Festival de Cannes 2011 – 11, 12 et 13 mai

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Poster le : 30-05-2011 | Par : Edouard | dans : Articles récents

Le Festival de Cannes est enfin lancé. Après la présentation du Woody Allen en guise d’ouverture, la compétition peut commencer. De son côté, le marché du film bat son plein, la Semaine de la Critique et la Quinzaine s’ouvrent en beauté et les rencontres fusent. Récit.

L’avantage du Festival de Cannes ne réside pas seulement dans la possibilité de voir les films en avant-première mais aussi dans d’éventuelles rencontres à la fois improbables et inattendues. Depuis mardi dernier, nous avons ainsi eu la chance de rencontrer des profils divers et variés que tout différencie sauf leur rapport commun au Septième Art. Nous y reviendrons. Pour l’heure, parlons des films déjà présentés.

11 et 12 mai

En haut de l’affiche, il y a bien entendu le dernier Woody Allen, Midnight in Paris, dont tout le monde a déjà parlé. Complet à la séance de 19h, il nous a fallu nous rabattre sur celle de 23h qui permettait de voir un vrai public majoritairement peuplé de jeunes spectateurs à défaut de voir une pléthore de stars. Bonne ambiance donc pour cette première séance dans l’immense Salle Lumière remplie à ras-bord. Le film, qui sort en même temps dans toute la France, propose une version carte postale de Paris et met un certain temps avant de rééllement prendre son envol. Il est le symbole d’un festival qui ouvre ses portes à la légèreté et au burlesque comme le prouve aussi le film La Fée de qui a inauguré La Quinzaine des réalisateurs et La guerre est déclarée de Valérie Donzellià la Semaine de la Critique, pratiquement crédité de meilleur film depuis le début de la manifestation.



13 mai

Au Festival de Cannes, il vous faut savoir jongler avec les séances mais surtout vous lever le plus tôt possible pour découvrir les films et rester éveillé. La première séance de 8h30 est pourtant loin d’être la plus désagréable et peut s’avérer au contraire la meilleure. Elle captive d’autant plus l’attention que la dernière séance de 22h, lorsqu’on a déjà découvert trois autres films dans la journée.

C’est ainsi que l’on a découvert le dernier film de Nanni Moretti, Habemus papam, comédie dramatique italienne dans laquelle Michel Piccoli incarne un nouveau pape en plein doute existentiel. L’acteur, aujourd’hui octogénaire, est d’une belle sincérité et d’une douce simplicité. On prend ainsi un grand plaisir à voir ses déambulations dans une Rome qu’il redécouvre avec des yeux enfantins. Avec ce chassé-croisé, Moretti se perd parfois dans son récit avec des séquences ne servant pas sa narration tout comme son personnage de psychologue athée. Mais l’originalité de son sujet et la polémique qu’il peut susciter réussit à sauver son film.

Après cette légèreté italienne, le ton change avec la découverte du dernier film de Maiween, Polisse. L’appréhension était de mise avec ce nouveau long-métrage qui suit pendant un an la brigade des mineures dans un commissariat de Belleville. Il faut pourtant l’avouer : le film est une surprise. Bien qu’il soit scénaristiquement brouillon et répétitif (on passe d’une affaire sensible à une autre en un coup d’éclair), il marque par la dureté de son propos qui n’est autre que la triste réalité de la vie. Certaines scènes et plusieurs face-à-face entre des acteurs habités captivent (on pense à celui entre Karin Viar et Marina Fois). Malgré tout, on a le sentiment d’assister quelque part à un film entre potes et on se demande s’il n’était pas mieux d’offrir ces rôles à des acteurs non professionnels. L’impact aurait certainement été plus fort si Maiwenn avait décidé en amont de supprimer son propre rôle, cliché à souhait.

Midi

Un autre exercice passionnant : les rencontres que vous faites au fur et à mesure du festival. Que cela soit au sein du marché du film, dans les files d’attente ou lorsque vous déjeunez à côté d’autres festivaliers, une symbiose se crée facilement et les discussions cinématographiques fusent.

Au gré de vos déambulations, vous parlez par exemple avec Dider Allouche, journaliste de Canal+ qui couvre la montée des marches pour la chaine TV Festival, Michel Reilhac, directeur du cinéma chez Arte qui vous propose de monter les marches avec lui, Nathalie Chesnel, directeur du Programme MEDIA de l’Union Européenne qui vous invite dans son pavillon etc.

