène décevante et manquant réellement d’imagination.


Rigoletto est l’un des opéras les plus connus de Guiseppe Verdi, et l’un des plus joués au monde. L’œuvre contient tous les thèmes d’un grand Opéra : l’amour, la vengeance, la mort, la conspiration, sans omettre la malédiction.

Rigoletto est le bouffon du Duc de Mantoue. Aimé par son maître et détesté par la cour, il n’aspire à vivre que pour sa fille Gilda, qu’il garde secrètement dans une vieille demeure abandonnée. Malheureusement pour lui, le duc s’éprend de la jeune femme et va tout faire pour qu’elle devienne sa future conquête. Durant une réception festive, une malédiction est lancée sur Rigoletto due à son irrespectueuse ironie et son esprit qui blesse puisqu’il n’amuse. Pour le bouffon, c’est le début d’un long chemin vers l’enfer…

L’opéra en plein air a ses avantages et ses inconvénients. Tout dépend en effet de la météo et de la qualité sonore. Chance pour nous, la représentation du samedi 13 Juin était sous le signe du beau temps. Il fut très agréable d’assister à une telle œuvre, avec le Sénat devant nous et la nuit faisant petit à petit son arrivée. Tout dépendait cependant de la place à laquelle on était assise. On pouvait en effet apercevoir beaucoup d’invités à l’orchestre tandis que le public était obligé de se réfugier dans les gradins. Car les places sont coûteuses cette année : compter 39 euros pour le dernier rang et 100 euros pour une bonne visibilité.

Voici ce que l’on peut lire dans la note d’intention de Francis Perrin :  « La mise en scène ne peut en aucun cas se servir de cette œuvre magistrale, elle doit tout au contraire se mettre à son service. C’est-à-dire permettre au spectateur d’écouter, d’admirer et de se laisser envahir par les émotions que les chanteurs nous transmettront au travers de leurs personnages (…) ». On reste tout de même perplexe face à ses propos. Car même si la musique a toute sa puissance, il faut impérativement que la mise en scène apporte sa dose d’énergie et provoque des émotions encore plus intenses en s’appuyant sur la force des sentiments. Il n’en est rien ici. Les chanteurs restent statiques, l’espace scénique est dénué de toute inventivité et la lumière semble être présente juste pour faire joli. Même les costumes semblaient venir d’une très ancienne production.

Quant aux chanteurs ce soir-là, on ne pouvait féliciter qu’Olivera Topalovic qui a magnifiquement bien interprété son personnage de Gilda, avec tout ce qu’il contient d’amour et de tristesse. Rigoletto, interprété par Arnaud Guillou, était décevant par son manque de clarté et d’expression vocale, de même que le Duc de Mantoue, chanté par le Coréen Hyan-Jong Roh qui, à force d’en faire trop, tombe dans la caricature et manque cruellement de présence scénique. Enfin, la direction musicale de Mélanie Thiébaut semble faire défaut à la musique de Verdi en ne prenant pas assez son temps dans les moments tragiques et en insistant trop lourdement sur les instants rapides, particulièrement lorsque le chœur chante.


On ne remettra pas en question la création de l’Opéra en plein air qui a le mérite de faire découvrir de nouveaux talents et d’offrir au public des œuvres du grand répertoire. Il serait cependant plus judicieux de choisir de vrais metteurs en scène afin de vraiment nous impressionner et de provoquer en nous les fortes émotions qui découlent de la musique. Même s’il se veut ouvert au plus grand nombre, l’Opéra en plein air 2009 demeure un loisir cher pour un résultat qui n’en vaut pas son prix.

« Opéra en plein air »

Rigoletto de Verdi, Mise en scène de Francis Perrin

Du 10 Juin au 19 septembre 2009 dans 8 lieux de prestige à travers la France

Plus de renseignements :

http://www.akouna.com/rigoletto/

Don Giovanni en 3D – Mardi 2 Juin 2009

0

Poster le : 03-06-2009 | Par : Edouard | dans : Opéra

Le mardi 2 Juin a eu lieu un événement qui fera date dans l’histoire de la culture. En première mondiale, l’Opéra de Mozart Don Giovanni a été retransmis en direct de l’Opéra de Rennes en 3 dimensions dans plusieurs salles de cinéma. Autant dire que l’on attendait ce moment avec grande impatience. Pour vous, nous avons assisté à cette projection en direct de La Géode.

