Un jour / Une scène: « Fight Club » de David Fincher – 1999

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Poster le : 15-04-2009 | Par : Edouard | dans : Articles récents, Un jour / Une scène

Et nous arrivons donc au film le plus connu et le plus controversé de David Fincher : Fight Club.

Avec du recul, on peut aujourd’hui affirmer que ce film est celui de la fin du siècle. Sorti en 1999, il pose un regard critique sur notre société par le biais de la violence gratuite, d’un personnage imaginaire qui pourrait être dans la mémoire de chacun, et qui vient tout bousculer, sorte de petit diable au coin de la tête.

Tyler Durden semble apparaître à tous comme l’homme parfait, comme celui que nous voudrions tous incarner : beau, charismatique, bien bâti, parfait en tout point de vue. Que l’on soit moche, gros, maigre, laid ou défiguré, peut importe, il sera toujours là pour nous faire oublier les mauvaises pensées et aller de l’avant. Mais par quels moyens au juste ? Tout d’abord par le combat. Quoi de plus viril et de plus libérateur que de se soulager en frappant quelqu’un que l’on ne connaît pas ? Comment devenir un vandale en se détachant progressivement de la société pour la détruire de l’intérieur en effectuant des petites missions ayant pour but d’effrayer la population ?

C’est ce que nous explique Brad Pitt dans cet extrait qui résume le message que souhaite apporter ce long-métrage :


(la vidéo ci-dessous est (malheur) en français car je ne l’ai pas trouvé en anglais, la fox ayant supprimée l’extrait original qui était sur You Tube…)

Plusieurs éléments auxquels il faut faire attention ici. Ecoutons bien les propos que Tyler nous tient car en s’adressant à ce nouveau club, il nous livre aussi son message. A savoir celui de l’anti-capitalisme. Il y évoque les effets néfastes de la publicité, de notre travail que nous détestons, des choses que l’on achète, inutiles et sans but… et tout cela pour finir sur une phrase clef :

« Our great war is a spiritual war, our great depression is our lives »

« Notre grande guerre est la guerre spirituelle, notre grande dépression est nos vies. »

Au début de son discours, il affirme surtout être en présence des personnes les plus intelligentes qui existent sur terre. Et si on regarde bien le physique des figurants, on comprend le paradoxe. Car ceux qui rejoignent ce club sont avant tout des personnes que l’on ne remarque jamais dans la rue, qui semblent n’avoir aucune vie et qui justement représentent parfaitement ce genre d’individus aliénés par la télévision. Nous avons des maigres timides, des employés de bureau au noeud de cravate défait et au visages anéanti, ainsi que des jeunes aux cheveux longs et quelques noirs captivés par leur modèle.

Comment mettre alors en image ce passage des plus importants et permettre ainsi au spectateur d’écouter attentivement ces mots et y adhérer ? On remarquera en premier lieu la marque chétive du réalisateur qui sont ces couleurs chaudes, mélange de blanc, jaune et orange provenant des vieilles lumières situées, encore une fois, dans une cave d’un  vieil immeuble semblant être laissée à l’abandon. L’objectif étant d’être fixé sur le discours prononcé par le personnage, nous allons donc le suivre tout autour du groupe. Remarquons le premier plan de face et son attitude. Déjà, le ras le bol se fait sentir avec ce lâché violent de cigarette, cette main qui essuie son visage, signe généralement de désespoir, et qui passe derrière la nuque. Il parle alors des individus du groupe, ce pour quoi nous passons à un plan d’ensemble, insistant sur la grande attention que portent ces derniers. Puis nous revenons sur lui, toujours en travelling, et le suivons cette fois de dos, avec la caméra passant derrière quelques figurants et se terminant sur lui, en légère contre-plongée, permettant de voir ces lumières dont nous parlions avant (est-il un saint venu d’ailleurs ?). Une pause dans son discours, histoire de nous faire réfléchir et de poser la caméra sur lui… et nous repartons. Pour nous arrêter de nouveau et entendre la fameuse phrase citée plus haut. Pour terminer, et ainsi faire monter la pression d’un cran, la caméra va s’approcher encore plus de lui et va se poser sur ses lèvres prononçant ces derniers mots : « and we are very very pissed off ». Murmure de la foule : nouveau plan d’ensemble. Ca y est, il est arrivé à faire passer son message et semble prêt pour présenter les règles de son club, sous le regard de son ami, seule personne ayant déjà pris conscience de ce mode de vie.