Mais les vraies rencontres, celles qui vous procurent le plus de plaisir et de simplicité, se font avec des personnes qui découvrent tout comme vous, pour la première fois, le Festival de Cannes. Cela passe de la mère d’une jeune réalisatrice québécoise qui garde ses petits-enfants pendant que sa fille présente son film jusqu’à un jeune réalisateur à moitié allemand et moitié colombien qui lui présente, à La Quinzaine des réalisateurs, son premier court-métrage sur le milieu underground des drag queens à Cuba.

Après-midi

Depuis le début du Festival, la femme est à l’honneur. Que cela soit derrière la caméra ou devant l’écran, elles sont au centre d’histoires aussi tragiques que dramatiques et ne se montrent pas forcément dans leur meilleur jour. Tel est le cas de Tilda Swinton dans le dérangeant We need to talk about Kevin de Lynne Ramsay qui revient, à son tour, sur les tueries dans les collèges aux Etats-Unis. Le film révèle Ezra Miller, un jeune acteur en herbe fascinant et à qui on prédit (et on espère) une grande carrière. Son interprétation dans le film Afterschoolen 2008 était déjà un avant-goût de son talent pour instaurer un climat effrayant de par son regard pénétrant qui peut aussi bien vous faire froid dans le dos que vous donner de la sympathie.

On peut en dire de même de la jeune Clémence Poésy dans le nouveau film de Philippe Ramos, Jeanne captive, qui aborde les derniers jours de la pucelle Jeanne d’Arc. Sous ses allures de téléfilm pour France Télévision, une atmosphère symbolique religieuse ressort par de belles images rappelant les films de Terrence Malick. Entre ce film, celui de Woody Allen et celui de Maiwnen, on regrette pourtant que ces cinéastes aient recours à des guest stars le temps de petites séquences qui plombent le film plus qu’ils ne le portent.

Soir

Sortir le soir à Cannes est un jonglage permanent. Les soirées fusent, la Croisette se déchaine et il vous faut des invitations pour aller partout. C’est d’ailleurs cela qui est fascinant dans cette ville : s’arrêter un moment et se dire que dans un espace aussi petit il se passe autant de fantaisies.

Vous passez donc de soirée en soirée en croisant sur votre passage moult stars qui semblent jouer le même jeu que vous et souvent dans le même état de sobriété que vous. Dernière soirée en date, la soirée au Pavillon Américain qui a été l’occasion d’entendre mixer le réalisateur John Cameron Mitchell au côté de Jonathan Caouette et de parler à Ezra Miller et John C. Reilly en tout simplicité. C’est aussi ça Cannes, des rencontres improbables dans un univers de fauves et de caméléons qui ont soif de vie. Affaire à suivre.

Edouard Brane

« Tournée » – Mathieu Amalric – Artistes à la dérive

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Poster le : 31-07-2010 | Par : Edouard | dans : Articles récents, Nouveaux Films

Il y a beaucoup de ressemblances entre Tournée de Mathieu Amalric et Mammuth de Gustave Kervern et Benoît Delépine. En premier lieu, les deux œuvres nous montrent un constat triste et affligeant de deux ratés en perte de vitesse fracassante et se démenant pour continuer à aller de l’avant. De l’autre, le recours à une caméra à l’épaule tout aussi descriptive que suggestive. En ressort pour Tournée, une œuvre intimiste, prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes et hommage au grand producteur Paolo Branco.

Mammuth sorti en avril 2010 est un film à part dans le paysage cinématographique tout comme Tournée de Mathieu Amalric. Dans le premier, Gerard Depardieu chevauche sa moto Münch 4 et traverse le paysage français à la recherche d’anciens certificats de travail tandis que Mathieur Amalric part à la recherche d’une salle de spectacle pour sa troupe d’actrices. Outres le road-movie comme point de corrélation, deux séquences se font échos l’une et l’autre à travers ces deux longs-métrages. La première pour le film de Kervern et Delépine offre un plan-séquence particulièrement réussit. On y voit un Depardieu obèse, assit dans un restaurant, dos à la caméra et faisant face à trois hommes dinant seul à leur table ; trois VRP éloignés de chez eux vivant une vie de chien. Moment aussi tragique que pathétique, les quatres hommes fondent tour à tour en larmes après que l’un d’eux ait reçu un coup de téléphone de chez lui. Dans Tournée, le message est le même : un autre VRP vendant des prologiciels traine comme un vautour dans les hôtels à la recherche de petites aventures déprimantes. Sauf qu’à la place de pleurer, il éprouvera du mal à accomplir sa tache sexuelle avec l’une des showgirls, Mimi le meaux. Deux constats saisissants d’un monde porté par des loosers dans un monde de solitaires.

