« Séduite et abandonnée » – Pietro Germi – 1964

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Poster le : 21-07-2010 | Par : Edouard | dans : Articles récents, Nouveaux Films

Après la reprise de Divorce à l’italienne et Ces messieurs dames, Acacias Films a la grande idée de programmer Séduite et Abandonnée de Pietro Germi dans les salles obscures. Une comédie dramatique sociale italienne comme on les aime aussi mordante que violente. Une trilogie à découvrir en cette douce saison d’été.


Si Séduite et abandonnée (1964) a été réalisé après Divorce à l’italienne (1961), il aurait tout à fait pu le précéder et initier la fameuse trilogie italienne terminée en 1965 avec Ces messieurs dames.  Malgré leurs aspects comiques et satiriques, ces trois films dans leur ensemble constituent un témoignage frappant du machisme italien qui pouvait régner à l’époque et des lois stupides et dépassées alors en régulation. Les femmes y sont considérées comme des proies innocentes et fragiles alors que les hommes sont de leur côté des fauves en ruts, dont l’honneur est plus important que toute autre notion, et qui se place au-dessus des lois. Comme souvent dans la culture italienne, le patriarche décide de tout et porte la mainmise sur les affaires de cœur de chacun de ses membres, quitte à blesser, frapper et martyriser ses enfants pour garder la tête haute. Le personnage de Vincenzo Ascalone, interprété de façon époustouflante par Saro Urzi, fait parti de ces êtres égoïstes et sans foi près à sacrifier chacun de ses enfants pour apparaître comme l’homme parfait et respecté.

Le mariage non voulu et forcé entre Agnese et le loser Peppino annonce à la fin de Séduite et Abandonnée le couple décomposé et imparfait de Féfé et Rosalia dans Divorce à l’italienne. Si Féfé a une envie de meurtre, Peppino cherche par tous les moyens à se dédouaner d’une erreur de jeunesse qui lui vaudra une punition exemplaire. La force et le talent du réalisateur Pietro Germi naissent de cette idée de planter un décor suffocant situé en plein mois d’aout dans un petit village de Sicile où aucun secret ne peut être gardé, où les rumeurs vont bon train et où la moindre nouvelle présence féminine suffit à rendre les males hors d’eux même. Si les œuvres de Germi commencent comme des comédies, elles se terminent comme des drames puissants et violents où la fatalité s’impose au final d’elle-même.

A travers le lot des ressortis d’été, ne manquez pas aussi la reprise d’Elle et lui de Leo McCarey ainsi qu’ Il était une fois dans l’ouest de Sergio Leone avant de (re)voir La Terrasse d’Ettore Scola.

« Divorce à l’italienne » de Pietro Germi – 1962

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Poster le : 06-07-2009 | Par : Edouard | dans : Non classé

Après la reprise l’année dernière de « Mariage à l’Italienne » de Vittorio de Sica, Ad Vitam nous invite cet été à (re)voir en exclusivité au Cinéma « Divorce à l’Italienne  », un film de 1962 réalisé par Pietro Germi. Marcello Mastroianni y joue un homme prêt à tout pour se débarrasser de sa femme dans une Italie toujours régie par les  vieilles mœurs et où le divorce n’était pas de premier ordre. Un vrai bijou de la comédie italienne qui va enfin pouvoir reprendre sa place dans le palmarès de ses  meilleurs films.

Remettons les choses dans leur contexte : Pietro Germi est un réalisateur connu en 1962. Il a déjà reçu une floraison de prix qui ont fait de lui l’un des metteurs en scène italiens les plus réputés,  essentiellement grâce à ses drames passionnels et mélodrames sociaux. Et pourtant, on se souvient aujourd’hui de lui pour ses comédies satiriques de mœurs dont Divorce à l’italienne était le  premier d’une grande lignée.

Le baron Ferdinado Cefalu est à bout. Sa femme Rosalia lui est devenue insupportable et il est éperdument amoureux de sa belle cousine Angela vivant juste en face de chez lui. Prisonnier de sa pauvre situation, il va tout faire pour concocter un « divorce à l’italienne », quitte à payer un peu de sa personne…

Si ce film réussit si bien à nous captiver et à nous amuser, c’est sans conteste grâce à sa merveilleuse distribution et à ses situations aussi burlesques les unes que les autres. Commençons par le personnage principal, merveilleusement bien interprété par le génialissime Mastroianni. Avec ses tics constant à la bouche, ses yeux « cocker battu », cette façon de dénigrer les choses et d’être à la fois soigné et négligé, il a tout pour ressembler à l’Italien typique : macho, séducteur, sensuel, nerveux, dandy et éperdument amoureux. Pour s’en rendre compte, rien de mieux que cette courte scène d’introduction :

Les autres acteurs sont tout aussi époustouflants de justesse et d’ironie comme le personnage de la femme jouée par Daniela Rocca, enlaidie comme jamais et exaspérante à souhait. Stefania Sandrelli quant à elle est magnifique avec son regard d’innocente et son superbe visage. Les autres hommes ne sont pas en reste puisqu’ils incarnent parfaitement des Italiens bougons et toujours prêts à se chamailler.

Évidemment, tous les autres ingrédients de la comédie italienne sont réunis dans ce film comme les sujets liés à la famille et à la politique. Sans oublier en toile de fond la magnifique Sicile du mois de Juillet avec ses chaleurs constantes, ses paysages secs et arides, ses vieilles églises, Catane, et ce village perdu et abandonné du sud de l’Italie, où les hommes se regroupent entre eux pour parler uniquement de la gente féminine et des dernières rumeurs.

Enfin, la musique avec ses doux accords de mandoline accompagne une réalisation déjà sordide pour l’époque, comme nous le montre cette scène anthologique où Mastroianni rêve enfin de tuer sa femme

Il était donc grand temps que « Divorce à l’Italienne » revienne sur nos écrans afin de rafraîchir notre prochain été. Espérons maintenant qu’il retrouvera sa place parmi les grands films italiens de la belle époque et qu’il sera considéré comme un de ses monuments.