« Looking for Eric » de Ken Loach – 2009

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Poster le : 25-05-2009 | Par : Edouard | dans : Articles récents, Nouveaux Films

Alors qu’il nous avait déjà surpris en choisissant une jeune belle blonde comme actrice principale dans son dernier film « It’s a free world », le réalisateur anglais Ken Loach nous revient avec « Looking for Eric », une fraîche comédie dramatique avec Eric Cantona en tête d’affiche.

Le pari était insensé : faire jouer Eric Cantona dans l’un des films de Ken Loach. Grand spécialiste de films sociaux anglais n’ayant jamais peur de dénoncer les travers de sa société et de prendre parti pour certaines causes, Ken Loach est aujourd’hui devenu mondialement connu. La preuve en est avec une Palme d’Or décrochée en 2006 pour son film Le vent se lève. Pas étonnant donc qu’il soit  attendu au tournant avec ce nouveau film qui en impressionnera plus d’un.

Tout son cinéma est là et se reconnaît par ce scénariO : Eric, postier ayant la quarantaine, passionné de football et vivant à Manchester traverse une mauvaise passe. Heureusement pour lui, une rencontre improbable avec sa plus grande idole, Eric Cantona, va lui permettre de reprendre petit à petit goût à la vie.

L’originalité du film ne vient pas de la réalisation qui reste comme d’habitude très simple et se voulant la plus réaliste possible.  On pourra d’ailleurs reprocher au metteur en scène d’adopter une réalisation quelque peu désuète et d’avoir recours à une musique rappelant trop le cinéma des années 80.  Celui qu’il faudrait plutôt féliciter serait d’avantage Paul Laverty, scénariste fétiche du réalisateur depuis 1996.  Car la tâche n’était pas facile et comportait beaucoup de risques. L’habileté des situations permet en effet aux auteurs du film de ne jamais tomber dans le ridicule et d’au contraire nous surprendre agréablement. Cela tient dans le fait que nous ne savons pas très bien si nous sommes dans un film dramatique ou dans une comédie. Même si on lui trouve quelques moments faciles et sans grandes surprises, l’interprétation de Steve Evets ne peut que nous marquer. Ici encore, on retrouvera un personnage typiquement Loachien, à savoir un  laissé-pour-compte totalement paumé et vivant dans une banlieue glauque de Manchester. Mention spéciale aussi à ce merveilleux casting qui l’entoure, avec des anglais plus rouges que jamais buvant comme d’habitude des pintes de bière qui coule à flots dans les pubs, tout en s’injuriant de « fuck », « bloody bastard » et autre belles paroles !

Et Cantona dans tout ça ? Il est, bien entendu, le point central et apporte l’aspect « comique » au long-métrage. En le caricaturant, les auteurs ont voulu rendre hommage à un joueur du foot qui a souvent été assimilé à un Dieu vivant en Angleterre et qui en a fait rêvé plus d’un. Il aura donc fallu attendre qu’il joue son propre rôle pour qu’il puisse nous convaincre de ses qualités d’acteur !

De même, on pourra voir dans cette histoire une ode à tous les fans de foot mais aussi à tous ces sportifs de haut niveau, dont la réussite provient dans cette façon de surprendre le public par des stratégies mûrement réfléchies, comme celle que va adopter le personnage principal.

Dernier détail majeur qui vous donnera encore plus l’envie d’aller voir ce film : vous y verrez pour la première fois des Anglais chanter la marseillaise ! Vous en rêviez, Ken Loach l’a fait !

 

Outre la présence d’Eric Cantona entouré d’un casting parfait d’anglais aussi excellents les uns que les autres, « Looking for Eric » a le mérite d’être un film optimiste et positif, chose qui devenait rare dans le cinéma de Ken Loach. Nous ne pouvons  qu’en être ravis, malgré certaines longueurs. 

Et pour ceux qui n’ont pas eu la chance d’être à Cannes, voici la conférence de presse qui a eu lieu durant le festival !

Bonne projo !

 

La compétition officielle du 62ème Festival de Cannes

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Poster le : 26-04-2009 | Par : Edouard | dans : Articles récents

Que dire sur cette nouvelle sélection Cannoise ? On est partagé, tout comme semblait l’être Gilles Jacob durant la conférence de presse. Nous offrant un beau discours d’introduction garni de belles citations et de bons sentiments, on ne peut s’empêcher d’y voir un paradoxe avec la liste des films en compétition.

Quand on sait le poids que représente une Palme d’Or pour la carrière d’un artiste et son retentissement dans le monde, on est déçu de ne pas avoir assez de nouveaux talents dans cette sélection et de premiers films. Comme il a déjà été dit, on se tournera donc plus vers les sections parallèles cette année, même si on est très curieux de découvrir les nouvelles œuvres de ces vétérans du Festival. Reste que la majeure partie du public regarde avant tout la compétition officielle et qu’à ce titre, elle joue un rôle majeur à travers le monde.