Les autres séquences qui se font écho sont d’un autre acabit. Dans Mammuth, Depardieu fait ses courses dans un Super U et tombe sur un vendeur de jambon aigri avec qui il aura quelques mots.

Dans Tournée, Amalric fait lui aussi ses courses dans un supermarché et tombe sur une caissière prête à tout pour quitter son emploi et sa vie de merde.

A l’inverse, c’est cette dernière qui insultera le personnage de Joachim trop égoïste pour s’occuper des autres. En sens opposé, les deux œuvres porte le même désir : celui de prendre comme protagonistes des paumés comme on en voit souvent au cinéma qui se démènent tant bien que mal pour survivre. C’est le cas de l’ancien producteur et maintenant impressario Joachim Zand faisant bouger ciel et terre pour continuer un métier coriace et imprévisible où l’on ne se fait pas que des amis. Entouré de professionnels qui lui intentent des procès jusqu’au cou, sa seule option fut de partir de France pour aller dénicher au fin fond des Etats-Unis une troupe de Showgirls spécialiste du New Burlesque. Sa relation avec l’une de ses membres aussi perdue que lui sera le point de passage obligée pour retrouver goût à la vie et aller de l’avant.

Tournée est un très beau portrait d’une troupe de danseuses américaines entourée par un impresario au bout du rouleau. Une œuvre sincère et malgré tout optimiste.

Semaine de la critique – La séléction en vidéo

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Poster le : 23-04-2010 | Par : Edouard | dans : Non classé

Le rôle de La Semaine de la Critique est de découvrir de nouveaux jeunes talents en proposant des premiers films ambitieux et frappants. C’est à nouveau le cas pour cette 49ème édition qui offrira cette année 7 premiers films en compétition.

Depuis l’année dernière, Jean-Christophe Berjon, délégué général de la manifestation, a pris l’habitude de présenter sa sélection à travers une vidéo commentant les grands axes de sa programmation. À la manière de Jean-Christophe Victor et de son émission « Le dessous des cartes », le délégué général nous invite donc à décrypter géographiquement sa sélection qui semble encore une fois particulièrement alléchante et diversifiée.*

Premier constat : la présence des 5 continents dans la compétition officielle et une place importante accordée aux feel-good movies, marquant ainsi une nette différence avec les éditions précédentes.


3 films français en séances spéciales :

Comme l’année dernière, la soirée d’ouverture sera marquée par la présence d’un film français présenté dans la section Séances Spéciales avec Le nom des gens de Michel Leclerc, une satire politico-social  avec Jacques Gamblin et Sarah Forestier. Cette section sera aussi l’occasion de découvrir le deuxième film du musicien-réalisateur Quentin Dupieux alias Mr Oizo qui avait déjà marqué les esprits avec son premier film Steak et qui présentera l’absurde Rubber dont voici les premières images :

Après La vie d’artiste sorti en 2007, Marc Fitoussi viendra de son côté présenter la comédie dramatique Copacabana avec Isabelle Huppert dont voici un petit reportage.

Les films en compétition :

Au sein de cette compétition, trois films sur sept viendront du continent asiatique. Bedevilled de Jang Cheol So évoquera une histoire de meurtre à la sauce coréenne tandis que le singapourien Boo Junfeng proposera un film intimiste avec Sancastle, l’histoire d’un jeune garçon de 18 ans rentrant dans l’âge adulte. Un film qui semble prometteur à l’image des autres œuvres courtes de ce réalisateur que l’on peut voir sur cette vidéo:

Autre présence majeure, les pays scandinaves seront aussi de la partie avec tout d’abord un documentaire danois, un film de guerre surprenant intitulé Armadillo abordant le sujet grave de la puissance psychologique que peut engendrer la guerre chez l’être humain. Venant de Suède, le film Sound of noise de Ola Simonsson & Johannes Stjärne Nilsson nous réjouira certainement pour son humour noir avec une histoire d’espionnage à la sauce nordique. On peut déjà voir leur court-métrage très musical sur cette vidéo:

La France sera quant à elle représentée par la réalisatrice fémissienne Rebecca Zlotowski avec son film Belle Epine qui ne manquera pas d’intéressé les fan de Léa Seydoux et prenant comme cadre les courses de moto. Pour terminer, notons la présence du seul film américain The myth of the american sleepover de David Robert Mitchell dont on peut déjà voir la bande-annonce : un film indépendant comme on les aime suivant le parcours de quatre jeunes adolescents dans la banlieue de Détroit lors d’une torride nuit d’été.

