« Amadis de Gaule » – Jean-Chrétien Bach – Opéra Comique

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Poster le : 04-01-2012 | Par : Edouard | dans : Opéra

Après quelques travaux, l’Opéra-Comique débute enfin sa saison en se tournant vers le préclassicisme avec Amadis de Gaule de Jean-Chrétien Bach. Une belle leçon d’histoire pour une œuvre qui méritait de revoir le jour.

Article à retrouver sur le site Artistikrezo.com

Amadis de Gaule de Jean-Chrétien Bach s’apparente à un cours d’histoire consacré à la Musique. Il faut dire que l’œuvre appartient au courant préclassique situé entre le genre baroque et le genre classique. Si l’héritage d’un Gluck se fait sentir par son discours musical continu, il rappelle et annonce à la fois les œuvres de Lully, Haendel, Charpentier, Gretry et naturellement Mozart. Pris en sandwich entre deux styles qui ont été sur le devant de la scène ces dernières années, Amadis de Gaule symbolise le renouveau d’un courant musical trop longtemps oublié, celui du préclassicisme. Et qui de mieux pour présenter cette œuvre que le jeune Jérémie Rhorer et son Cercle de l’Harmonie ? Après un disque consacré au même Jean-Chrétien Bach avec Philippe Jaroussky (La dolce fiamma, Virgin Classics) et un concert le 5 janvier Salle Favart dédié à la naissance de la symphonie, son ambassadeur a donc été trouvé en sa personne, accompagné de son orchestre qui sonne toujours autant baroqueux.

Deux siècles d’histoire

L’histoire d’Amadis de Gaule remonte à 1508 avec la publication du roman médiéval signé Garci Rodriguez de Montalvo. Suivront l’opéra de Lully en 1684, celui de Haendel en 1715 et de Jean-Chrétien Bach en 1779. Le metteur en scène Marcel Bozonnet est parti de cette chronologie pour présenter une production qui revisite deux siècles de mise en scène. Tout commence dans un décor et des costumes moyenâgeux pour glisser petit à petit vers la gestuelle et la machine baroque pour enfin arriver au classicisme naissant avec ses danses, ses justaucorps et robes flottantes. Outre la musique, ce sont les personnages qui synthétisent ces différentes périodes : les sorciers Arcabonne et Arcalaüs jaillissent de l’Amadis de Lully alors que le paladin Amadis annonce l’Idoménée de Mozart, tandis que sa dulcinée Oriane émane de L’Amant Jaloux de Gretry.

Diction française

On pourra reprocher à l’œuvre d’avoir un livret quelque peu désuet, mais devant les décors d’Antoine Fontaine et les chorégraphies de Natalie Van Parys, la magie prend forme sur scène, et particulièrement au troisième acte. Celui-ci permet de faire ressortir une certaine folie avec l’arrivée d’Urgande venue du ciel dans un décor où elle prend la forme d’une pupille d’un œil de dragon enflammé ! C’est surtout grâce à la dextérité des danseurs Gilles Poirier et Artur Zakirov que les chanteurs sortent de leur rigidité. Engagés, ils le sont tous et font preuve de puissance vocale à l’image des sopranos Julie Fuchs (1ère Coryphée) et Hélène Guilmette (Oriane) au côté du ténor guerrier Philippe Do (Amadis). Seul opéra composé en français par Jean-Chrétien Bach, la diction se doit d’être parfaitement travaillée, ce qui est ici le cas de tous, même celle des anglophones Allyson McHardy (Arcabonne) et Franco Pomponi (Arcalaüs). Seul regret : celui de voir une œuvre trop peu jouée et qui mérite amplement d’être enregistrée dans sa langue natale. En attendant, nous ne pouvons que conseiller d’écouter la version enregistrée par Helmut Rilling… en allemand ! Une bonne façon toutefois de (re)voir ses classiques.

E.B.

Crédit photos: Pierre Grobois

« La Flûte Enchantée » – Mozart – Théâtre des Champs-Elysées

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Poster le : 22-12-2011 | Par : Edouard | dans : Opéra

Entre sa conception scénique baroque et ses références photographiques, cinématographiques et à la franc-maçonnerie, c’est une Flûte Enchantée entre passé et futur qui nous est proposée au TCE. William Kentridge hypnotise tandis que Jean-Christophe Spinosi revisite savamment Mozart.