Je vous invite à regarder la scène qui suit qui est aussi excellente, mais dans un autre genre. Bien qu’elle soit en relation direct avec ce que nous venons de voir, elle permet à Tyler de mettre en pratique la théorie qu’il vient de détailler. En se laissant frapper violemment par ce chef de gang italien, symbolisant peut-être ce qu’il vient de dire, il souhaite montrer à ses membres que peu importe que l’on se fasse maltraiter ou pas, il faut prendre le mal par le mal et prendre du recul. Comme ce qu’il fait avec ce rire médisant et ironique. Pour résumer : être anormal pour devenir normal.

Un jour / Une scène: « The Game » de David Fincher – 1997

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Poster le : 25-02-2009 | Par : Edouard | dans : Articles récents, Un jour / Une scène

Vous connaissez Nicholas Von Orton ? Si vous avez vu The Game, vous devez certainement en avoir déjà entendu parlé puisqu’il s’agit du personnage joué par Michael Douglas dans le film de David Fincher

On aura beau poser le pour et le contre, ce film reste excellent. Il faut dire qu’il a comme atout d’avoir un très très très bon scénario et, of course, un très bon réalisateur. Il vous faut simplement rentrer dans le jeu pour l’apprécier :)

J’ose même dire qu’il peut se ranger à côté de certains films d’Hitchock, tant le suspense est à son comble durant toute la durée du film et à sa façon de rendre hommage au réalisateur britannique (Sueurs Froides par exemple…).

Je suis récemment retombé dessus et je trouve qu’il n’a pas pris une ride depuis sa sortie en 1997.

En parlant de ça, avez-vous vu comme la plupart des films des années 90 restent toujours d’actualité alors que nous sommes en 2009 ?? Je veux dire, regardez un film des années 70 ou un autre des années 80… Dès les premières minutes vous pouvez déjà avoir une idée de la date à laquelle il a été tourné ! Tandis que ceux des années 90 restent dans leurs majeures parties contemporains ! Et cette observation est confirmée quand je regarde les films dont j’ai déjà parlé sur Cinedouard.com

 

Bon, après ce petit constat, retournons à The Game et regardons ensemble une scène de ce long-métrage que nous commenterons par la suite. Il s’agit du moment ou Nicholas trouve devant chez lui un pantin rempli de mystères et que sa télévision va commencer à lui parler !

Bonne projo !

 

Le plan commence par un très léger travelling sur un phare qui nous illumine, comme les lampes des fusils braqués sur nous dans Se7en. Puis, nous apercevons Michael Douglas qui se rapproche doucement de son pare-brise, l’air suspicieux comme s’il venait d’ apercevoir quelque chose. La caméra est alors en plan fixe et en plongée, lui est sur le côté droit, sur le côté gauche réside le reflet de branches d’arbres soufflées par le vent. Ecoutez à ce moment là la musique et ces quelques notes de piano que l’on retrouve tout au long du film, accentuant le suspense mais faisant aussi écho à son enfance comme on le voit par des flash-back d’images brèves de sa jeunesse. Ici, ils sont montrés très rapidement, toujours filmés en 16 mm en nous dévoilant ce qui semble être un mort (le père du protagoniste en fait…). Retour sur Douglas qui, par un léger mouvement de tête, se décide à aller voir ce qui se passe. On peut ici faire un parallèle avec L’étrange histoire de Benjamin Button lorsqu’apparaîssent les images du veille homme se faisant frapper par la foudre, avec toujours ce recours aux vieilles images et aux négatifs.

Plan suivant : il sort doucement de sa voiture et nous passons à ce que nous pensions peut-être être un plan fixe mais qui est en fait un travelling horizontal et vertical puisqu’il se termine en plongée. Grâce à ce procédé, nous découvrons un corps par terre, semblant être dans la même position que son père mort que nous avons vu précédemment dans le flash-back (écho quand tu nous tiens !).