7 films en compétition, 7 premiers films, 5 continents représentés, 3 séances spéciales, et 5 court-métrages dont 3 d’animations. C’est donc ce que nous propose cette année La Semaine de la Critique qui ne déroge pas à sa règle de découvreur de talent. Une sélection passionnante, particulièrement tournée cette année sur le thème de la jeunesse.

*Pour plus d’informations, voir la vidéo de présentation faite par le délégué général Jean-Christophe Berjon:

Quinzaine des réalisateurs – La sélection en vidéo

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Poster le : 23-04-2010 | Par : Edouard | dans : Articles récents

La Quinzaine des réalisateurs, section parallèle non-compétitive du Festival de Cannes, est cette année marquée par l’arrivée du nouveau délégué général Frédéric Boyer. Tout en suivant la même ligne éditoriale des années précédentes, le cru 2010 est marqué par le nombre important de premiers films issus d’horizons différents et de qualité.

Voir l’interview de Frédéric Boyer sur le site de la Quinzaine à suivre tout le long du festival

Le cinéma est donc bel et bien en crise. Après l’annonce du recul du nombre de films réalisés en 2009 fait lors de la conférence de presse de la compétition officielle du festival de Cannes, le nouveau délégué général Frédéric Boyer a confirmé cette tendance en avouant qu’il y avait moins de films produits, avec des budgets plus pauvres mais reflétant tout de même une grande diversité. À y voir la liste des films sélectionné pour La Quinzaine des réalisateurs, on ne manquera pas d’affirmer que la qualité semble pourtant bien présente heureusement.

Un film d’ouverture tout en musique

Pour l’ouverture de la manifestation, c’est du côté du Congo qu’il faudra se tourner avec la présentation du documentaire français Benda Bilili de Renaud et Florent de la Tullaye. Les réalisateurs français, après avoir posé en 2004 leurs caméras pour le documentaire La Danse de Jupiter, ont cette fois-ci choisi ce  groupe de musique composé de personnes handicapés. Une sorte de Buena Vista Social Club version congolaise ? On peut en attendant leur présence à Cannes écouter un extrait de leur musique ici :

La France bien présente

La France sera comme d’habitude bien présentée avec pas moins de trois films. Le très fémissien Jean-Paul Civeyrac viendra avec son septième film Des filles en noir traitant du mal être de deux jeunes filles de 17 ans issu d’un milieu modeste. Voir l’interview du cinéaste.

Très remarquée par ses courts-métrages déjà présentés à La Quinzaine, la jeune réalisatrice Katell Quillevéré arrivera sur la croisette avec Un poison violent, un film avec Michel Galabru dans l’esprit des films de Maurice Pialat sur le retour d’une jeune fille revenant dans son village natal et confronté à ses doutes religieux et aux problèmes familiaux. Voir la fiche du film.

Notons enfin le film français de clôture de l’actrice-photographe-écrivain-réalisatrice Fabienne Berthaud, Pieds nus sur les limaces avec Ludivine Sagnier et Diane Kruger. Un duo d’actrice qui se fera face dans ce film adapté du propre roman de la cinéaste sur la confrontation entre deux sœurs au tempérament bien différentes. Lire la biographie de Fabienne Berthaud.

Des films de genres

Le cinéma de genre sera aussi à l’honneur cette année avec 4 films dont le film espagnol La Casa Muda de Gustavo Hernandez qui promet de gros frisson et assez unique dans son genre forcément. Imaginez donc un film d’épouvante faisant échos à REC mais filmé en un seul plan-séquence de 72 minutes :

Des films engagés

La politique et les films engagés rempliront bien l’agenda cette année comme à son habitude avec entre autre le film israélien Le Vagabond d’Avishai Sivan. Après l’excellent Eyes Wide Open présenté l’année dernière, il sera à nouveau question de doute et d’errance dans ce film se passant dans le milieu orthodoxe. En voici une première bande-annonce très silencieuse mais tout aussi explicite :

Toujours dans la sélection, on retrouvera un film que Frédéric Boyer sembla porter vraiment à cœur lors de la conférence de presse intitulée Celveland Vs. Wall Street. Un documentaire suisse de Jean-Stephane Bron qui reconstitue avec les vraies victimes un procès entre des Américains expulsés de leurs maisons face aux puissantes banques responsables de ce dommage. Un sujet important pour le cinéaste Suisse qui a déjà suivi le parcours de banquiers en 2009 dans son documentaire Traders. Voir la bande-annonce.

