Christopher Nolan est le nouveau maître du suspens, c’est chose indéniable et Inception est là pour le prouver. Avec cette énigme prenant la forme d’un labyrinthe géant et écrit sur dix ans, il renoue avec un scénario spatio-temporel qui fit sa découverte en 2000 avec Memento. Un premier film alors impressionnant et vraie énigme policière rendant jaloux les fans d’Hitchock.
Le parcours de Christopher Nolan est jusqu’à présent un sans faute. Même si l’on restera dubitatif face à son film Le Prestige qui manquait d’envergure, il a su s’imposer dans le paysage hollywoodien comme une valeur sûr et indispensable. Le seul problème qui se présente à lui aujourd’hui serait cette obligation de suivre les décisions des studios américains pour créer des œuvres avant tout bankable. C’est d’ailleurs ce que l’on reprochera à son dernier film Inception. Malgré la liberté de manœuvre que l’on ressent dans cette œuvre unique et passionnante à travers les marques de fabrique du cinéaste, on ne peut sentir qu’une obligation provenant des studios américains d’incorporer des éléments rendant le film accessible au plus grand nombre au détriment d’un désir de noirceur et de puissance psychologique toutefois perceptible. L’histoire d’amour larmoyante entre Dom et Mall Cobb en est la raison majeure.
Matrix, Blad Runner, Shutter Island, Brazil, Dark City… le film fait référence à beaucoup d’objets cinématographiques mais reste cependant unique grâce à un scénario réfléchi, bien ficelé et sans faille. Comme si Nolan avait retenu la leçon de Jean Gabin lorsqu’il affirmait qu’un bon film nécessité trois éléments indispensable à savoir un scénario, un scénario et un scénario. C’est chose prouvé avec la machine Inception.
Rendons à César, ce qui est à César, Nolan soigne toujours ses castings et a monté une solide équipe sur ce projet, à l’inverse de celle que l’on a vu récemment dans l’adaptation de L’agence tous risques, film d’espionnage raté. Cependant, on préfèrera les seconds rôles aux acteurs principaux avec en tête Cillian Murphy et Joseph Gordon-Lewitt. Si Leonardo DiCaprio jouait les rebelles beau gosses dans sa jeunesse, il continue ici à incarner ce qui devient sa nouvelle marque de fabrique : l’investigateur tourmenté en proie à des hallucinations et des délires phobiques. Après Aviator, Les Infiltrés, Shutter Island et maintenant Inception, cela commence à faire beaucoup… mais on y croit. Marion Cotillard continue son ascension hollywoodienne en en faisant un poil trop et rendant parfois certaines scènes longues et ennuyantes. C’est aussi ce que l’on reprochera à Inception : de prendre trop son temps avant que ne débute l’intrigue principale, qui elle-même met du temps à se terminer (il en faut pour que le camion tombe dans l’eau). Enfin, alors qu’elle est un poids pour certains, la musique de Hans Zimmer est au contraire suffisamment prenante et stressante pour nous faire sautiller de notre siège au bon moment et créer ce fameux suspens.
On préférera ne pas s’attarder sur une explication longue et banale du pourquoi du comment en préférant laisser le spectateur dénicher la sortie de ce labyrinthe par lui-même, quitte à aller revoir le film plusieurs fois en salle. Nul doute que cela aidera à mieux déceler les nœuds du film et en sortir avec une nouvelle explication à chaque fois différente.
Inception ne manquera pas de marquer l’histoire du septième art. On en sort malgré tout légèrement frustré comme si le cinéaste avait voulu en faire un peu trop. Il en résulte au final une œuvre unique en son genre que l’on a envie de chérir et de garder dans sa tête, quitte à en rêver dans son lit.









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