« Inception » – Christopher Nolan – Avis partagé

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Poster le : 21-07-2010 | Par : Edouard | dans : Articles récents, Nouveaux Films

Christopher Nolan est le nouveau maître du suspens, c’est chose indéniable et Inception est là pour le prouver. Avec cette énigme prenant la forme d’un labyrinthe géant et écrit sur dix ans, il renoue avec un scénario spatio-temporel qui fit sa découverte en 2000 avec Memento. Un premier film alors impressionnant et vraie énigme policière rendant jaloux les fans d’Hitchock.

Le parcours de Christopher Nolan est jusqu’à présent un sans faute. Même si l’on restera dubitatif face à son film Le Prestige qui manquait d’envergure, il a su s’imposer dans le paysage hollywoodien comme une valeur sûr et indispensable. Le seul problème qui se présente à lui aujourd’hui serait cette obligation de suivre les décisions des studios américains pour créer des œuvres avant tout bankable. C’est d’ailleurs ce que l’on reprochera à son dernier film Inception. Malgré la liberté de manœuvre que l’on ressent dans cette œuvre unique et passionnante à travers les marques de fabrique du cinéaste, on ne peut sentir qu’une obligation provenant des studios américains d’incorporer des éléments rendant le film accessible au plus grand nombre au détriment d’un désir de noirceur et de puissance psychologique toutefois perceptible. L’histoire d’amour larmoyante entre Dom et Mall Cobb en est la raison majeure.

Matrix, Blad Runner, Shutter Island, Brazil, Dark City… le film fait référence à beaucoup d’objets cinématographiques mais reste cependant unique grâce à un scénario réfléchi, bien ficelé et sans faille. Comme si Nolan avait retenu la leçon de Jean Gabin lorsqu’il affirmait qu’un bon film nécessité trois éléments indispensable à savoir un scénario, un scénario et un scénario. C’est chose prouvé avec la machine Inception.

Rendons à César, ce qui est à César, Nolan soigne toujours ses castings et a monté une solide équipe sur ce projet, à l’inverse de celle que l’on a vu récemment dans l’adaptation de L’agence tous risques, film d’espionnage raté. Cependant, on préfèrera les seconds rôles aux acteurs principaux avec en tête Cillian Murphy et Joseph Gordon-Lewitt. Si Leonardo DiCaprio jouait les rebelles beau gosses dans sa jeunesse, il continue ici à incarner ce qui devient sa nouvelle marque de fabrique : l’investigateur tourmenté en proie à des hallucinations et des délires phobiques. Après Aviator, Les Infiltrés, Shutter Island et maintenant Inception, cela commence à faire beaucoup… mais on y croit. Marion Cotillard continue son ascension hollywoodienne en en faisant un poil trop et rendant parfois certaines scènes longues et ennuyantes. C’est aussi ce que l’on reprochera à Inception : de prendre trop son temps avant que ne débute l’intrigue principale, qui elle-même met du temps à se terminer (il en faut pour que le camion tombe dans l’eau). Enfin, alors qu’elle est un poids pour certains, la musique de Hans Zimmer est au contraire suffisamment prenante et stressante pour nous faire sautiller de notre siège au bon moment et créer ce fameux suspens.

On préférera ne pas s’attarder sur une explication longue et banale du pourquoi du comment en préférant laisser le spectateur dénicher la sortie de ce labyrinthe par lui-même, quitte à aller revoir le film plusieurs fois en salle. Nul doute que cela aidera à mieux déceler les nœuds du film et en sortir avec une nouvelle explication à chaque fois différente.

Inception ne manquera pas de marquer l’histoire du septième art. On en sort malgré tout légèrement frustré comme si le cinéaste avait voulu en faire un peu trop. Il en résulte au final une œuvre unique en son genre que l’on a envie de chérir et de garder dans sa tête, quitte à en rêver dans son lit.

« Les noces rebelles » de Sam Mendes – 2008

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Poster le : 26-01-2009 | Par : Edouard | dans : Nouveaux Films

Sam Mendes réussit un coup de maître avec son nouveau film. Habitué pour critiquer et avoir une vision originale de la banlieue américaine (American Beauty) ou  de l’histoire de ce continent (Les sentiers de la perdition), son dernier film Les Noces Rebelles, pourrait être un mixte de ses deux films précédents.

Le rapprochement fait avec le premier est d’ailleurs assez évident tant l’action se situe pratiquement dans le même décor et que les évènements y sont aussi tragiques (sans cependant tomber cette fois dans le côté satirique et burlesque).

Quant au rapport avec le deuxième, il se situe plus du côté historique et du côté affectif : relation entre un père et son enfant sous fond de guerre des gangs et de crise économique ; relation entre un homme et sa femme dans un monde d’après-guerre à reconstruire.