D’autres film tout aussi engagé marqueront certainement aussi les esprits avec pas moins de 5 films parmi lesquels The light thief d’Aktan Arym Kubat venant du Kirghizistan ou encore  La mirada invisible de l’argentin Diego Lerman se situant dans les années 80 et sous fond de dictature : deux réalisateurs déjà habitués de la croisette pour y avoir présenté leur film précédent. L’amérique latine est d’ailleurs représenté avec pas moins de 5 films tandis que l’Europe avec 8 long-métrages et 2 films américains.

Deux films américains et pas des moindres :

On attend avec grande impatience tout d’abord Shit Year tourné en 16 mm, le deuxième film de Cam Archer qui avait réalisé le marquant Wild Tigers I have Know en 2006 tourné en HD, produit par Gus Van Sant, encore inédit en France et dont voici la bande-annonce :

Quitte à faire oublier l’absence de Tree of Live, le réalisateur Alistair Banks Griffin risque de son côté de faire aussi parlé de lui pour son premier film Two Gates of Sleep annoncé comme étant proche des films de Terrence Malick et casi-mué : L’histoire de deux frères entreprenant un voyage afin d’exaucer le dernier vœu de leur mère.

Boe, Garrel, les Stones et Wiseman

Parmi les autres films, on pourra retrouver Everything will be fine du danois Christoffer Boe qui nous avait offert en 2005 l’énigmatique Allegro. Hommage aux films d’Alan J. Pakula tels que Klut et A cause d’un assassinat, il sera ici question d’espionnage dont voici les premières images:

L’acteur-réalisateur Louis Garrel reviendra avec un moyen-métrage Petit tailleur après avoir présenté son ennuyant mais intéressant court-métrage Mes Copains en 2008. On y retrouvera Léa Sédoux interprétant l’amoureuse d’un jeune garçon qui préférera délaisser son père pour vivre au côté de la jeune fille. Un film annoncé comme proche de ceux de son père Philippe Garrel.

Côté Séances Spéciales, cela sera le grand événement puisqu’on annonce que Mike Jagger ou Keith Richards devrait venir pour présenter le court documentaire Stones in exile réalisé par Stephen Kijak. Le fil reviendra sur leur album culte Exile on main street. L’occasion de revoir de belles images d’archives comme celle-ci :

Le film sera présenté au côté du documentaire de Frederik Wiseman Boxing Gym tourné dans un centre sportif à Austin, Texas après son magnifique mais un peu long film consacré à la danse à l’Opéra de Paris et sorti en 2009 dont revoici la bande-annonce:

22 long-métrages retenus cette année parmi lesquelles 11 premiers films concourant aussi pour La Caméra d’Or. Rajouté une sélection de 9 courts-métrages et 2 séances spéciales et vous obtenez une Quinzaine plus qu’alléchante. Quelle impatience !

Reportage: 53ème festival de Cannes – Cérémonie d’ouverture en 2000

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Poster le : 11-05-2009 | Par : Edouard | dans : Non classé

La compétition officielle du 62ème Festival de Cannes

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Poster le : 26-04-2009 | Par : Edouard | dans : Articles récents

Que dire sur cette nouvelle sélection Cannoise ? On est partagé, tout comme semblait l’être Gilles Jacob durant la conférence de presse. Nous offrant un beau discours d’introduction garni de belles citations et de bons sentiments, on ne peut s’empêcher d’y voir un paradoxe avec la liste des films en compétition.

Quand on sait le poids que représente une Palme d’Or pour la carrière d’un artiste et son retentissement dans le monde, on est déçu de ne pas avoir assez de nouveaux talents dans cette sélection et de premiers films. Comme il a déjà été dit, on se tournera donc plus vers les sections parallèles cette année, même si on est très curieux de découvrir les nouvelles œuvres de ces vétérans du Festival. Reste que la majeure partie du public regarde avant tout la compétition officielle et qu’à ce titre, elle joue un rôle majeur à travers le monde.

