Après la reprise de Divorce à l’italienne et Ces messieurs dames, Acacias Films a la grande idée de programmer Séduite et Abandonnée de Pietro Germi dans les salles obscures. Une comédie dramatique sociale italienne comme on les aime aussi mordante que violente. Une trilogie à découvrir en cette douce saison d’été.
Si Séduite et abandonnée (1964) a été réalisé après Divorce à l’italienne (1961), il aurait tout à fait pu le précéder et initier la fameuse trilogie italienne terminée en 1965 avec Ces messieurs dames. Malgré leurs aspects comiques et satiriques, ces trois films dans leur ensemble constituent un témoignage frappant du machisme italien qui pouvait régner à l’époque et des lois stupides et dépassées alors en régulation. Les femmes y sont considérées comme des proies innocentes et fragiles alors que les hommes sont de leur côté des fauves en ruts, dont l’honneur est plus important que toute autre notion, et qui se place au-dessus des lois. Comme souvent dans la culture italienne, le patriarche décide de tout et porte la mainmise sur les affaires de cœur de chacun de ses membres, quitte à blesser, frapper et martyriser ses enfants pour garder la tête haute. Le personnage de Vincenzo Ascalone, interprété de façon époustouflante par Saro Urzi, fait parti de ces êtres égoïstes et sans foi près à sacrifier chacun de ses enfants pour apparaître comme l’homme parfait et respecté.
Le mariage non voulu et forcé entre Agnese et le loser Peppino annonce à la fin de Séduite et Abandonnée le couple décomposé et imparfait de Féfé et Rosalia dans Divorce à l’italienne. Si Féfé a une envie de meurtre, Peppino cherche par tous les moyens à se dédouaner d’une erreur de jeunesse qui lui vaudra une punition exemplaire. La force et le talent du réalisateur Pietro Germi naissent de cette idée de planter un décor suffocant situé en plein mois d’aout dans un petit village de Sicile où aucun secret ne peut être gardé, où les rumeurs vont bon train et où la moindre nouvelle présence féminine suffit à rendre les males hors d’eux même. Si les œuvres de Germi commencent comme des comédies, elles se terminent comme des drames puissants et violents où la fatalité s’impose au final d’elle-même.
A travers le lot des ressortis d’été, ne manquez pas aussi la reprise d’Elle et lui de Leo McCarey ainsi qu’ Il était une fois dans l’ouest de Sergio Leone avant de (re)voir La Terrasse d’Ettore Scola.





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