On aura compris que Fincher aime les travelling et quelque part les mises en scènes classiques tout en apportant sa dose d’originalité. Regardons de plus près les plans suivants :

La caméra est maintenant proche de la voiture et suit doucement (mais sûrement !) le geste de Douglas qui s’ accroupit doucement pour voir de plus prêt de quoi il s’agit. Nous sommes maintenant face à lui avec une autre caméra en contre-plongée mais cependant décalé de ce qui semble être un homme mort. Et là justement, l’effet de surprise arrive : il s’agit d’un pantin ! Nouvelle contre-plongée sur Douglas mais cette fois comme si la caméra était placée à la place des yeux de la poupée ! Court regard de l’acteur : plan d’ensemble coupé entre la scène et la demeure du personnage, montrant ainsi sa solitude et accentuant sa situation.

Déjà intrigué par ce qu’il se passe, le spectateur est soudainement alerté par l’arrivée violente de l’acteur dans sa maison (le plan commence directement par ce bruit de porte cognant le mur), tout comme il peut ressentir une certaine peur face à ce plan dans le noir et filmé en plongée mais de manière symétrique avec la porte d’entrée. L’intrigue commence à se mettre en place. Pour le plan suivant, de nouveau, un geste violent attire l’attention lorsqu’il pose le pantin sur la chaise. Quelque chose sort de la bouche de la poupée : nouvel élément de l’enquête accentué par les quelques notes de piano ! Coupe sur Douglas,  quelque chose semble être bloqué et enfin : focal rapproché qui nous fait découvrir… une clef ! Et quelle clef puisqu’on y voit clairement écrit CRS, soit la société que le héros a rencontrée peu avant.

 

Il serait long de décrire la suite mais remarquez à nouveau la lumière, toujours la même : chaude, jaune-orangée. Remarquez les meubles, toujours bien carrés, en lien direct avec les années 50, remarquez les plans symétriques qui baignent certaines scènes. Enfin, faites bien attention au dernier plan qui, comme celui de la première séquence, montre le lieu de façon global et permet encore une fois de poser l’énigme et d’intensifier le suspense… 

 

Après ce film, David Fincher a réalisé l’un de ses meilleurs films, unique en son genre et d’une originalité hors norme, ainsi que d’une violence rare : Fight Club, qui sera notre prochain sujet pour Un jour / Une scène

 

 

 

 

Un jour / Une scène: « Se7en » de David Fincher – 1996

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Poster le : 22-02-2009 | Par : Edouard | dans : Articles récents, Un jour / Une scène

La gourmandise, l’avarice, la paresse, l’envie, la colère, l’orgueil, la luxure. Voici les 7 péchés capitaux, revus par David Fincher mais surtout par son scénariste que l’on ne félicitera jamais assez pour son histoire si  captivante et si réfléchie : Andrew Kevin Walker.

Aujourd’hui donc, l’oeuvre phare de notre réalisateur, Se7en, qui lui a permis de se révéler au monde entier et qui nous a permis de découvrir son incroyable talent de metteur en scène.

Cette fois, je me souviens très bien d’être allé voir ce long-métrage dans le plus beau cinéma de Paris à l’époque qui a bercé toute mon enfance et qui malheureusement a fermé ses portes le 25 juin 2002 : le Gaumont Kinopanorama.

Le film est sorti le 31 janvier 1996. Pour parler de ce film, j’ai choisi la scène de votre péché favori  : La Paresse :

Très facilement, on reconnaîtra le style Fincher dans cette séquence. Avec toujours présents : ce côté sombre, ces portes carrées, ces escaliers en bois et en colimaçon, la ville de New York un jour de pluie, ces personnages marginaux et taraudés, cette lumière et cette brume qui remplissent chaque pièce et ces immeubles des années 50 décomposés.

Rien que la première séquence est superbement orchestrée. On commence par une vision d’ensemble de l’immeuble, par son angle, pour voir arriver en trombe les voitures de polices typiquement New Yorkaises. Deuxième plan rapproché sur les phares des voitures et les étincelles d’eau qu’elles provoquent dues à la pluie. Une autre voiture de police arrive en trombe avant de freiner fortement et qui nous est montrée derrière des barreaux avec un léger travelling, comme si nous étions nous-mêmes prisonniers de la situation, rendant ainsi la scène encore plus oppressante.