Mais venons en plus spécifiquement à ce qui fait la force de ce film. Ce qu’il faut notifier avant tout est qu’avec ce long-métrage, Sam Mendes bouscule dans tous les sens le mythe américain et le fameux American Way of Life. Même si le roman dont est tiré le film ne souhaitait pas aller dans ce sens, le film est une critique virulente de la banlieue américaine.

À ce titre, Les Noces Rebelles traitent de deux sujets différents, mais imbriqués l’un dans l’autre. Le premier, on vient de le voir, porte sur cette vie à l’Américaine dans une banlieue éloignée, le deuxième sur la vie d’un couple qui n’arrive pas à communiquer, ou plutôt tente tant bien que mal d’y arriver sans pouvoir trouver une solution puisqu’ils sont en fait prisonniers de ce système.

Sam Mendes bouscule donc tout ici. Ou devrait-on dire son scénariste car la vraie puissance du film provient avant tout de son histoire et surtout de ses dialogues durs, profonds et intelligents. Puis, bien entendu, de la performance des acteurs qui sont exceptionnels ici, seconds rôles inclus.

Ce long-métrage fera date dans l’histoire du cinéma américain car il entrave toutes les règles du cinéma Hollywoodien. Ce film dénonce  avant tout ce mode de vie à l’Américaine qui ne se base que sur les apparences, les non-dits et les ragots. On a pu voir d’ailleurs, depuis American Beauty, plusieurs films et séries dénonçant aussi cette Amérique profonde mais de façon plus satirique, avec, par exemple, Desesperate Housewife (le titre porte bien son nom) ou encore Towelhead, le prochain film d’Alan Ball.

Mais intéressons-nous de plus prêt à la relation entre Leonardo DiCaprio et Kate Winslet. Les réunir à nouveau pour le besoin de cette histoire est une idée géniale. On peut en effet y voir une prolongation de leur histoire d’amour mais avec cependant une certaine retenue. Après tout, nous voyons bien que ce couple se jette l’un sur l’autre  sans vraiment avoir de préoccupation majeure quant à sa destinée. L’instant présent est privilégié, quitte à se voiler la face et à repousser les problèmes, qui vont bien entendu surgir à un moment donné.

Et c’est précisément ce moment qui nous est conté. Nous faisons face à deux êtres totalement perdus, qui semblent basiques sous les apparences mais qui sont en réalité deux humains profonds, réfléchis et ne souhaitant pas se voiler la face, contrairement aux personnes qui les entourent. 

Leur bonne démarche de vouloir résoudre leurs problèmes par le dialogue et  d’essayer d’échapper par n’importe quels moyens à leur vie monotone va en fait causer leur perte. 

Une fois le film finit, on sera tenté de réfléchir sur ce qui n’a pas marché dans leur couple. Est-ce leur vie sans intérêt, le fait d’avoir justement trop profondément discuter jusqu’à ne plus rien avoir à se dire ?

Le titre français est par ailleurs très mauvais, comparé au titre original : Revolutionary Road, faisant référence à la rue où ils habitent. Tout est dit dans le mort Révolutionnaire : cette envie de casser les choses, de les modifier, d’échapper à ce mode de vie fictif, ennuyant et monotone.

Sont-ils pour autant marginaux ? On aura plutôt raison de dire qu’ils sont normaux et dans le vrai, à la différence de leur voisin qui se voile totalement la face ou encore de cet agent immobilier  joué par Kathie Bathes, remplie de préjugés et vivant uniquement dans le paraître. Son fils, diagnostiqué comme ayant des problèmes psychologiques, jouera d’ailleurs un rôle clef dans l’histoire. Considéré comme un marginal, on verra que lui non plus ne souhaite pas se voiler la face et clame haut et fort ce que les personnes pensent tout bas. Les deux scènes où il est présent sont d’ailleurs les plus fortes du film et vous restent en tête longtemps après.

On pourra peut-être regretter une trop grande présence de la musique de Thomas Newman, typique de son style, mais assez répétitive au long du film…

Reste enfin cette dernière image qui, elle aussi, restera gravée dans les mémoires. Ne plus écouter ce qui se dit reste peut-être la meilleure solution afin d’oublier cette vie sans intérêt et monotone. Mais quand on fait un choix, mieux vaut l’assumer.

 

Pour terminer, je vous propose de regarder la bande-annonce des Sentiers de la Perdition et des Noces Rebelles. Peut-être allez vous trouver comme moi que la ressemblance est frappante avec cette musique similaire, ces ralentis exagérés pour accentuer les moments tragiques et enfin ces mouvements de foules où ne ressort que le héros du film (qui semble typique du cinéma de Sam Mendes, venant ne l’oublions pas, d’Angleterre et formé aux mises en scènes shakespearienne).

Bonne projo !

 

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