On nous l’avait annoncé comme une révolution visuelle et sonore, le résultat n’a malheureusement pas été à la hauteur des espérances. Alors que l’on a pu tout de même bénéficier d’une qualité sonore très appréciable, l’image 3D a encore quelques progrès à faire pour vraiment nous impressionner.

Ce projet est le fruit de plusieurs associations de spécialistes des nouvelles technologies dont les Orange Labs de Rennes et Lannion et le pôle de compétitivité Images & Réseaux. L’objectif était en première mondiale d’offrir au public un spectacle grandeur nature et de l’immerger dans une salle d’opéra comme s’il y était présent.

La salle de La Géode est impressionnante. Son aspect ovale, ses dispositifs sonores et son écran géant en font l’une des salles les plus attractives d’Europe. Et pourtant, elle est l’une des causes majeures de notre déception. Après la remise des fameuses lunettes 3D, le public a attendu quelques instants avant de pouvoir entendre résonner à travers la salle la fameuse ouverture de Don Giovanni. La captation sonore en HOA (High Order Ambisonics) est sans conteste une réussite, mais est contrebalancée par la mauvaise transmission des images et des couleurs. La preuve en est qu’il fallait par moments enlever ses lunettes pour mieux voir l’écran et les personnages. Il faut aussi préciser que l’architecture ovale de la salle n’est pas adéquate pour un tel projet. Comment voulez-vous que la 3D fonctionne avec un écran courbé et une mauvaise qualité d’images ? Même en se plaçant au milieu de la salle et face à l’écran, la déception était présente.

Mais si nous sommes si dubitatifs, c’est aussi pour une autre raison. Pourquoi en effet avoir choisi une mise en scène pareille pour un tel projet ? Il semble que nous ne soyons pas vraiment intéressés par l’œuvre de Mozart et que l’on a choisi cet Opéra juste pour sa renommée. L’absence de vraie mise en scène, d’un manque évident de décors et de chanteurs mais aussi les changements constants de jeux de lumières et cette impression de maquette, pseudo Comedia del arte, sont autant de raisons qui ont conduit à notre déception. Il semble que l’on a tout simplement oublié un aspect majeur qui est le fond et non la forme de l’expérience.

Même si la qualité était meilleure au second acte, il suffisait de voir la salle qui s’est à moitié vidée pour se rendre compte que l’expérience parisienne n’a pas atteint ses objectifs. Cependant, il faut rappeler que nous sommes aux prémices de ce nouveau système et que de nouvelles projections seront organisées dans l’avenir. N’enlevons pas à César ce qui est à César et reconnaissons le bon travail qui a été effectué sur le son. Quant à l’image, il nous faudra certainement encore attendre un peu plus pour que l’on assiste à un vrai spectacle en 3 dimensions.

Une mauvaise adéquation entre le lieu de projection ainsi qu’une absence totale de mise en scène et de clarté visuelle ont malheureusement rendu décevante cette expérience dont on attendait beaucoup. Heureusement que l’excellente captation sonore a tout de même eu le mérite de nous impressionner. Mais pour l’Opéra en 3D, il faudra encore un peu attendre, sans toutefois désespérer heureusement.

Pour vous faire une meilleure opinion, voici la captation réalisée par France Musique pour les spectateurs n’ayant pu avoir de lunettes 3D.

Bon Opéra !



Air « Largo Al Factotum », Le Barbier de Seville – Rossini

0

Poster le : 25-01-2009 | Par : Edouard | dans : Articles récents, Opéra

Même si Don Giovanni de Mozart reste mon Opéra préféré pour son histoire, son originalité, ses airs tout aussi fascinants les uns que les autres et sa structure musicale si complexe et envoûtante, les opéras de Rossini représentent quant à eux la force absolue du classique. Il y a une dynamique dans sa musique et l’air de Figaro dans le Barbier de Séville en est l’exemple absolu.