Article à retrouver sur le site Artistikrezo.com

Les rendez-vous artistiques ont parfois ceci d’étonnant qu’ils se correspondent entre eux sans forcément le vouloir. L’actualité vient à nouveau de le prouver. A travers la production de La Flûte Enchantée de Mozart vue par William Kentridge au Théâtre des Champs-Élysées, c’est un florilège d’expositions temporaires qui sont rassemblées sur une même scène. Pour conter cette histoire d’initiation et de rituels, l’artiste d’origine sud-africaine s’est largement inspiré des symboles de la franc-maçonnerie (triangle, tableau noir, oeil…), mais pas seulement. On y pourra aussi y déceler l’ombre d’un Méliès, d’un Fritz Lang ou encore d’un Edvard Munch photographe (et sans oublier Schinkel). Trois artistes que l’on célèbre en ce moment au cinéma (Hugo Cabret de Martin Scorsese), à la Cinémathèque Française (Metropolis, l’exposition) et à Beaubourg (Edvard Munch, l’œil moderne).

Le rapprochement entre ces artistes se fait aussi autour d’une époque qui a vu naître la cinématographie. Pour William Kentridge et son équipe, la photo est un point de départ pour à la fois revenir en arrière (scénographie baroque) et aller vers l’avant (montage vidéo). Rivalité entre la nuit et le jour, entre le positif et le négatif, mais aussi entre l’homme et la femme, cette production n’échappe pas à la règle. Celle-ci réussit en effet à nous rapprocher d’un monde « futuriste »… mais nous éloigne en même temps de ses personnages. De face, de côté ou en hauteur, peut-être que la meilleure position pour découvrir cette mise en scène aurait été en contre-plongée comme dans certaines salles de cinéma. Las, les théâtres à l’italienne ne disposent pas d’une telle architecture moderne. Parfois trop chargée, cette conception scénique n’en reste pas moins ingénieuse et fait partie de son temps parmi les créations de Robert Lepage, Pierrick Sorrin ou encore la Fura del Baus.

Cette contemporanéité scénique ne peut être mieux mise en valeur que par la direction de Jean-Christophe Spinosi accompagné de son Ensemble Matheus. Aux bien-pensants, réfractaires et puristes, il faudrait conseiller une ouverture d’esprit, une nouvelle oreille, et une approche différente. Sa direction ne fait rien d’autre que souligner tous les aspects extraordinaires qui peuvent émaner de cette partition magique. Sandrine Piau vient quant à elle réconcilier les deux écoles. Elle incarne une sublime Pamina, magnifique dans son Ach ich fühl’s, es ist verschwunden tout comme le Papageno de Markus Werba au côté de la basse profonde d’Ain Anger. La nuit laissant place au jour, le final de cette Flûte Enchantée reste ce qu’il y a de plus beau dans son image « post star-warsienne », le tout en compagnie d’un couple qui pourrait bien être les ancêtres de nos chers Luke Skywalker et Princesse Leia. A l’heure où nous approchons de l’année 2012, il n’y a rien à dire : nous sommes bel et bien déjà dans un futur cosmique !

E.B.

Interview – « PURE » – Lisa Langseth

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Poster le : 12-10-2011 | Par : Edouard | dans : Interviews et dossiers

« Une porte ouverte sur un nouveau monde »  – Une interview de Lisa Langseth, réalisatrice

Interview réalisée pour le site www.concertclassic.com où je suis nouvellement en charge de la rubrique « Musique & Cinéma »

Il n’y a pas que dans la nouvelle littérature policière que les Nordiques excellent. Prenez le cas de la jeune réalisatrice suédoise Lisa Langseth. À 35 ans, elle est déjà à l’origine de plusieurs pièces de théâtre à succès et du filmPURE qui vient de sortir sur nos écrans. Pour ce premier long-métrage qui conte l’histoire d’une jeune fille défavorisée tombant amoureuse d’un chef d’orchestre réputé, Lisa Langseth a eu la chance de collaborer avec l’Orchestre Philharmonique de Göteborg. Rencontre live from Stockholm où elle nous en dit plus sur son film, la place de la musique classique en Suède et l’influence de celle-ci sur la nouvelle génération.

