Revoir la magnifique scène de fin des 400 coups de François Truffaut!
Il y a pratiquement tout son cinéma dans cette scène : la jeunesse, la liberté, l’innocence et la pureté. Manque l’amour, le romantisme et la gaucherie du personnage préféré du réalisateur (alter-ego), Antoine Doinel, génialement interprété par Jean-Pierre Léaud. Incroyable que le destin de cet acteur qui, en rencontrant Truffaut et en tournant dans ses films, trouvera très jeune sa vocation d’acteur qui l’emmènera à la rencontre des plus grands réalisateurs.
Pourquoi ce film Les 400 coups, et plus particulièrement cette scène, est-il aussi symbolique de la Nouvelle Vague ? En fait, on s’y méprend beaucoup. Ce qui a surtout marqué les spectateurs à l’époque fut le destin de ce jeune garçon, détesté de tous, semblant perdu d’avance et luttant pour survivre dans un monde fermé et cloisonné. L’innovation de la réalisation fut dans ce refus de filmer de façon académique les intérieurs, les décors, les personnages et les extérieurs. Même si on comprend beaucoup plus ce procédé dans les films de Jean-Luc Godard tels A boût de souffle ou encore Bande à part, on pourra tout de même sentir une envie de changer les codes du cinéma. La preuve en est cette dernière scène qui parle d’elle-même, avec ce jeune garçon courant sans trop savoir où aller, symbole d’une nouvelle génération souhaitant prendre un nouveau souffle et fuir les codes de la bonne société. Proche du néo-réalisme italien avec des films comme Allemagne, année zéro de Rossellini ou Le voleur de bicyclette, de Vittorio de Sica, cet arrêt sur image et ce zoom rapide sur le visage de Doinel symbolisent en eux-mêmes toute la pensée de l’époque (on retrouvera plusieurs fois ce procédé dans le cinéma de François Truffaut). Derniers détails, la musique bien sûr à ne pas oublier et qui apporte toute son énergie et toute l’émotion de ce moment si triste et si beau à la fois.
Bonne projo !




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