Tout aussi connu que celui de Leporello vu précédemment, il a souvent été utilisé au cinéma à plusieurs reprises et dans certains cartoons de la Warner.

Par cet air si réputé et si difficile pour Baryton, nous faisons la connaissance de Figaro, barbier à Séville, mais aussi réputé pour être l’homme à tout faire de la ville (factotum vient en fait du latin et désigner le serviteur sachant tout faire). A l’inverse du serviteur de Don Giovanni qui décrit les conquête de son maître, notre ami Figaro se vante dans cet air de sa qualité de pouvoir être partout à la fois et de servir qui veut et n’importe où. En voici les paroles et la traduction en anglais :

 

Italian
 English
Largo al factotum della città.
Presto a bottega che l’alba è già.
Ah, che bel vivere, che bel piacere
per un barbiere di qualità!    Ah, bravo Figaro!
Bravo, bravissimo!
Fortunatissimo per verità!
Pronto a far tutto,
la notte e il giorno
sempre d’intorno in giro sta.
Miglior cuccagna per un barbiere,
vita più nobile, no, non si da.
Rasori e pettini
lancette e forbici,
al mio comando
tutto qui sta.
V’è la risorsa,
poi, del mestiere
colla donnetta… col cavaliere…
Tutti mi chiedono, tutti mi vogliono,
donne, ragazzi, vecchi, fanciulle:
Qua la parrucca… Presto la barba…
Qua la sanguigna…
Presto il biglietto…
Qua la parrucca, presto la barba,
Presto il biglietto, ehi!Figaro! Figaro! Figaro!, ecc.
Ahimè, che furia!
Ahimè, che folla!
Uno alla volta, per carità!
Ehi, Figaro! Son qua.
Figaro qua, Figaro là,
Figaro su, Figaro giù,Pronto prontissimo son come il fulmine:
sono il factotum della città.
Ah, bravo Figaro! Bravo, bravissimo;
a te fortuna non mancherà.

 

 

Make way for the factotum of the city,
Hurrying to his shop since dawn is already here.
Ah, what a fine life, what fine pleasure
For a barber of quality!    Ah, bravo Figaro!
Bravo, bravissimo!
A most fortunate man indeed!
Ready to do everything
Night and day,
Always on the move.
A cushier fate for a barber,
A more noble life, is not to be had.
Razors and combs,Lancets and scissors,
At my command
Everything’s there.
Here are the tools
Of my trade
With the ladies…with the gentlemen…
Everyone asks for me, everyone wants me,Ladies, young lads, old men, young girls:
Here is the wig…the beard is ready…
Here are the leeches…
The note is ready…
Here is the wig, the beard is ready,
The note is ready, hey!

Figaro! Figaro! Figaro!, etc.
Ah, what frenzy!
Ah, what a crowd!
One at a time, please!
Hey, Figaro! I’m here.
Figaro here, Figaro there,
Figaro up, Figaro down,

Swifter and swifter, I’m like a thunderbolt:
I’m the factotum of the city.
Ah, bravo Figaro! Bravo, bravissimo,
You’ll never lack for luck!

 

Vous aussi vous pouvez maintenant  vous entraîner sur cet air rempli d’énergie et de dynamisme, deux qualités qui font la musique de Rossini et le bonheur de tous !

Jean-Pierre Ponnelle était un très grand metteur en scène français, toujours soigneux dans ses réalisations mais qui avait avant tout un sens de l’esthétisme prodigieux. Il a ainsi décidé dans les années 70 de passer à la réalisation en filmant pour la télévision ses mises en scènes. L’extrait que vous allez voir aujourd’hui provient de l’un de ses chefs-d’oeuvre. Vous allez ainsi voir à quel point l’utilisation de la lumière et des décors est importante dans une mise en scène d’Opéra. Regardons d’abord cet air de Figaro.