PURE est avant tout une pièce de théâtre que vous avez montée en 2004. Pourquoi en avoir fait un film ?

LISA LANGSETH : La pièce était à l’origine un long monologue du personnage principal Katarina. Le scénario du film a dû être totalement réécrit. La différence entre les deux est assez conséquente, ne serait-ce que par l’arrivée de nouveaux personnages, des dialogues, etc.

La présence de la musique classique est-elle aussi importante dans la pièce que dans le film ?

L. S. : Oui. Cette histoire est avant tout celle de cette jeune fille défavorisée, Katarina, qui tombe amoureuse de quelque chose qui va au-delà de la simple réalité. Elle se prend de passion pour un art qui est plus beau que ce que le monde représente à ses yeux. Elle est dans la fleur de l’âge et cherche un sens à sa vie. À partir du moment où elle entend le Requiem de Mozart, elle trouve alors l’énergie pour survivre et aller de l’avant.

Votre film commence par un monologue où l’on entend la voix-off de Katarina s’exprimant dans un langage très cru. On entend par-dessus leRequiem de Mozart. Traitement antinomique non ?

L. S. : Il est très important de comprendre que Katarina n’appartient pas à ce monde de la musique classique, car elle n’a jamais reçu d’éducation spécifique pour cela. Elle ne fait pas partie de ce monde fermé. Dès le début du film, il faut saisir que cette jeune fille est totalement pure. Encore plus pure que n’importe qui d’autre. Son langage cru représente aussi sa personnalité. Elle vient d’une famille pauvre de la banlieue de Göteborg donc d’une autre classe. Elle cherche quelque chose qui puisse l’élever au-dessus du monde

Lire la suite de l’interview ici => http://www.concertclassic.com/journal/articles/alaune_20110928_3958.asp

«La clémence de Titus» – Mozart – Opéra de Paris

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Poster le : 21-09-2011 | Par : Edouard | dans : Opéra

La Clémence de Titus a le vent en poupe. Entre la production d’Aix-en-Provence cet été et celle de l’Opéra de Paris en cette rentrée lyrique, le dernier opera seria composé par Mozart est loin de passer inaperçu.

Redécouverte sur le tard dans les années 80, cette ultime œuvre testamentaire est une ode à l’humilité, la bonté, la générosité, mais aussi le pardon. Composé en l’honneur du couronnement de Léopold II en 1791, l’opéra pourrait paraître comme un monument à la gloire du souverain.

L’échec d’un roi

C’est à partir de ce constat que Willy Decker a conçu son intriguante mise en scène créée en 1997 et reprise en ce début d’année à l’Opéra Garnier. Au lever de rideau, un monolithe en marbre trône au centre de la scène. Le mal n’est pas encore fait que déjà le souverain Titus refuse la couronne que lui tend son capitaine Publio. Pour Willy Decker, il s’agit avant tout de l’échec annoncé d’un roi ne pouvant réussir à faire le bien face à la cruauté du monde qui l’entoure. Morcelé de parts et d’autres au fur et à mesure de l’action, ce monolithe cachera en fait un buste géant de Titus qu’il n’arrivera pas lui-même à admirer. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien si lors de la scène finale, ce monument fera face à un Colisée encore en feu, tournant le dos au public. Peut-être y manque-t-il juste une couronne… Celle-ci même qui passe entre les mains des trois prétendantes de Titus mais qui ne convient à personne. À l’heure où l’humain est en quête (ou conquête) permanente des pleins pouvoirs, Mozart est toujours présent pour nous rappeler à l’ordre. Il nous apprend surtout à rester humbles par le biais de sa musique quasi sacrée.