Deux caméras baignent le film comme on peut souvent le voir dans les scènes d’actions et comme on l’a déjà vu dans Munich par exemple. Il s’agit d’un mélange en plan fixe, souvent général, et une caméra embarquée, comme celle où l’on voit les policiers sortir un par un du camion, afin d’accentuer le côté documentaire et ainsi nous faire participer à leur aventure.

Retour sur la caméra rapprochée où l’on voit sortir les deux détectives de la voiture, marchant d’un pas plus calme que le reste des personnages présents. Retour sur la caméra barreau-travelling pour insister sur l’immeuble qui est bien encerclé. Enfin, entrée des forces spéciales, encore une fois un par un et que l’on suit directement dans l’immeuble en train de grimper les étages, et que l’on voit de dos et en contre-plongée. Re-coupe dehors où Brad Pitt pénètre à son tour dedans. Re-coupe sur les forces spéciales, cette fois de face arrivant en haut de l’escalier. Et enfin re-coupe sur Morgan Freeman qui sera le dernier à rentrer à l’intérieur. Il faut y voir ici une parfaite symétrie, accentuant ainsi le binôme que forment nos amis détectives.

Les choses sérieuses commencent maintenant, une fois que nous sommes au coeur de l’action. Pour être moins long, on remarquera donc les éléments fétiches de Fincher et toujours si bien filmés comme ce travelling vertical nous faisant découvrir l’escalier en bois et en colimaçon qui semble sans fin et où baigne une lumière casi-mystique (on pense à Panic Room), ou encore l’état des couloirs délavés et sales comme il faut (on pense à Fight Club).

La partie immersion rapide dans l’antre de l’enfer est terminée, les forces spéciales arrivent maintenant à ce qui semble être le dernier étage. Ils se préparent (comme nous) à trouver ce qu’ils recherchent. On peux y voir un plan d’ensemble du couloir filmant leur arrivée, suivi directement d’un plan rapproché où leurs fusils sont plus ou moins braqués sur nous, et un retour au plan d’ensemble.

On remarquera à nouveau un élément central des décors, qui est l’aspect de la porte ainsi que des chiffres inscrits dessus, toujours écrits dans la même forme (regarder dans Benjamin Button par exemple !).

Les plans que l’on retiendra par la suite seront : cette entrée violente des forces spéciales brisant les portes à coups de pieds, la caméra embarquée que l’on retrouve cette fois derrière les détectives nous permettant de découvrir le lieu avec eux, et enfin et surtout, ce lent travelling arrière en légère contre-plongée où les policiers braquent carrément leurs fusils et leurs lumières sur nous. La chambre est ensuite bien filmée dans son ensemble grâce à son placement sur le côté droit, au fond et en plongée. Puis, retour sur le même travelling qu’avant, face au lit mais pour découvrir cette fois un mot inscrit au mur : La Paresse (belle symétrie encore ici).

Bref, un chef d’oeuvre du genre.

Un jour / Une scène: « Alien 3″ de David Fincher – 1992

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Poster le : 19-02-2009 | Par : Edouard | dans : Articles récents, Un jour / Une scène

Le film a aujourd’hui 17 ans. J’avais lors de sa sortie 8 ans. Vous imaginez donc bien que je ne l’ai pas vu au cinéma… mais lors de sa sortie VHS à l’âge de 9 ans. Je me souviens de mettre fait avec un ami une soirée Alien et que j’en étais sorti totalement perdu mais surtout avec une frayeur indescriptible (mais tout de même pas autant que celle avec les Freddy qui, pour le coup, m’ont vraiment traumatisé à cause de mon gentil frère qui avait acheté son masque et sa griffe et qui s’amusait à me faire peur…).

BREF, tout cela pour dire que je ne l’ai pas revu depuis et ne m’en souviens pas tellement. Excepté cette scène d’aujourd’hui qui est, comme par hasard, la seule que je trouve sur le net et qui est malheureusement doublée en français…

Pour en revenir à David Fincher, ce film a tout d’abord été une commande après qu’il ait réalisé certains clips et publicités, ce qui ne lui permit malheureusement pas d’avoir le fameux Final Cut et donc d’avoir la maîtrise totale de son film. Il en sortira marqué par sa relation violente avec les dirigeants du studio ayant produit le film et qui décidait de tout.

