Vu donc en avant-première hier soir au Forum des Images grâce à Allociné que je remercie, le nouveau film de Bryan Singer n’est, en fin de compte, pas si mal que ça.
J’avais pu lire à droite à gauche les problèmes survenus lors du tournage (Tom Cruise et sa scientologie, des négatifs brûlés qui ont dû être retournés, problèmes de langues par rapport à l’Allemand d’origine etc…), mais cela n’a rien enlevé à la très bonne réalisation, malgré quelques plans connus et déjà vus dans les films de guerre.
Il faut dire que la tâche ne devait pas être facile. On ne va pas le cacher à tout le monde : c’est un film qui se termine mal. On imagine bien que notre ami Tom Cruise n’a pas réussi à tuer le Fürher comme il le fallait et que son opération Walkyrie a échoué.
Cependant, il était tout de même très intéressant de prendre ce sujet et d’en faire un film d’espionnage. Bryan Singer et son scénariste Christopher McQuarrie (Usual Suspect, Way of the Gun) avaient surtout deux choix qui se présentaient à eux : soit raconter l’histoire comme elle s’est vraiment déroulée, soit imaginer ce qui se serait réellement passé par la suite si l’Opération Walkyrie s’était bien déroulée ; ce qui aurait ainsi donné un côté plus imaginatif au film et peut-être même plus intéressant.
On regrettera que le film soit tourné en anglais car voir Adolph Hitler parler dans cette langue dénature pas mal le film, ce qui, quelque part, nous détache de celui-ci et nous rappelle trop facilement que nous sommes dans une fiction. Il faut en effet bien faire la part des choses quand on assiste à un film « based on a true story ». Ainsi, comme pour Munich de Spielberg ou le Che de Soderbergh, nous sommes obligés de suivre le raisonnement et le point de vue des scénaristes, ce qui ne nous permet pas d’avoir notre propre interprétation de ces personnages et de ces événements. Certains réalisateurs peuvent placer quelques ambiguïtés dans leurs oeuvres historiques et l’on regrettera qu’il n’y en ait pas ici.
Pourquoi en effet ces hommes ont-ils agi ainsi ? Par haine du Guide ? Ou parce qu’ils ont bien compris que la guerre arrivait à sa fin et qu’il fallait faire quelque chose de raisonné avant qu’il ne soit trop tard ? Dans la vraie histoire, le personnage du Comte Claus Schenk Von Stauffenberg était parait-il quelqu’un d’assez énigmatique et dont on a du mal à cerner vraiment ses opinions. Reste que les faits : et essentiellement celui d’avoir tenté d’assassiner Hitler comme on le voit dans le film.
On a donc dit que Bryan Singer a voulu essayer de retourner au film d’espionnage des années 40 et il est vrai que ce film peut, à quelques égards, faire penser à des films réalisés par exemple par Henry Hathaway, Otto Preminger ou encore Carol Reed. On aimera particulièrement la scène où l’on peut écouter la Walkyrie de Wagner avec un plan rotatif sur le tourne-disque et l’on aimera moins la dernière partie du film, assez longue, redondante dans sa réalisation et sans vraiment de suspense.
Je vous propose maintenant de (re)voir deux extraits de films évoquant la même scène où l’on peut voir le Comte Stauffenberg déposer sa bombe près d’Hitler dans le quartier général. Les ressemblances restent frappantes. L’un est tiré du film The desert Fox: the story of Rommel (1951) de Henry Hathaway et l’autre de La Nuit des Généraux (1967) de Anatole Litvak.
Bonne projo !




1