Hibla Gerzmava / Stéphanie d’Oustrac

Tout au long de l’opéra, Titus est présenté comme un homme envahi d’illusions et de naïvetés, guidé par des sénateurs-conspirateurs. Ce voyage le conduira vers une mélancolie palpable au son de la voix de ténor à qui le rôle est confié. Klaus Florian Vogt, plus wagnérien que mozartien, l’incarne avec conviction bien que ce rôle ne soit pas vraiment fait pour lui. Il en est tout l’inverse de Hibla Gerzmava (Vitellia) et Stéphanie d’Oustrac (Sexto) qui incarnent leurs personnages avec respectivement tout ce qu’il faut de fureur et de chagrin. Mozart a composé pour eux deux airs étourdissants de beauté. Pour Sexto, Parto, parto avec sa clarinette et pour Vitellia Non piu di fiori avec son cor de basset. Deux airs chantés avec conviction et légèreté pour la première, force et puissance pour la seconde. Les tableaux peints du décorateur John Macfarlane font quant à eux écho aux œuvres de Bacon et de Chagall. Ils insistent plus sur le flou et le drame qui se déroule devant nous. Un cadre et un hémicycle penchés viennent enfin enfermer tout ce beau monde. Seul Titus restera seul et allongé, rideau baissé, attendant que les dieux éternels tranchent pour sa vie… une fois Rome en paix.

Edouard Brane

Parto, parto – Elina Garanca                      Non piu di fiori – Véronique Gens

« Idomeneo » – Mozart – Théâtre des Champs-Elysées

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Poster le : 21-06-2011 | Par : Edouard | dans : Opéra

Pour inaugurer son Festival Mozart, le Théâtre des Champs-Elysées commence les festivités avec une nouvelle production d’ «Idomeneo» de Mozart. Confiée à Stéphane Braunschweig, la mise en scène déçoit face à une direction dynamique menée par le jeune Jérémie Rhorer.


En 2009, le festival d’Aix-en-Provence avait confié à Olivier Py une nouvelle mise en scène d’Idomeneo de Mozart, son premier opéra séria composé à l’âge de 25 ans. Le résultat avait déplu tandis que nous y avions vu force et précision (d’autant plus qu’il s’agissait de la version viennoise avec ballet final). En 2011, le Théâtre des Champs-Elysées propose à son tour une nouvelle mise en scène, confiée au très philosophe Stéphane Braunschweig. Le résultat cette fois-ci déroute et suggère peu de choses. Le premier souci est d’ordre temporel. Pour conter cette histoire de filiation et de passation de pouvoir entre un père et son fils, Braunschweig a choisi de mélanger les époques et brouille ainsi la vision du spectateur. Le décor et les costumes du chœur renvoient directement aux années 70 (et on imagine à la guerre du Vietnam) tandis que les principaux solistes sont vêtus de costumes contemporains. Outre ce décalage inexpliqué, la direction apparaît plate et déjà-vue. Idoménée se languit contre le mur tout comme Elettra, le grand prêtre et Arbace sont constamment immobiles et font du sur place. Enfin, Idamente en rajoute constamment à force de se prendre le chou. Malgré cela, quelques beaux instants s’immiscent pourtant, essentiellement à la fin du deuxième acte ou lors de la venue d’un Neptune torse nu dans la fosse d’orchestre.

La fougue mozartienne de Rhorer

La vraie raison qui pousse à découvrir cette nouvelle production provient justement de cette même fosse où le chef Jérémie Rhorer et son orchestre du Cercle de l’harmonie donnent  force à la partition de Mozart. On y sent ainsi toute la fougue et toute la jeunesse du compositeur autrichien à mesure que Rhorer accentue certains passages, propose des récitatifs décalés au pianoforte et impose à ses chanteurs des ornementations différentes de ce que l’on a l’habitude d’entendre.Cela change en particulier pour l’Idomeneo de Richard Croft. Habitué à ce rôle depuis qu’il le chante à travers le monde, son interprétation change ici légèrement de l’ordinaire même si on souhaiterait le voir moins rigide. Il est en tout autre de Sophie Karthäuser qui interprète une sublime Ilia tiraillée par l’amour et prête à se sacrifier pour sauver le peuple de Crète face à la fureur de Neptune. Face à elle, l’Idamante de la mezzo-soprano Kate Lindsey est scéniquement surfait mais la voix s’élève avec précision. Après cette représentation, une chose est sûre : on attend maintenant la fin de saison prochaine pour entendre Cosi fan tutte dirigé par Jérémie Rhorer dans la mise en scène classique d’Eric Génovèse.