Cependant, on peut légèrement reconnaitre un aspect de son style dans cette scène. Mais regardons là tout d’abord :

 

Que remarquez-vous en premier lieu si vous connaissez l’oeuvre du réalisateur ? Pour moi, il s’agit de la photo. Toujours cette image jaune/orangée, chaude, prenante et inquiétante et si cinématographique. Mais attardons-nous plus sur les différents plans :

Dans la première partie, un médecin administre à Ripley un produit dont je ne rappelle pas la contenance juste avant que ce dernier se fasse attraper par l’Alien. Le suspense est double ici. D’une part, un stress est créé avec cette seringue (c’est connu, tout le monde en a peur) et un autre arrive abruptement lorsque l’on voit apparaître en deux secondes une forme bien connue. Plusieurs plans différents ici : une contre-plongée sur le médecin, un plongé sur Ripley, en montrant le bras de cette dernière et un dernier montrant la seringue. Puis arrive la bête : succession de plans : tout d’abord sur un infirme effrayé, puis sur Riplay comprenant ce qui va arriver et enfin le médecin sentant la présence et surpris. Il est intéressant de voir cette succession qui se rapproche à chaque fois du visage des personnages : passant d’un plan presque américain à un plan rapproché ; à noter un ralentissement lorsque le médecin bouscule le plateau et que son contenu tombe doucement (permettant d’accentuer l’action, belle oxymore).

Vient ensuite certainement le moment le plus connu du film où l’Alien s’approche de Sigourney Weaver et la renifle « tendrement » : deux plans rapprochés pour cela : un de côté et l’autre de face, montrant ainsi bien les deux « protagonistes ». 

Dans la deuxième partie, nous avons  droit à deux types de travellings. Le premier très rapide et que l’on retrouve souvent au long du film utilisant il me semble un focal bien spécifique agrandissant ainsi l’espace et le deuxième allant doucement et suivant le commandant. Outre la vitesse, le premier n’utilise qu’un plan entrecoupé avec le deuxième où l’on suit ce dernier de face (contre-plongée), de dos (son beau crâne comme dans Le 5ème élément de Luc Besson) et enfin de côté. On remarquera d’ailleurs que tous les acteurs sont filmés en contre-plongée. Arrive enfin Riplay (la caméra effectue un rapide travelling de côté), la caméra filmant, le commandant accentue sa contre-plongée, et là… c’est le drame !

 

On vient donc de voir décrite une parfaite scène d’action parmi tant qu’autres. Il est vrai qu’il est difficile de distinguer le style de Fincher malgré peut-être, encore une fois, cette couleur et ces travellings que l’on reverra quand même par la suite dans son oeuvre.

« L’étrange histoire de Benjamin Button » de David Fincher – 2009

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Poster le : 19-02-2009 | Par : Edouard | dans : Nouveaux Films

Mais qu’est-ce qui se passe dans la tête d’un vrai critique pour que pratiquement toute la profession encense autant ce film ? Il est vrai que je l’ai aussi trouvé très beau et impressionnant pour ces effets de motion capture mais contrairement à ce que j’ai pu lire, Fincher tombe plusieurs fois dans le romantisme exagéré, et où les images et les personnages deviennent trop lisses par moments. Tout semble trop parfait en fait. Brad Pitt ne semble pas vraiment jouer mais plane et se contente juste de décrire ce qu’il a fait sans vraiment de conviction. Les ressemblances avec Forrest Gump sont assez surprenantes (c’est le même scénariste) et la musique trop présente (trop de violoncelles…).

Ce qu’à l’inverse, j’ai apprécié dans ce film réside plus dans son histoire disons globale : sur les questions qu’il pose sur la vie et la mort, la mélancolie, le temps qui passe et où l’on voit disparaître ses proches les uns après les autres. Une histoire d’amour où la mort plane toujours, il est vrai que c’est ce qui semble être le secret de ces grandes histoires et de ces grands succès (Roméo et Juliette, Titanic, Autant en emporte le vent…). Quant à la mise en scène, elle est sobre et académique mais magnifiée par ces couleurs rajoutées dues aux effets numériques. 