 

Jetons maintenant un aperçu sur ce qui nous attire, tout d’abord au niveau de la compétition officielle :

Grand fan des derniers films de Marco Bellocchio, nous attendons avec grande impatience son dernier fils Vincere (Vaincre), sur le fils illégitime de Mussolini dont voici la bande-annonce et qui a l’air passionnant :

 

 

Park Chan-Wook est un autre de nos réalisateurs préférés et on ne répétera jamais assez qu’il est le vrai vainqueur de la Palme D’or 2004, pitoyablement donnée à Michael Moore pour des raisons politiques. Le cinéma et l’art passe avant tout ! Même si son dernier film Je suis un Cyborg nous avait laissé dubitatif, son entrée dans le cinéma de genre et fantastique ne peut qu’être, on en est sûr, impressionnant : la preuve en image avec la bande-annonce de Thirst (Soif) :

 

Jane Campion, que nous n’avions pas vu depuis In the cut et qui dans mes souvenirs n’était pas un grand film nous revient avec un film d’époque, Bright Star, dont voici les premières photos :

http://www.brightstar-lefilm.com/presse/

Jacques Audiard avec Un Prophète. Les oeuvres de ce réalisateur sont dignes des plus grands et son dernier film mérite donc d’être amplement dans la liste des films en compétition. On peut y voir les premières photos sur ce site :

http://www.ugcdistribution.fr/

Michael Haneke avait surpris en réalisant un remake de son propre film Funny Game. On peut aimer ou détester son Cinéma. Reste que son oeuvre est l’ une des plus originale et qu’il aime déranger. L’histoire de son dernier film, Le Ruban Blanc, laisse en tout cas entendre que ce réalisateur nous invite à nouveau dans un monde étrange et certainement malsain. La première photo :

http://www.filmsdulosange.fr/fr_prochain.rubanblanc.php

Difficile de suivre les films de Ang Lee tant il aborde à chaque fois des genres différents et surprend à chaque fois. Son dernier film Taking Woodstock s’annonce dans la même lignée mais semble plus ressembler à un film de divertissement, peut-être la surprise du festival ? En voici la bande-annonce :

 

On avait bien aimé le film de Elia Suleiman présenté à Cannes en 2002 Intervention Divine pour son côté mystique et métaphorique. Son nouveau film, Le Temps qu’il reste, s’annonce-t-il dans le même genre ? Grand suspense vu le peu d’informations qu’il y a sur le net. En voici le synopsis :

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=136355.html

Johnny To avec Vengeance qui est quand même un film assez improbable avec Johnny Haliday et qui peut soit nous impressionner… soit nous décevoir. On parie quand même sur la première option quand on voit la bande-annonce !

 

Enfin, Alain Resnais, le vétéran du festival (quand ce n’est pas Manoel de Oliveira) qui n’est pas venu au festival depuis 30 ans. Les sélectionneurs ont-ils eu de la peine pour lui…? On le verra très rapidement avec son prochain film Les Herbes Folles : 

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=132036.html

 

On peut diviser le reste de la compétition en deux avec les auteurs que l’on connaît peu et les autres. Dans la première catégorie, citons :

- Fish Tank de Andrea Arnold, réalisatrice qui avait impressionné avec son premier film : Red Road dont revoici la bande-annonce. Aura-t-elle recours au même procédé cette année ?

- Map of the sounds of Toxyo de l’espagnol Isabel Coixet, qui nous avait profondément ennuyés avec son film The Secret life of words.

- Kinatay de Brillante Mendoza, qui avait déjà dérangé avec Serbis, que l’on a pu voir récemment sur les écrans français.

 

Pour terminer, nous ne nous attarderons pas sur le reste des films de la compétition tant nous en entendrons parler durant le Festival. De plus, nous ne sommes pas fan des films présentés cette année de certains réalisateurs comme Xavier Giannoli qui n’a pas réalisé un seul grand film (http://www.alorigine-lefilm.com/), de Gaspard Noé qui aime choquer facilement et inutilement (http://www.soudainlevide.com/presse/), de Ken Loach qui souhaite faire du buzz en faisant tourner Cantona, de Tarantino qui revisite la seconde guerre mondiale à sa manière, de Trier qui va encore marquer les esprits ou encore Almodovar qui nous revient, paraît-il, peu en forme.

 

Looking for Eric

 

Inglorious Basterds

 

AntiChrist

 

Etreintes Brisées

 

 

En regardant la liste finale, on a l’impression qu’il s’agit en fait d’un gros lancement marketing des nouveaux films de ces réalisateurs qui avaient pour la plupart déçu le public avec leurs derniers longs-métrages.  On espère en tout cas (tout comme Isabelle Hupper et son jury) être agréablement surpris par cette compétition. 

 

 

Questions au public :

Une compétition juste et équilibrée ? Un scandale et beaucoup de bruit pour rien ? Comment voyiez-vous cette séléction ?