Le temps d’un week-end était l’un de mes films préférés étant jeune. En l’ayant revu hier soir sur Arte, je trouve toujours autant Al Pacino impressionnant, mais j’ai été un peu déçu tout de même par les trop bons sentiments que la musique véhicule ainsi que par certaines situations.
Il faut dire qu’entre temps, j’ai découvert le film original Italien : Parfum de Femme de Dino Risi avec l’incroyable Vittorio Gassman et que je conseille aussi à tout le monde.
Réalisé en 1992 (et plus long que la première version), ce remake est resté connu pour deux scènes essentielles montrant le talent fou de l’acteur américain.
C’est ce que j’ai souhaité vous montrer aujourd’hui avec tout d’abord la fameuse scène de tango :
Outre la performance de l’acteur américain qui parle d’elle-même, insistons sur la manière dont cette scène musicale est filmée. Située dans un restaurant connu et réputé de New York, le colonel Slade décide d’inviter une magnifique jeune fille, seule à sa table, à danser un tango avec lui, devant les yeux incrédules d’un jeune garçon employé pour lui tenir compagnie. Le premier plan nous montre en plan américain la préparation de ce couple avec l’homme rassurant la jeune femme, novice en Tango. La musique commence avec cette première douce partie. Un champs-contre-champs est alterné entre les deux danseurs, un plan d’ensemble de chaque côté et enfin, un plan sur le jeune garçon abasourdi par leur prestation. Puis la musique prend toute son importance, plan plus large : passage direct au rythme de la musique. On n’oublie pas que la jeune fille n’est pas familière avec cette danse, ce pour quoi on la voit rire en plan rapproché. Suivent toujours le même plan sur le jeune homme et deux plans d’ensemble qui se font face afin de voir toute la scène. Retour au plan rapproché avec un léger travelling vertical afin de voir les fameux jeux de jambes, typique mouvement du Tango. Retour au plan normal mais avec cette fois-ci les acteurs qui se rapprochent de la caméra, insistant sur le côté aveugle de l’acteur et toujours le rire gêné de la jeune fille, et bien sûr du jeune garçon (belle innocence…). Ainsi sera conçue la scène par la suite, avec cette très belle fin, filmée en deux plans (un rapproché et un éloigné) où l’on verra la jeune fille passer sa jambe derrière la cuisse du Colonel. Rien à dire : cette scène est très bien filmée au rythme et son de la musique.
La deuxième scène est plus parlante puisqu’il s’agit du discours de fin que prononce Al Pacino afin d’innocenter son nouveau poulain, accusé de cacher le noms de ceux qui ont monté un plan contre leur proviseur :
Nous alternons ici les plans entre cinq personnages majeurs : Al Pacino avec Chris O’Donnell, le proviseur James Rebhorn, Philip Seymour Hoffman (tout jeune et « maigre ») avec son père, les trois jeunes vrais accusés et l’audience. On ne regarde qu’une seule chose : Al Pacino.




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