J’ai par ailleurs trouvé que David Fincher emploie pas mal de plans que l’on a déjà vus dans le cinéma de Paul Thomas Anderson, avec ces travellings assez lents, non centrés et ces quelques plans fixes (on pense à There Will Be Blood) ou encore ces quelques anecdotes sur une voix-off (on pense à Magnolia). Enfin, et même si le film garde tout de même toute son originalité, on ne peut s’empêcher de trouver un mélange de Scorsese, Minelli, Sirk j’en passe et des meilleurs dans cette oeuvre qui se veut donc un hommage à ce grand cinéma Hollywoodien.  

On retiendra de L’Etrange histoire de Benjamin Button, un film original dans son approche (nouveaux effets numériques) mais où le scénario manque réellement de rebondissements et de vrai fil rouge (assez prévisible quand on y repense, et plutôt long). 

 

En bonus, voici une courte vidéo expliquant comment le visage et le corps de Brad Pitt ont pu paraître si vieux grâce aux effets spéciaux numériques. Rien à dire… cela a dû être énormément de travail et pour un résultat bien impressionnant !

 


Un Jour / Une scène: « Les clips vidéos » de David Fincher

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Poster le : 16-02-2009 | Par : Edouard | dans : Articles récents, Un jour / Une scène

Après les films publicitaires, David Fincher a commencé à réaliser plusieurs clips vidéos pour des artistes très renommés tels que Michael Jackson ou encore Madonna

Comme nous allons le voir ci-dessous, c’est ici que l’univers de notre réalisateur se manifeste le plus. On verra par exemple son goût pour les ruelles étroites et inquiétantes, souvent humides et où il vient de pleuvoir mais aussi son intérêt pour situer ses actions dans des villes comme New York ou San Francisco, mais le plus souvent tout de même sur la Côte Est des Etats-Unis.

Mais assez parlé et commençons maintenant avec son premier clip :

 

Reconnue mondialement, la chanson de Sting English man in New York est un vrai lancement pour David Fincher. Réaliser ce premier clip avec un tel musicien devait certainement être un grand challenge et un immense plaisir à faire. C’est ici d’ailleurs qu’il commence certainement à rendre hommage à sa ville qui est New York. Rien que la première scène est évidente. Avec ces quelques points sonores au début du clip, Fincher change la donne en remplaçant les fameux chiffres ronds 4,3,2,1 d’une bobine par des images de sa ville, faisant ainsi écho au générique de Panic Room. Commençant par une succession de plans bien cadrés de New York, le réalisateur a recours au noir et blanc certainement pour nous rappeler les images des années 50 et les fameux joueurs de saxophone. Il est aussi intéressant de voir le parallèle fait entre le chanteur et cette vieille dame, certainement elle aussi anglaise et aussi perdue que Sting, malaise bien accentué par ce passage où la batterie s’impose face aux autres instruments et où l’on voit à nouveau une succession de scènes de New York, mais cette fois totalement décousues et rapides.

 

 

Après un clip pour Madonna (désolé, je ne l’ai pas trouvé sur la toile), David Fincher rencontre Michael Jackson et réalise pour lui le clip de sa musique Who is it ? 

 

Et c’est par ce clip que l’on reconnaîtra le plus le fameux style Fincher. Mais comment pouvons-nous le reconnaître spécifiquement ? Il suffit de regarder deux chose différentes. En premier lieu la couleur et la lumière. Il utilise en effet deux couleurs distinctes que l’on reconnaît dans chacun de ses films : tout d’abord ce jaune assez chaud surplombant les buildings et cette couleur froide qui est le bleu, que l’on trouve toujours associé à des lumières blanches éblouissant l’écran ou passant à travers les personnages. 

Il y a énormément de relation entre ce clip et le reste des films de David Fincher. De par les couleurs, on vient de le voir, mais avec son hommage qu’il rend à chaque fois aux années 50. Tous les décors que l’on trouve généralement dans ses films nous ramènent à ces années d’après-guerre : que cela soit un large appartement, une porte bien carrée, un aspect particulier d’un immeuble, un bois marron que l’on retrouve souvent et enfin les lunettes Ray-Ban et les chapeaux des personnages.

Viennent ensuite d’autres passages : Micheal Jackson qui regarde la ville devant une baie vitrée (Fight Club au début et à la fin du film), l’homme qui jette les multiples cartes de visite qui s’envolent à cause du vent (Panic Room lorsque Forest Whitaker lâche les billets de banque) ou encore ces plans en contre-plongée où l’on ne voit que l’ombre noir des personnages et certains détails comme un imperméable marron clair par exemple (écho à celui de Brad Pitt dans Seven).