 

Jetons maintenant un aperçu sur ce qui nous attire, tout d’abord au niveau de la compétition officielle :

Grand fan des derniers films de Marco Bellocchio, nous attendons avec grande impatience son dernier fils Vincere (Vaincre), sur le fils illégitime de Mussolini dont voici la bande-annonce et qui a l’air passionnant :

 

 

Park Chan-Wook est un autre de nos réalisateurs préférés et on ne répétera jamais assez qu’il est le vrai vainqueur de la Palme D’or 2004, pitoyablement donnée à Michael Moore pour des raisons politiques. Le cinéma et l’art passe avant tout ! Même si son dernier film Je suis un Cyborg nous avait laissé dubitatif, son entrée dans le cinéma de genre et fantastique ne peut qu’être, on en est sûr, impressionnant : la preuve en image avec la bande-annonce de Thirst (Soif) :

 

Jane Campion, que nous n’avions pas vu depuis In the cut et qui dans mes souvenirs n’était pas un grand film nous revient avec un film d’époque, Bright Star, dont voici les premières photos :

http://www.brightstar-lefilm.com/presse/

Jacques Audiard avec Un Prophète. Les oeuvres de ce réalisateur sont dignes des plus grands et son dernier film mérite donc d’être amplement dans la liste des films en compétition. On peut y voir les premières photos sur ce site :

http://www.ugcdistribution.fr/

Michael Haneke avait surpris en réalisant un remake de son propre film Funny Game. On peut aimer ou détester son Cinéma. Reste que son oeuvre est l’ une des plus originale et qu’il aime déranger. L’histoire de son dernier film, Le Ruban Blanc, laisse en tout cas entendre que ce réalisateur nous invite à nouveau dans un monde étrange et certainement malsain. La première photo :

http://www.filmsdulosange.fr/fr_prochain.rubanblanc.php

Difficile de suivre les films de Ang Lee tant il aborde à chaque fois des genres différents et surprend à chaque fois. Son dernier film Taking Woodstock s’annonce dans la même lignée mais semble plus ressembler à un film de divertissement, peut-être la surprise du festival ? En voici la bande-annonce :

 

On avait bien aimé le film de Elia Suleiman présenté à Cannes en 2002 Intervention Divine pour son côté mystique et métaphorique. Son nouveau film, Le Temps qu’il reste, s’annonce-t-il dans le même genre ? Grand suspense vu le peu d’informations qu’il y a sur le net. En voici le synopsis :

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=136355.html

Johnny To avec Vengeance qui est quand même un film assez improbable avec Johnny Haliday et qui peut soit nous impressionner… soit nous décevoir. On parie quand même sur la première option quand on voit la bande-annonce !

 

Enfin, Alain Resnais, le vétéran du festival (quand ce n’est pas Manoel de Oliveira) qui n’est pas venu au festival depuis 30 ans. Les sélectionneurs ont-ils eu de la peine pour lui…? On le verra très rapidement avec son prochain film Les Herbes Folles : 

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=132036.html

 

On peut diviser le reste de la compétition en deux avec les auteurs que l’on connaît peu et les autres. Dans la première catégorie, citons :

- Fish Tank de Andrea Arnold, réalisatrice qui avait impressionné avec son premier film : Red Road dont revoici la bande-annonce. Aura-t-elle recours au même procédé cette année ?

- Map of the sounds of Toxyo de l’espagnol Isabel Coixet, qui nous avait profondément ennuyés avec son film The Secret life of words.

- Kinatay de Brillante Mendoza, qui avait déjà dérangé avec Serbis, que l’on a pu voir récemment sur les écrans français.

 

Pour terminer, nous ne nous attarderons pas sur le reste des films de la compétition tant nous en entendrons parler durant le Festival. De plus, nous ne sommes pas fan des films présentés cette année de certains réalisateurs comme Xavier Giannoli qui n’a pas réalisé un seul grand film (http://www.alorigine-lefilm.com/), de Gaspard Noé qui aime choquer facilement et inutilement (http://www.soudainlevide.com/presse/), de Ken Loach qui souhaite faire du buzz en faisant tourner Cantona, de Tarantino qui revisite la seconde guerre mondiale à sa manière, de Trier qui va encore marquer les esprits ou encore Almodovar qui nous revient, paraît-il, peu en forme.

 

Looking for Eric

 

Inglorious Basterds

 

AntiChrist

 

Etreintes Brisées

 

 

En regardant la liste finale, on a l’impression qu’il s’agit en fait d’un gros lancement marketing des nouveaux films de ces réalisateurs qui avaient pour la plupart déçu le public avec leurs derniers longs-métrages.  On espère en tout cas (tout comme Isabelle Hupper et son jury) être agréablement surpris par cette compétition. 