Bon air !

 

Faisant référence aux ombres chinoises, on arrive doucement vers un balcon où une personne semble être en train de se réveiller et se préparer pour aller en ville. Le soleil se couche et son travail va bientôt commencer. Nous découvrons ainsi le personnage principal et comme par magie, la lumière commence à dévoiler de façon plus précise le décor et donc le lieu dans lequel il vit.

Puis, gentiment, il nous invite à visiter sa fameuse boutique de coiffure. On aimera beaucoup moins ici cette caméra à l’épaule assez brouillon et ne collant pas tellement à l’air musical.

Au passage, il est d’ailleurs mieux conseiller de se procurer un autre Opéra de Rossini, plus intéressant à mon goût, et qui est La Cenerentola, un autre de mes opéras préférés, contant l’aventure de Cendrillon et toujours réalisé par le même Jean-Pierre Ponnelle. Mais revenons à Figaro!

Ce qui est génial en revanche ici est le regard que porte le barbier. Qui regarde-t-il ? A qui s’adresse-t-il ? Tout simplement à nous ! Ce procédé narratif est des plus intelligents afin de nous familiariser avec le personnage puisque nous allons le suivre tout au long de l’histoire et qu’il deviendra notre complice.

Puis nous passons à une partie géniale au niveau musical mais assez pitoyable niveau réalisation. On a en effet l’impression d’être dans un trip sous acide lorsqu’il commence à nous décrire les différents types de personnes qu’il coiffe généralement. Avec ces allées et venues de caméra, ces contre-plongées inutiles et totalement inadéquates à la musique, Ponnelle nous présente un personnage qui nous fait assez peur… au lieu de nous rassurer.

Heureusement, la fin est plus apaisante et permet de nous donner une vision de Figaro plus calme, serein et  passionné, fier de ce qu’il est. J’essayerai plus tard de vous montrer une autre scène réalisée par Ponnelle beaucoup mieux que celle-ci. Reste l’interprétation de l’air qui est parfaite, malgré un play-back trop flagrant. 

Au moins, je vous aurai montré aujourd’hui la difficulté d’entreprendre un Opéra filmé !

 

Air « Madamina, il catalogo è questo », Don Giovanni – Mozart

2

Poster le : 22-01-2009 | Par : Edouard | dans : Articles récents, Opéra

L’air de Leporello est un classique de chez classique.

Ce dernier est en fait le serviteur de Don Giovanni, un séducteur qui charme toutes les femmes jusqu’à les jeter après avoir abusé d’elles. Voulant gravir les échelons sociaux et ne plus avoir à suivre partout son maître et être pris pour un moins que rien, Leporello imite tant bien que mal son modèle et semble être prêt à tout pour lui faire plaisir.

Dans cette fameuse scène, ce dernier montre à Donna Elvira une ancienne conquête de Don Giovanni souhaitant se venger de lui, un catalogue qu’il a spécialement écrit et où sont notées toutes les conquêtes de son maître : qu’elles soient jeunes, vieilles, belles, moches, brunes ou blondes et provenant de l’Espagne à la France, en passant par La Turquie et jusqu’en Allemagne.

L’air est scindé en deux parties.

Alors que dans la première partie, Leporello est fier de montrer son catalogue et de se moquer de Donna Elvira d’un ton comique, la deuxième est toute différente car son objectif est maintenant de la blesser profondément jusqu’à lui toucher le coeur afin de le briser. La dernière phrase en est la preuve même lorsqu’il dit et répète : « voi sapete quel che fa » ou en français : « vous qui savez qu’est-ce qu’il fait ». Et l’on se doute bien de ce qu’il fait avec toutes ses conquêtes féminines !