 

 

Vient maintenant un des films que je n’aime pas tellement et qui est celui fait pour les Rolling Stones sur leur musique Love is strong :

 

Ici encore, hommage à sa ville New York, ce qui vient nous confirmer qu’il est l’un des réalisateurs les plus talentueux pour filmer cette ville magique, en y réussissant par n’importe quel plan ! En revanche, j’aime beaucoup moins ce côté géant, cette suprématie des chanteurs finalement au-dessus de tout. On voit en tout cas ici un autre aspect de Fincher qui est son goût pour les effets spéciaux et ses plans originaux. Très critiqué au début de sa carrière pour justement son envie de casser les barrières académiques et d’avoir recours à une réalisation brillante et inventive, je trouve justement que c’est à cela que l’on reconnaît son talent et sa magie. La preuve de cela est que Zodiac a été réalisé de façon très classique, sans trop d’effets visuels, et qu’il a été encensé par la critique alors qu’il s’agit pour moi de son long-métrage le plus long et sans vraiment d’intérêt. 

 

 

Avec Judith du groupe A Perfect Circle, Fincher va très loin dans ses différents plans et a toujours recours à cette lumière jaune et chaude très cinématographique, avec une caméra centrée par moment sur un contre-jour, provoqué par une lumière lointaine (on pense beaucoup au clair-obscur) :

Ce clip se rapproche énormément de Fight Club. Cela en rapport avec ces morceaux de bobines que l’on voit à l’écran, cette caméra subissant comme des électro-chocs, ce lieu désaffecté comme celui de la maison de Tyler dans le long-métrage ou cette façon de filmer leur tête et leur buste. La musique est décousue, le film l’est aussi. Et on peut facilement le voir par cette pluralité des plans mais aussi l’importance qu’il porte aux instruments, plus qu’aux chanteurs en tout cas on en a l’impression.

 

Pour terminer, voici un de ses clips les plus récents, confirmant bien que David Fincher est un réalisateur avant-gardiste, grâce au recours du numérique et de ce qu’il en tire pour créer un certain esthétisme :

Beaucoup de références encore ici mais plus cette fois centrées sur les effets numériques. On pensera donc au générique de Fight Club, au long plan-séquence présentant la maison et la parcourant de haut en bas dans Panic Room ou encore dans Zodiac quand on voit apparaître à l’écran les feuilles du dossier d’investigation tout en voyant les enquêteurs à l’écran.

 

Nous venons donc de voir une petite sélection des clips réalisés par David Fincher, démontrant bien à quel point il peut-être brillant et surtout à quel point il peut être considéré aujourd’hui comme l’un des plus grands réalisateurs. Nous allons maintenant parler de chacun de ses films, en essayant de voir leurs points communs mais aussi leurs différences.

Un jour / Une scène: « Les films publicitaires » de David Fincher

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Poster le : 10-02-2009 | Par : Edouard | dans : Articles récents, Un jour / Une scène

Il faut dissocier deux aspects différents dans l’oeuvre de David Fincher. Il y a d’abord ses clips, puis ses longs-métrages. Il faut dire qu’il a été formé à bonne école en travaillant pendant 4 ans chez George Lucas au sein d’ Industrial, Light and Magic avant de commercer à réaliser des publicités, essentiellement pour la marque Nike.

Et c’est par là que nous allons commencer sa rétrospective en vous montrant ses early works, ce qui nous permettra de mieux cerner son oeuvre par la suite. Avant cela, vous trouverez ci-dessous, une petite biographie du réalisateur, prise du site Allociné :

 

Biographie

Dès l’âge de huit ans, David Fincher réalise de nombreux films dans le cadre familial. Passionné par le travail de George Lucas, il intègre dix ans plus tard la société d’effets spéciaux de son modèle, Industrial, Light and Magic. Durant ces quatre années passées chez ILM, Fincher travaille ainsi sur les effets spéciaux du Retour du Jedi, d’Indiana Jones et le Temple maudit ou de L’ Histoire sans fin.

Fort de cet acquis, il se spécialise ensuite dans la réalisation de publicités et de clips musicaux, créant sa propre société de production, Propaganda Films. Son travail pour la marque Nike et pour des artistes comme Madonna, Aerosmith ou les Rolling Stones l’impose vite comme un jeune surdoué de l’image.