Edouard Brane

Opéra et Cinéma – Dossier

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Poster le : 12-07-2010 | Par : Edouard | dans : Interviews et dossiers

Vous trouverez ci-dessous le lien vers le dossier que j’ai rédigé pour Allociné sur l’Opéra et le Cinéma avec des interviews de Coline Serreau, Benoît Jacquot, Jérome Deschamps, James Thierrée, Werner Herzog, Renaud Marchart et Pietro Spagnoli:

http://www.allocine.fr/article/dossiers/cinema/dossier-18591278/

Alors… l’Opéra et le Cinéma: l’entente cordiale ?

« L’amant jaloux » de Grétry à l’Opéra-Comique : une merveille pour les sens

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Poster le : 18-03-2010 | Par : Edouard | dans : Articles récents, Opéra

Décidemment l’Opéra-Comique fait fort. Après une Fairy Queen majestueuse de Purcell, voici que Jérôme Deschamps nous propose la reprise de L’amant Jaloux de Grétry déjà présenté à l’Opéra Royal de Versailles dans une mise en scène fraîche, joyeuse et enivrante d’amour, accompagné d’une belle distribution.


Marie-Antoinette ne s’était pas trompée en portant dans son coeur cette comédie mêlée d’ariettes en trois actes. Grande fierté du compositeur français André-Ernest-Modeste Grétry, L’amant jaloux paraissait déjà à sa création « le chef d’œuvre de l’Opéra-Comique ». On ne peut que donner raison à l’histoire.

Dans une interview qui paraîtra ici prochainement, Jérôme Deschamps, directeur de l’Opéra-Comique, nous expliquait son désir de programmer des ouvrages oubliés de l’âge d’or de l’Opéra français : « Nous désirons que l’Opéra devienne plus accessible au public en devenant davantage populaire sans qu’il n’y ait une connotation péjorative puisque nous privilégions la qualité. Nous devons supprimer cette intimidation que ressent le public quand il passe devant l’établissement ou quand il entend parler d’opéra. »

C’est un pari plus que réussi avec ce court opéra créé à Versailles en 1778.

Le classicisme au service de la mise en scène

Saluons tout d’abord le travail du metteur en scène Pierre-Emmanuel Rousseau qui s’est merveilleusement approprié tous les éléments caractéristiques du siècle des lumières. Bougies, guéridons, costumes, décors… tous nous feraient penser à un tableau de Fragonard ou de Boucher. Malgré la taille étroite de la scène, le metteur en scène réussit à s’accaparer intelligemment de tout l’espace pour faire évoluer ses personnages et surprendre le public. On se souviendra ainsi de cette ouverture présentant d’ordre décroissant les différents décors ou encore cette apparition de Florival lors de sa sérénade, posant telle une statue au bord d’une fenêtre et sous un soleil couchant aux couleurs magiques : quel romantisme ! Cela nous change enfin des mises en scène contemporaine ratée de cette saison (petite pensée à Norma de Bellini au théâtre du Châtelet…).



« C’est l’amour qui m’appelle : L’amour a tant d’attraits »

Il est saisissant de voir à quel point L’amant jaloux fait écho aux œuvres de Mozart et particulièrement à sa trilogie élaborée avec Lorenzo Da Ponte. Comment ne pas penser à Don Giovanni lors de la sublime sérénade « Tandis que tout sommeille dans la nuit », aux Noces de Figaro face aux différentes situations ou encore à Cosi Fan Tutte avec ces déclarations d’amours et différents trios ?

