« - Arrête, ne me dis pas que tu es allé voir Australia quand même
- Bah si qu’est ce que tu veux, faut aller voir de tout quand on est passionné !
- Oui mais quand même, on parle d’ Australia là !
- Et alors, tu l’as vu ?
- Non…
- Bah va le voir et fais-toi une idée du film au lieu de parler de choses que tu ne connais pas. »
On entend souvent ce genre de discussion n’est-ce pas ? On pense avoir la parole divine et tout savoir sur tout parce qu’on a lu dans je ne sais quel magazine une critique descendant un film.
Et bien je déteste ça ! Et je vais même vous faire une confidence : sauf s’il s’agit de foutage de gueule, vous ne m’entendrez jamais critiquer un film au point de le tuer et de vous empêcher de le voir. Cela n’est pas mon objectif.
Car un film, figurez-vous c’est d’abord du travail, c’est compliqué à écrire, à financer, à réaliser, à monter et ensuite à montrer (est-ce finalement la partie la plus dure ?). Alors oui, on peut trouver ça nul comme j’ai trouvé Australia, mais ce n’est pas une raison pour l’assassiner.
En voici la raison dans mon commentaire audio :
Il faut comprendre que Baz Luhrmann a voulu recréer une fresque épique comme dans les années 50-60. Malgré sa longueur, son scénario sans grand intérêt et des effets numériques trop nombreux, le film a tout de même comme objectif de nous faire rêver.
Non pas d’être Australiens ou d’être un superbe Cow-Boy… mais il nous entraîne dans un pays méconnu et dont on ignore l’histoire. L’objectif de Luhrmann ne peut être critiqué car il a voulu faire ce film d’une part pour rendre hommage aux vieux films mais aussi pour nous faire voyager ! Et si cela a marché pour certain comme j’ai pu le voir dans la salle de cinéma… et bien tant mieux !
En cadeau, des images et interviews de l’avant-première à Paris et qui a eu lieu au Gaumont Marignan sur les Champs-Elysées.
Un peu plus de 10 ans sont passés depuis son précédent film et Kubrick nous offre le plus intimiste de ses films mais certainement aussi le plus personnel et le plus érotique de tous.
J’ai désespérément chercher en vain des scènes accrochantes et mémorables et j’ai été impressionné par le peu de choix sur le web. J’aurais pu vous montrer la fameuse bande-annonce qui est l’une de mes préférées sur la musique de Chris Isaak :
Revenons plus particulièrement au film maintenant. Encore une fois, il s’agit d’un long-métrage tiré d’un livre ou plutôt d’une nouvelle de l’écrivain autrichien Arthur Schnitzler et qui est assez fidèle au livre je dois dire, particulièrement lorsqu’il s’agit de la mise en place de l’histoire donc du début du film.
On l’a dit, Kubrick nous fait rentrer dans les moments les plus intimes du couple… et quel couple puisqu’il s’agit de celui le plus connu des années 90 et qui n’est autre que Tom Cruise et Nicole Kidman.
Eyes Wide Shut reste pour moi l’un de ses films les plus mystérieux et je prends plaisir à le regarder et le re-regarder pour essayer de mieux le comprendre et mieux l’apprécier. On a devant nous un couple qui semble comblé et avoir réussi dans la vie, légèrement bobo on va dire mais dont un propos tenu par la femme va faire basculer cette vie qui nous paraissait si parfaite et sans problème. Elle avoue en effet avoir déjà eu de l’attirance pour un autre homme au début de leur relation. J’aurais d’ailleurs aimé vous montrer cette très grande scène mais je ne l’ai malheureusement pas trouvée…
Bref, cette discussion va changer toute la donne pour le mari qui va commencer à douter, à réfléchir, à essayer de comprendre ce qui ne va pas et où est le vrai problème. Sa quête va le mener vers un monde qu’il n’aurait jamais soupçonné et qui va le changer à jamais.
Kubrick nous parle ici de la banalité du couple, de sa crainte face aux pulsions sexuelles de chacun et de la nature humaine à nouveau. Doit-on rester si fidèle que cela au mariage ou peut-on se permettre d’avoir des rêves érotiques, d’avoir d’autres aventures sexuelles et aller au bout de ses fantasmes ? Chaque mentalité est différente mais quelle est vraiment celle de ce couple « parfait » ?
Dernier film avant sa mort, le réalisateur nous offre une vision tout à la fois pessimiste et optimiste de la vie d’un couple bourgeois moderne. On peut être choqué par ce film mais je n’en comprends aucunement la raison quand je vois ce qui se passe aujourd’hui dans notre société avec justement cette banalisation vulgaire du sexe, du mauvais goût et de la violence. Kubrick réussit à nous mettre mal à l’aise comme spectateur et à nous faire découvrir une nouvelle société primaire… et naturelle ?
La scène d’aujourd’hui est assez différente de mes propos ci-dessus et se situe au milieu du film lorsque Tom Cruise déambule dans les rues de New York, seul, un soir de pluie et où il va sentir la présence d’un homme intriguant le suivre au pas. A nouveau, faites attention à la musique qui baigne cette scène (et le film) et qui permet de faire monter la pression et le suspense, la crainte chez le spectateur. Il n’y a personne… Quelques voitures qui passent en faisant rouler leurs pneus sur des flaques d’eau et cet anti-héros que nous suivons sans trop savoir où il va.
Mélange de plan large et fixe, fondu enchaîné assez lent et travelling suivant les personnages. De même, on retrouve toujours chez lui un personnage qui nous est totalement étranger, que l’on voit de loin et qui nous inspire beaucoup de méfiance… nous sommes bien dans le cinéma de Stanley Kubrick.
J’espère, pour ceux qui ne connaissent pas encore le cinéma de Stanley Kubrick, que cela leur a donné envie de découvrir ses films et d’apprécier son énorme talent. Je recommande d’acheter bien entendu le coffret de ses films qui est sorti chez Warner Bros Vidéo.
Ici s’achève la rétrospective des films de Kubrick, à partir de lundi prochain, je commencerai une nouvelle section avec les films d’un autre grand réalisateur qui n’est autre que Steven Spielberg.
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