Après Stanley Kubrick, nous allons à partir d’aujourd’hui nous intéresser à un autre grand réalisateur, fan du premier et qui n’est autre que Steven Spielberg. Nous continuons avec un réalisateur américain car pour moi, ces deux réalisateurs se complètent. Dans un premier temps parce qu’ils se connaissaient bien et parce que Spielberg s’est toujours défendu en déclarant sa passion pour le cinéma de Kubrick. La preuve en a été la réalisation d’ Intelligence Artificielle qui fut à l’origine une idée de ce dernier.
Spielberg est avant tout LE réalisateur qui a changé la donne à Hollywood vers la fin des années 70 et qui a initié les fameux Blockbusters.
Il faut redire qu’Hollywood venait tout juste de vivre une période incroyable dans son cinéma que l’on appelle aujourd’hui Le Nouveau Hollywood avec comme film phare et emblématique Easy Rider de Denis Hopper.
Voici ce que Wikipedia nous dit sur ce mouvement :
Le Nouvel Hollywood désigne
un mouvement cinématographique américain de la fin des années 1960 au début des années 1980, qui modernisa de façon significative la production de films à Hollywood. Ce cinéma, inscrit dans la contre-culture et influencé par le néoréalisme italien et la Nouvelle Vague française, se caractérise par la prise de pouvoir des réalisateurs au sein des grands studios américains et la représentation sous une nouvelle radicalité de thèmes alors tabous comme la violence ou la sexualité. Le Nouvel Hollywood renouvela également les genres classiques du cinéma américain (western, film noir) ou les « déconstruisit » en s’affranchissant des conventions de ceux-ci.
La période relativement courte du Nouvel Hollywood est considérée comme une des phases les plus importantes du cinéma du point de vue artistique, et révéla de nombreux réalisateurs comme Francis Ford Coppola, Martin Scorsese et Denis Hopper.
Arrive donc Steven Spielberg, jeune réalisateur tout juste diplômé de la fameuse université UCLA située à Los Angeles et qui va donc être invité à tourner un film de commande pour la télévision dont l’histoire est très simple :
Un jeune commercial roule tranquillement sur les routes mythiques de Californie quand soudain un énorme poids lourd va se mettre à le poursuivre avec qu’un seul objectif qui sera de le tuer.
Ce film, si vous ne l’avez pas vu, est très intéressant à regarder et surtout marque les esprits pour son histoire et sa réalisation, un exemple donc aujourd’hui avec ce court extrait. Etant paniqué d’être poursuivi par un fou, notre héro se réfugie dans une cabine téléphonique afin d’avertir la police du danger qu’il encourt lorsque soudainement, le poids lourd fou va tenter de lui rentrer dedans pour le tuer.
Mais voyons la scène avant d’en parler :
D’abord le deuxième plan : la caméra est au ras du sol et filme au loin le camion, tranquille à l’arrêt mais, par cette contre-plongée, on peut déjà sentir qu’il prépare quelque chose… Vient le dialogue entre le commercial et la police qui est assez burlesque et qui permet de faire encore plus monter la pression chez le spectateur et commencer à l’énerver au même point que le personnage du film.
Vient ensuite un plan d’ensemble qui présente le lieu d’où l’homme téléphone et enfin le démarrage du camion : pas moins de 7 plans rien que pour cela et pratiquement tous en contre-plongée !
Et ce qui suit est – je trouve – fabuleux : la caméra filme toujours le héros mais se situe un peu plus loin face à la cabine téléphonique permettant de laisser un petit passage à gauche pour voir le camion arriver à toute allure afin de l’écraser. De même, à ce moment là, notre commercial prononce cette phrase qui décrit toute l’histoire du film :
« I’d like to report a truck driver that’s been endangering my life! »
A partir de là, une succession de plans et de situations rajoutant au stress du film (la présence de serpents, d’araignées…) nous arrivent en plein dessus comme ce camion fonçant vers notre ami.
Je vous invite maintenant à la revoir et n’hésitez pas à laisser vos commentaires ! Bonne projo !
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