Un Jour / Une scène: « Network », de Sidney Lumet – 1976

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Poster le : 10-04-2010 | Par : Edouard | dans : Articles récents, Un jour / Une scène

Network de Sidney Lumet est certainement le film le plus contemporain des années 70.

Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire, résumons un peu :

Howard Beal, présentateur télé depuis plus de 30 ans, annonce soudainement en direct qu’il va se suicider en live devant tous ses téléspectateurs. Cette nouvelle terrifiante va être saisie par la chaîne de télévision afin de créer une nouvelle émission et ainsi gagner le plus de parts de marché.

Ce qui impressionne le plus dans ce film c’est sa vérité, il montre que les choses n’ont pas changé depuis les années 70 et que nous vivons toujours dans un monde de mass-production, où l’individu n’a plus de repères et où il est abreuvé de bêtises à longueur de journée. (propos non politique !)

Il montre à quel point les chaînes de télévision nous gouvernent et seraient presque à sacrifier père et mère afin de faire du profit quitte à rendre les individus encore plus abrutis qu’ils ne le sont. (re-propos non politique !)

VOUS devez voir ce film ! C’est un chef d’oeuvre de vérité, d’ironie, d’interprétation, d’écriture, de réalisation !

Voici en attendant l’un de mes scènes préférées:

Bonne projo !

« A bout de course » de Sidney Lumet – 1988

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Poster le : 29-04-2009 | Par : Edouard | dans : Nouveaux Films

C’est un film inédit de Sidnez Lumet qui vient de ressortir ces derniers jours dans les salles de Cinéma. Enfin, devrait-on dire dans la salle puisqu’il n’a malheureusement été distribué à Paris que dans un seul lieu : Le Grand Action, tenu par l’impeccable Isabelle Gibbal-Hardy (ce qui fait cependant une autre bonne raison d’aller voir ce film).

Il s’agit pourtant d’une oeuvre majeure dans la filmographie de ce réalisateur boulimique, qui en est à plus de 50 long-métrages réalisés aujourd’hui. Il a mis en scène les plus grands : de Henry Fonda à Marlon Brando en passant par Sean Connery jusqu’à James Mason. Agé aujourd’hui de 84 ans, il est l’un des plus grands personnages du cinéma Hollywoodien et peut facilement se vanter aujourd’hui de connaître mieux que quiconque son histoire. Nous avons extrêmement de chance de pouvoir voir encore aujourd’hui des films de cet homme qui, le jour où il partira, laissera derrière lui une carrière impressionnante et remarquable.

Mais en quoi A bout de course, réalisé en 1988, est-il au juste si particulier et si prenant ?

Remettons les choses dans leur contexte. Nous sommes fin 1980, les Etats-Unis ont vécu des années à la fois magnifiques et terribles depuis les années 50, passant de la Beat Generation au phénomène hippy, tout en passant par la guerre du Vietnam jusqu’à avoir Nixon à la présidence du pays. Les années 70 ont particulièrement été marquées par une nouvelle façon de penser et d’agir, avec une partie de la population qui a commencé à se rebeller face à ce système démodé et individualiste. Face à ces changements, un nouveau cinéma est apparu : Le Nouvel Hollywood, permettant de voir émerger de nouveaux réalisateurs traitant de sujets politiques, tout en modifiant les vieux codes Hollywoodiens. Du jamais vu pour l’époque. Des films comme A cause d’un assassinat d’Alan J. Pakala ou Conversation secrète de Francis Ford Coppola en sont des plus représentatifs, montrant la paranoïa qui nourrit le pays entier. C’est aussi l’époque de la rébellion et de la fuite, largement filmé avec des long-métrages comme Bonny & Clyde d’ Arthur Penn ou encore La Balade Sauvage de Terrence Malick.

Les années 80 seront le contre-coup de cette révolution, et la perte de ces idéaux qui pouvaient parfois atteindre l’utopie. C’est exactement ce qui nous est montré ici:

Danny, jeune homme de dix-sept ans, est le fils d’anciens militants contre la guerre du Vietnam. Ses parents Annie et Arthur Pope organisèrent un attentat à la bombe contre une fabrique de napalm. Un gardien mourut lors de l’explosion. Depuis, les Pope sont en fuite. Danny vit assez mal cette situation de mensonge et de dissimulation. Mais tout va basculer lors de sa rencontre avec Lorne Philips, la fille de son professeur de musique.

Alors que l’on pensait voir cette famille courir à travers les Etats-Unis, brisant les barrages et cherchant à passer la frontière, il n’en est en fait rien puisque nous nous arrêterons dans le New Jersey, où elle se cachera sous une nouvelle identité. Il s’agit tout bonnement de la fin d’une génération et d’un réveil douloureux. Le fameux couple, qui pensait pouvoir briser toutes ces barrières, se retrouve en fait prisonnier d’un système qu’il rejetait et n’acceptait pas. Sans toutefois renier leurs premières convictions, ils n’ont pas d’autres choix que de prendre conscience de leurs erreurs de jeunesse, ou du moins, d’y voir les vrais conséquences.

En suivant particulièrement les aventures du fils aîné, joué d’une grande authenticité  par River Phoenix, tragiquement mort d’une overdose à l’âge de 23 ans, Sidney Lumet et sa scénariste, Naomi Funer (mère de Jack Gyllenhaal), souhaitent nous montrer une nouvelle vision de la société américaine et de cette nouvelle façon de penser. Judd Hirsch est un acteur généralement de second couteau et malheureusement méconnu, mais qui n’a jamais été aussi puissant dans son personnage de père, ne souhaitant pas voir la réalité en face et près à tout pour sauvegarder sa famille.

Le film fait beaucoup référence à ce cinéma des années 70. Même si on reconnaît la patte du réalisateur par ces séquences débutant sur de longs-travellings suivant les personnages et par ces longs raccords en fondu enchaîné, les décors et surtout la musique sont des rappels aux films de la décennie précédente. La guitare est toujours présente mais joue cette fois-ci de lents accords et des notes aigues, comme une douce mélodie, insistant justement sur la nostalgie d’une époque et la fin de l’innocence qui en découlait. Le film peut rappeler par certains aspects le premier long-métrage de Robert Redford, Des gens comme les autres, filmé en 1981 et suivant l’histoire d’un jeune garçon mal dans sa peau et suicidaire dans une nouvelle société dont il ne souhaite plus faire partie.

Le titre américain, Running on Empty,  est certainement plus évocateur, tout comme ce plan d’introduction filmant en pleine nuit les bandes blanches des routes américaines. Enfin, le film prendra toute son importance et son point culminant émotionnel dans cette séquence à se souvenir, où la mère fait face à son père qu’elle n’a pas vu depuis 15 ans et qu’elle essaye de lui faire part de son amour qui réside toujours en elle.

A bout de  course est un film majeur dans l’histoire du cinéma américain et doit être vu pour comprendre le cinéma américain des années 1980.