La scène d’aujourd’hui provient d’un enregistrement réalisé au MET à New York et dirigé par James Levine, l’un des plus grands chefs d’orchestre d’aujourd’hui, aimant particulièrement Mozart. On verra donc dans cette production, un Leporello plutôt joueur et ayant un côté assez sadique, heureux en fin de compte de faire du mal à une pauvre âme blessée. Ce n’est pas la meilleure mise en scène pour moi. Je considère que l’espace n’est pas assez mis à profit et que le jeu des acteurs est trop classique. De même, Leporello n’insiste pas assez sur les mots dans la deuxième partie pouvant rendre ainsi ce moment encore plus difficile si l’on se met à la place de la victime.

Bon air !

Air Viens Mallika, Lakmé – Delibes

1

Poster le : 28-12-2008 | Par : Edouard | dans : Articles récents, Opéra

Attention : l’air qui suit commence vraiment à 1min15 sec. 

Ici non plus, je n’ai jamais vu l’Opéra mais qu’est-ce que j’ai pu entendre cet air tout aussi magique que les autres, envoûtant et qui provoque à chaque écoute attentive une larme coulant le long de la joue.

Voici une courte présentation de l’oeuvre provenant de Wikipedia :

Ce drame hindou se passe en Inde où la religion et le mysticisme font partie de la vie de tous les jours. Il est interdit d’entrer dans le temple d’un brahmane, Nilakantha, père de Lakmé. Celle-ci va être séduite par l’arrivée d’un officier britannique Gérald.

Pour ceux qui souhaite en avoir un plus complet, je les invite à visiter cette page qui résume très bien chacun des actes :

 

http://membres.lycos.fr/andros/o/lakme.htm

 

L’enregistrement considéré comme le meilleur à ce jour est sans doute celui réalisé par Natalie Dessay et Michel Plasson, avec l’orchestre du Capitole de Toulouse, qui leur a valu une Victoire de la musique classique en 1999. C’est en effet un exemple de perfection et de subtilité.

Cependant, l’extrait que je vous montre aujourd’hui est chanté par notre ami entendu précédemment Joan Sutherland. Dans cette captation de l’Opéra, un décor typiquement indien est planté sur scène et les chanteuses toutes deux habillées en superbe tenue locale.

On regrettera l’absence de mouvement de caméra qui se contente de zoomer une première fois sur elles et de les suivre par la suite. On sera en revanche vraiment envoûté par ce chant dont je vous donne les paroles après la vidéo.

Bon air !

 

Sous le dôme épais, où le blanc jasmin
À la rose s’assemble
Sur la rive en fleurs, riant au matin
Viens, descendons ensemble.

Doucement glissons de son flot charmant
Suivons le courant fuyant
Dans l’onde frémissante
D’une main nonchalante
Viens, gagnons le bord,
Où la source dort
Et l’oiseau, l’oiseau chante.

Mais, je ne sais quelle crainte subite,
S’empare de moi,
Quand mon père va seul
A leur ville maudite
Je tremble, je tremble d’effroi !
Pour que le dieu Ganesa le protége
Jusqu’à l’étang ou s’ébattent joyeux
Les cygnes aux ailes de neige
Allons cueillir les lotus bleus
Ou, près des cygnes aux ailes de neige
Allons cueillir les lotus bleus.

Sous le dôme épais
Où le blanc jasmin,
Ah ! descendons
Ensemble !
Sous le dôme épais
Où le blanc jasmin
À la rose s’assemble
Sur la rive en fleurs
Riant au matin
Viens, descendons ensemble.

Doucement glissons de son flot charmant,
Suivons le courant fuyant
Dans l’onde frémissante
D’une main nonchalante
Viens, gagnons le bord
Où la source dort et
L’oiseau, l’oiseau chante.

Sous le dôme épais
Où le blanc jasmin,
Ah ! descendons
Ensemble !

Les publicités pour les parfums Jean-Paul Gaultier sur l’air de Casta Diva de Bellini

0

Poster le : 20-12-2008 | Par : Edouard | dans : Articles récents, Opéra

Cet article a pour but de remontrer et rassembler toutes les magnifiques pubs des parfums Jean-Paul Gaultier utilisant l’air somptueux de Casta Diva tiré de l’ Opéra Norma de Bellini et dont vous pouvez écouter l’air dans la rubrique « Airs d’Opéra ».