La jalousie et l’amour ont toujours été de paires comme nous le rappelle si délicieusement le livret écrit par Thomas d’Hèle. Jérémie Rhorer, avec son Cercle de l’Harmonie, l’a parfaitement saisi et nous a offert une direction maîtrisée, même si on peut juste lui reprocher de trop pousser sur certaines notes par moments. La distribution de chanteurs semble prendre autant de plaisir que nous à jouer sur scène. On a ainsi particulièrement apprécié la voix de Frédéric Antoun dans le rôle de Florival qui a reçu des applaudissements mérités, tandis que l’on reprochera à Maryline Fallot de ne pas assez insister sur les aigus. Mais qu’importe, tous ont réussi à nous enchanter au final.


C’est donc une grande chance que d’avoir pu redécouvrir cet opéra perdu et retrouvant sa digne place. L’amant jaloux semble s’inspirer de la musique baroque tout en annonçant les opéras d’Offenbach et le théâtre de Feydeau. Un seul mot : bravo !

Air « Madamina, il catalogo è questo », Don Giovanni – Mozart

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Poster le : 22-01-2009 | Par : Edouard | dans : Articles récents, Opéra

L’air de Leporello est un classique de chez classique.

Ce dernier est en fait le serviteur de Don Giovanni, un séducteur qui charme toutes les femmes jusqu’à les jeter après avoir abusé d’elles. Voulant gravir les échelons sociaux et ne plus avoir à suivre partout son maître et être pris pour un moins que rien, Leporello imite tant bien que mal son modèle et semble être prêt à tout pour lui faire plaisir.

Dans cette fameuse scène, ce dernier montre à Donna Elvira une ancienne conquête de Don Giovanni souhaitant se venger de lui, un catalogue qu’il a spécialement écrit et où sont notées toutes les conquêtes de son maître : qu’elles soient jeunes, vieilles, belles, moches, brunes ou blondes et provenant de l’Espagne à la France, en passant par La Turquie et jusqu’en Allemagne.

L’air est scindé en deux parties.

Alors que dans la première partie, Leporello est fier de montrer son catalogue et de se moquer de Donna Elvira d’un ton comique, la deuxième est toute différente car son objectif est maintenant de la blesser profondément jusqu’à lui toucher le coeur afin de le briser. La dernière phrase en est la preuve même lorsqu’il dit et répète : « voi sapete quel che fa » ou en français : « vous qui savez qu’est-ce qu’il fait ». Et l’on se doute bien de ce qu’il fait avec toutes ses conquêtes féminines !

La scène d’aujourd’hui provient d’un enregistrement réalisé au MET à New York et dirigé par James Levine, l’un des plus grands chefs d’orchestre d’aujourd’hui, aimant particulièrement Mozart. On verra donc dans cette production, un Leporello plutôt joueur et ayant un côté assez sadique, heureux en fin de compte de faire du mal à une pauvre âme blessée. Ce n’est pas la meilleure mise en scène pour moi. Je considère que l’espace n’est pas assez mis à profit et que le jeu des acteurs est trop classique. De même, Leporello n’insiste pas assez sur les mots dans la deuxième partie pouvant rendre ainsi ce moment encore plus difficile si l’on se met à la place de la victime.

Bon air !

Air de la Reine de la nuit – « La Flûte enchantée » de Mozart

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Poster le : 15-12-2008 | Par : Edouard | dans : Opéra

Le principe est simple : je vous propose par le biais d’un extrait vidéo d’Opéra filmé de découvrir ou d’apprécier les airs d’Opéra les plus connus.

Ceci nous donnera l’occasion de décrire une mise en scène, de voir comment sont filmés ces scènes mais avant tout d’apprécier ces moments magiques et de vous faire partager mon autre passion pour l’Opéra.

Pour commencer, c’est très simple. J’ai décidé de prendre le dernier CD créé par Radio Classique intitulé  » Les élections de l’Opéra » qui a été composé en fonction des airs d’Opéra préférés des français.

Air numéro 1 donc, celui de la Reine de la nuit dans la flûte enchantée. Il serait trop long de vous raconter cette histoire basée sur les thèmes de la franc-maçonnerie mais vous trouverez ci-dessous l’air chanté par notre nationale Nathalie Dessay, toujours remarquable et talentueuse. Cette vidéo est suivie d’une petite description musicale.

Bon air !

 

 

 la description de l’Opéra sur Wikipédia :

http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Flûte_enchantée