 

 

Questions au public :

Une compétition juste et équilibrée ? Un scandale et beaucoup de bruit pour rien ? Comment voyiez-vous cette séléction ?

Bande-Annonce: « J’ai tué ma mère » – Xavier Dolan

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Poster le : 21-04-2009 | Par : Edouard | dans : Non classé

« Une famille brésilienne » de Walter Salles et Daniela Thomas – 2009

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Poster le : 10-03-2009 | Par : Edouard | dans : Nouveaux Films

Le journal La Croix (dont je ne suis pas lecteur) nous a proposé ce soir une grande soirée en partenariat avec le cinéma Le Balzac (dont je suis membre). Il s’agissait de voir en avant-première le dernier film de Walter Salles, Une Famille Brésilienne, suivi d’un débat avec le réalisateur lui-même ! 

J’aurai donc croisé le chemin de ce grand metteur en scène deux fois pour l’instant. La première rencontre se fit à Paris, rue champollion, en sortant d’un des cinémas de la rue. En reprenant mes esprits du film que je venais de voir, je tombe soudainement en face de lui et en profite pour le féliciter pour sa carrière… et lui demander qu’est-ce qu’il lui a pris de faire un film comme Dark Water aux Etats-Unis. Et il m’a très intelligemment dit qu’il fallait bien essayer cette expérience un jour ou l’autre… et gagner sa vie ! Résultat : je n’ai pas vu le film et je ne sais pas s’il était bien ou pas. Reste qu’il ne s’agira pas de ce long-métrage lorsqu’on évoquera ses oeuvres mais plus des masterpieces comme Central do Brazil en tête de liste, Carnet de Voyage ou encore Avril Brisée

Et justement… parmi toutes ses réalisations, quelle place vient prendre son dernier opus dans sa filmographie déjà impressionnante ? On peut affirmer qu’il s’agit d’un film en continuité avec ses thèmes fétiches liés à la vie difficile des habitants de ce magnifique pays qui est le Brésil. L’action se situe ici à Sao Paulo, dans la périphérie de la ville, où nous suivons le destin d’une mère et de ses quatre enfants, chacun à la recherche d’une figure paternelle, d’une reconnaissance d’existence et d’une affirmation de soi. L’un est un coursier volage, le suivant un évangéliste fasciné par Dieu et Jésus, un autre en passe de devenir un joueur de football professionnel et enfin le plus jeune qui passe son temps à fuir sa maison afin d’essayer d’être au plus proche de son père, conducteur de bus.

La caméra de Walter Salles est proche du documentaire, une autre de ses grandes spécialités. Quelque peu semblable à ses autres oeuvres, le film met assez longtemps à démarrer et l’on peut trouver une certaine longueur avec ce suivi de personnages dont on attend d’un moment à l’autre, un élément qui va tout faire basculer. Beaucoup de signes nous le prédisent d’ailleurs tout au long du film, permettant ainsi de créer une certaine angoisse ou tout du moins une inquiétude pour ces jeunes garçons sans repères, marginaux et enclins à une grande solitude. Tout cela est d’ailleurs très bien accentué par une musique douce et assez hypnotique qui vient bousculer les bruits courants de la vie quotidienne (procédé, certes, relativement connu mais bien mis en avant ici). 

Il faut aussi rappeler que l’actrice principale du film (Sandra Corvelloni) a gagné le prix d’interprétation féminine lors du dernier festival de Cannes. Que l’on partage cet avis ou pas, on ne peut qu’apprécier son jeu de mère prête à tout pour ses enfants, devant être, comme elle le dit très bien, à la fois la mère et le père au foyer. 

On se laissera donc emporté petit à petit par ce film optimiste (« en avant…. en avant… en avant… ») malgré la situation dans laquelle nous emmène Walter Salles et Daniela Thomas, à savoir celle d’habitants pauvres de la périphérie d’une grande métropole brésilienne, prêts à tout pour pouvoir continuer à vivre et à espérer.

 

Ce qui a été pour le coup extrêmement fascinant et intéressant fut son intervention après le film, dont on peut retrouver certains de ses propos dans la vidéo ci-dessous réalisée durant le dernier festival de Cannes :

 

Enfin, il faut ajouter une chose à tous ces commentaires et dont le réalisateur nous a parlé pendant très longtemps et qui est sa passion pour le Septième Art. Walter Salles a vécu de 6 ans à 14 ans à Paris, avenue de la Grande Armée, dans une famille aisée et un père diplomate. Et c’est dans cette avenue que la magie du Cinéma l’a envahi, en ayant fréquenté deux cinémas qui ont aujourd’hui disparu et qui lui ont permis de découvrir les grands réalisateurs américains et européens. Se sentant prisonnier dans un monde conventionnel qui ne lui convenait pas, c’est à son retour du Brésil qu’il a essayé de comprendre ce qu’ était le vrai monde, par la voie du documentaire et par la suite et jusqu’à ce jour, par le biais de la docu-fiction.