Quel souvenir j’ai de ces pubs si sensuelles et si érotiques, magnifiquement mises en lumière (un rappel au film de Fassbinder…?) et superbement réalisées. Je ne saurais dire laquelle est la plus belle mais je vous laisse les (re)-découvrir.

N’hésitez pas à choisir votre favorite ! Bonnes projos ! La plus sensuelle : La plus masculine : La plus érotique : La plus esthétique :

Air Casta Diva, Norma – Bellini

4

Poster le : 20-12-2008 | Par : Edouard | dans : Articles récents, Opéra

Deuxième dans le classement des plus beaux airs d’Opéra : l’air de Casta Diva tiré de l’Opéra Norma de Bellini. Je n’ai malheureusement encore jamais écouté cet Opéra en entier mais on a obligatoirement déjà écouté cet air dans sa vie, ne serait-ce par la fameuse pub de Jean-Paul Gaultier pour ses parfums.

Voici l’histoire de cet Opéra qui semble vraiment être magique :

Le livret de La Norma

L’action se passe en Gaule Transalpine occupée par les Romains, vers l’an 50 av. J.-C. Fille du grand prêtre Oroveso, Norma a secrètement épousé le proconsul romain Pollione qui lui a donné deux enfants. Celui-ci la délaisse maintenant pour Adalgisa. Ulcérée par cet abandon, Norma veut se suicider et confier ses enfants à Adalgisa. Emue, celle-ci renonce à épouser Pollione. Mais voici que le proconsul essaie d’enlever Adalgisa. Prisonnier des Gaulois, il est condamné à mort. Norma, après avoir avoué le reniement de ses voeux de prêtresse, rejoint Pollione sur le bûcher.

 

Et voici une légère description de cet air magique :

Techniquement, la partie vocale de l’Opéra exige des interprètes rompus à l’art du chant, surtout l’héroïne, soprano aux aigus puissants se conjuguant avec les teintes sombres d’une mezzo. Aucune musique n’est aussi purement mélodique que celle de Bellini, son lyrisme semble couler naturellement d’une source inépuisable très pure. Mais le bel canto épouse toujours le texte dans un juste équilibre entre musique et théâtre.


L’air d’entrée de Norma, Casta diva, est l’exemple le plus célèbre de cet art. Durant le prélude, le chant éperdu de la flûte s’élève sur un accompagnement élégiaque des cordes. C’est un moment exceptionnel, où le temps se trouve comme suspendu. Suspendu pour l’adoration de la lune dans la forêt sacrée, mais suspendu aussi en raison de l’hésitation de Norma entre les Gaulois et les Romains.

Je vous laisse maintenant (re)découvrir cet air chanté par une très grande Soprano : Mme Joan Sutherland. 

Bonne projo !

 

Air de la Reine de la nuit – « La Flûte enchantée » de Mozart

1

Poster le : 15-12-2008 | Par : Edouard | dans : Opéra

Le principe est simple : je vous propose par le biais d’un extrait vidéo d’Opéra filmé de découvrir ou d’apprécier les airs d’Opéra les plus connus.

Ceci nous donnera l’occasion de décrire une mise en scène, de voir comment sont filmés ces scènes mais avant tout d’apprécier ces moments magiques et de vous faire partager mon autre passion pour l’Opéra.

Pour commencer, c’est très simple. J’ai décidé de prendre le dernier CD créé par Radio Classique intitulé  » Les élections de l’Opéra » qui a été composé en fonction des airs d’Opéra préférés des français.

Air numéro 1 donc, celui de la Reine de la nuit dans la flûte enchantée. Il serait trop long de vous raconter cette histoire basée sur les thèmes de la franc-maçonnerie mais vous trouverez ci-dessous l’air chanté par notre nationale Nathalie Dessay, toujours remarquable et talentueuse. Cette vidéo est suivie d’une petite description musicale.

Bon air !

 

 

 la description de l’Opéra sur Wikipédia :

http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Flûte_enchantée