A 29 ans, David Fincher s’engage avec la Fox pour signer son premier long métrage, Alien3, troisième volet de la saga fantastique emmenée par Sigourney Weaver. Le résultat, très sombre et virtuose, n’empêche pas le studio de brider le jeune cinéaste qui gardera un souvenir amer de cette expérience. Déterminé à acquérir au plus vite une vraie liberté d’action, Fincher fait équipe en 1994 avec une petite société de production indépendante de l’époque, New Line Cinema, pour réaliser le thriller Seven.

Basé autour des sept pêchés capitaux, il devient instantanément un classique du film de serial-killer. Mettant en vedette Brad Pitt et Morgan Freeman, il pose un regard désespéré et très sombre sur la société.

Après le choc Seven, David Fincher prend tout le monde à contre-pied en réalisant, deux ans plus tard, The Game. Avec ce Thriller manipulateur porté par Michael Douglas, qui ne remporte pas le même succès critique et public, le cinéaste creuse un peu plus une oeuvre désenchantée sur le monde contemporain.

Il s’attaque ensuite en 1999 à la réalisation de Fight club. Adapation d’un roman de Chuck Palahniuk, le film, sulfureux et très vite culte, ne laisse personne indifférent. Pour l’occasion, Fincher retrouve Brad Pitt et confie à Edward Norton le rôle principal.

Visiblement désireux de ne pas se replonger dans une oeuvre aussi polémique, David Fincher réalise en 2002 Panic roomthriller très classique en forme de huis-clos dans lequel évoluent notamment Jodie Foster et Forest Whitaker.

Après une parenthèse de cinq ans marquée par la réalisation de clips et l’avortement de son M : i : III (pour divergences artistiques avec Tom Cruise), David Fincher revient sur le devant de la scène en 2007 avec l’ambitieux thriller Zodiac, qui revient sur les agissements d’un des plus célèbres tueurs de l’Histoire des Etats-Unis.

Il enchaîne immédiatement avec la réalisation du film fantastique L’Etrange histoire de Benjamin Button, qui marque sa troisième collaboration avec Brad Pitt.

 

Et maintenant, venons en à l’aspect visuel et regardons ensemble une petite sélection de ses premières publicités :

 

Pub pour Nike - Instant Karma

 

Pub Coca-Cola Japonaise – Blade Roller

 

LevisThe Chase – 1996

 

 

NikeFate

 

Plus récentes : Xselibri

 

Encore plus récentes : Stand Up to Cancer

Un jour / Une scène: « Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal » de Steven Spielberg – 2008

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Poster le : 09-02-2009 | Par : Edouard | dans : Articles récents, Un jour / Une scène

Avec une petite absence de quelques jours (je vous prie de bien vouloir m’en excuser…), me revoilà pour vous parler du dernier film de notre super ami maintenant, le très cher Steven Spielberg.

Et malheureusement, ce n’est pas pour en dire du bien car admettons le, ce dernier Indiana Jones était assez décevant, même très décevant avec du recul. 

On retiendra peut-être la performance d’ Harrison Ford qu’on ne regrette pas de retrouver dans son rôle d’aventurier et qui a plutôt l’air de s’être amusé en le tournant. On peut d’ailleurs dire que toute l’équipe a eu l’air de prendre du plaisir à tourner ce quatrième épisode. Mais bon, étions-nous  obligés de lui coller un fils au fesse ! Oui, si on veut que la saga continue et pour que les studios gagnent encore plus d’argent !

Aujourd’hui je ne vous propose pas de scène mais plutôt son making-of où l’on pourra d’abord voir la bande-annonce du film puis comprendre la genèse du film et son tournage.

Ici se termine la rétrospective consacrée à Steven Spielberg. J’espère que cela vous a plus de (re)découvrir certaines scènes de ses films ou d’en avoir un peu plus appris sur son travail et ses thèmes de prédilection. 

A partir de demain, nous commencerons la rétrospective d’un autre très très grand réalisateur ; certainement le plus inventif et le plus dynamique d’aujourd’hui et qui n’est autre que David Fincher !

Mais en attendant… place au Making-Of de Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal !

Bonne projo !