 

Parsemé de citations  plus intéressantes les unes que les autres, on a pu hier soir sentir à quel point ce réalisateur est un homme généreux, intelligent, réfléchi et avant tout passionné et fou du Septième Art.

En cadeau, il nous a d’ailleurs offert le deuxième court-métrage qu’il avait réalisé pour les 60 ans du festival de Cannes, mais qui n’a pas été sélectionné à sa demande et qui n’a été montré que lors d’une seule projection. Il y décrit son amour du Cinéma par le biais de son jeune garçon de quelques mois qu’il vient d’avoir, en se demandant de  quelles images de sa jeunesse il se souviendra plus tard et si la passion l’envahira aussi. Ces quelques minutes ont pour moi été totalement magiques et je crois que je peux le classer comme l’un des plus beaux hommages et l’un des meilleurs courts-métrages que je n’ai jamais vus. Bravo Mr Salles et à très bientôt !

La Frontière de l’aube, de Philippe Garrel – 2008

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Poster le : 21-10-2008 | Par : Edouard | dans : Articles récents, Nouveaux Films

On pourrait dire de ce film que c’est un conte moderne fantastique. On a pu lire dans la presse entre autre que ce film a surtout été sifflé par la plupart des critiques de cinéma. Même si un film peut nous exaspérer et être quelque peu caricatural je pense qu’il est trop facile d’émettre une opinion aussi négative. Soit il s’agira d’un sentiment de haine envers un cinéaste soit qu’ils n’ont quelque part pas compris le propos. On sait que ce film est basé sur des histoires vraies touchant aussi bien les acteurs que le réalisateur, et pour moi ce n’est toujours pas une raison d’avoir une telle réaction pour des personnes s’étant données du mal à réaliser un film.

Mon regard sur ce film est donc mitigé. D’un côté je l’ai bien aimé pour l’interprétation de Louis Garrel qui est toujours parfaite même si il a tendance à jouer tout le temps le même personnage (de ce côté-là on peut se dire que chacun de ses films est une prolongation des sentiments d’un même être humain). Quant à Laura Smet, autant dire que son jeu est assez pitoyable. Je sais qu’elle est passée à travers des moments difficiles et tendus mais je ne suis pas arrivé à croire en sa prestation. Son intonation et sa voix ne marche pas, elle est certes belle à l’écran et dans la vraie vie, je n’y ai pas beaucoup cru.

Quant à la réalisation de Philippe Garrel, il a eu recours au même noir et blanc que dans son précédent film : « les amants réguliers » et j’ai trouvé qu’il était plus justifié dans ce dernier film : étant en deux parties, il est souvent question de mort, de religion et bien entendu d’amour. En parlant de religion, je n’ai pas très bien compris la scène où Louis Garrel est dans un bar en train de parler à un homme qui se considère antisémite et où Louis Garrel se justifie à deux fois pour affirmer sa religion. De ce côté-là, le film est assez confus.

Et puis il faut dire une chose, j’en ai marre des films avec des dialogues pourris. Non vraiment les phrases qui ne veulent rien dire il faut arrêter. Et pourquoi dans ce cinéma français est-on obligé à chaque fois d’ avoir recours à des acteurs dégueulasses, sales, avec une barbe de huit jours même pas taillées, vivant bien sûr sous les toits de Paris, et naturellement ayant une logique communiste décidée à ne pas croire à ce fameux « bonheur bourgeois ».

Long, le film l’est ; ennuyant, il l’est aussi ; intrigant aussi, car on peut se poser beaucoup de questions (pourquoi choisir ces thèmes ? Quels messages réellement faire passer…). En tout cas, ce film est resté dans ma pensée depuis que je l’ai visionné et contrairement à ce que l’on a pu dire, il n’est pas à être détesté à ce point.

Questions aux lecteurs :

Aimez-vous le cinéma de Philippe Garrel ? Aimez-vous Louis Garrel ? Qu’avez-vous pensé de la prestation de Laura Smet ? Quels sentiments ce film vous a-t-il provoqué ?