« Walkyrie » de Bryan Singer – 2008

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Poster le : 23-01-2009 | Par : Edouard | dans : Nouveaux Films

Vu donc en avant-première hier soir au Forum des Images grâce à Allociné que je remercie, le nouveau film de Bryan Singer n’est, en fin de compte, pas si mal que ça.

J’avais pu lire à droite à gauche les problèmes survenus lors du tournage  (Tom Cruise et sa scientologie, des négatifs brûlés qui ont dû être retournés, problèmes de langues par rapport à l’Allemand d’origine etc…), mais cela n’a rien enlevé à la très bonne réalisation, malgré quelques plans connus et déjà vus dans les films de guerre.

Il faut dire que la tâche ne devait pas être facile. On ne va pas le cacher à tout le monde : c’est un film qui se termine mal. On imagine bien que notre ami Tom Cruise n’a pas réussi à tuer le Fürher comme il le fallait et que son opération Walkyrie a échoué.

Cependant, il était tout de même très intéressant de prendre ce sujet et d’en faire un film d’espionnage. Bryan Singer et son scénariste Christopher McQuarrie (Usual Suspect, Way of the Gun) avaient surtout deux choix qui se présentaient à eux : soit raconter l’histoire comme elle s’est vraiment déroulée, soit imaginer ce qui se serait réellement passé par la suite si l’Opération Walkyrie s’était bien déroulée ; ce qui aurait ainsi donné un côté plus imaginatif au film et peut-être même plus intéressant.

On regrettera que le film soit tourné en anglais car voir Adolph Hitler parler dans cette langue dénature pas mal le film, ce qui, quelque part, nous détache de celui-ci et nous rappelle trop facilement que nous sommes dans une fiction. Il faut en effet bien faire la part des choses quand on assiste à un film « based on a true story ». Ainsi, comme pour Munich de Spielberg ou le Che de Soderbergh, nous sommes obligés de suivre le raisonnement et le point de vue des scénaristes, ce qui ne nous permet pas d’avoir notre propre interprétation de ces personnages et de ces événements. Certains réalisateurs peuvent placer quelques ambiguïtés dans leurs oeuvres historiques et l’on regrettera qu’il n’y en ait pas ici.

Pourquoi en effet ces hommes ont-ils agi ainsi ? Par haine du Guide ? Ou parce qu’ils ont bien compris que la guerre arrivait à sa fin et qu’il fallait faire quelque chose de raisonné avant qu’il ne soit trop tard ? Dans la vraie histoire, le personnage du Comte Claus Schenk Von Stauffenberg était parait-il quelqu’un d’assez énigmatique et dont on a du mal à cerner vraiment ses opinions. Reste que les faits : et essentiellement celui d’avoir tenté d’assassiner Hitler comme on le voit dans le film. 

On a donc dit que Bryan Singer a voulu essayer de retourner au film d’espionnage des années 40 et il est vrai que ce film peut, à quelques égards, faire penser à des films réalisés par exemple par Henry Hathaway, Otto Preminger ou encore Carol Reed. On aimera particulièrement la scène où l’on peut écouter la Walkyrie de Wagner avec un plan rotatif sur le tourne-disque et l’on aimera moins la dernière partie du film, assez longue, redondante dans sa réalisation et sans vraiment de suspense. 

Je vous propose maintenant de (re)voir deux extraits de films évoquant la même scène où l’on peut voir le Comte Stauffenberg déposer sa bombe près d’Hitler dans le quartier général. Les ressemblances restent frappantes. L’un est tiré du film The desert Fox: the story of Rommel (1951) de Henry Hathaway et l’autre de La Nuit des Généraux (1967) de Anatole Litvak

Bonne projo !

 

Un jour / Une scène: « La Guerre des Mondes » de Steven Spielberg – 2004

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Poster le : 19-01-2009 | Par : Edouard | dans : Articles récents, Un jour / Une scène

La Guerre des Mondes était énormément attendu et un buzz incroyable avait circulé sur le net. Certainement pour trois raisons différentes : la première due à la deuxième collaboration entre Tom Cruise et Steven Spielberg, la seconde due au fait que cela soit un remake du film d’Orson Wells et tiré du roman ultra connu de H.G. Wells et enfin (et surtout) parce qu’on a entendu beaucoup de rumeurs sur le rapprochement fait entre l’affiche du film (ainsi que son thème) et la scientologie. 

Laissons les internautes débattre de ce sujet et attardons-nous maintenant plus sur le film lui-même (je sais, des messages scientologiques y baignent aussi…). 

Figurez-vous qu’avant la sortie du film, j’avais fait beaucoup de cauchemars, imaginant que Paris était à son tour envahi par des extra-terrestres et que le monde entier se mettait à vraiment trembler ! La seule solution étant bien sûr d’échapper à ces créatures destructrices. Bref, j’avais déjà en tête le scénario du film, bien que cela ne soit pas bien difficile à deviner !

Pour ceux qui l’ont vu, la plupart du temps, les réactions sont les mêmes : la première partie est géniale et la seconde effroyable. Et bien je suis en accord avec ce commentaire. Autant le début du film est prenant, angoissant, palpitant et impressionnant… autant la fin tombe dans le n’importe quoi, les grands sentiments et un certain ennui.

Nous allons donc nous attarder plus spécifiquement sur la première partie du film (jusqu’au moment où Tom Cruise  rencontre Tim Robbins grosso-modo). 

Le plus inquiétant dans cette partie est, bien entendu, l’arrivée des aliens semant la panique mais aussi cette scène de nuit où Tom Cruise et sa famille arrivent en voiture afin de prendre un bateau pour tenter d’échapper à ces créatures venant d’ailleurs. 

Je m’explique : ce qui fait le plus peur à ce moment là ne sont  pas les extra-terrestres mais tout simplement les êtres humains. Imaginez-vous à votre tour suivant une grande foule se dirigeant au même endroit jusqu’au moment où le danger approche à grands pas et que tout le monde s’affole : croyez moi, cela sera certainement chacun pour sa peau, quitte à vous faire marcher dessus, vous faire pousser de toute part et qu’on vous laisse tomber. En gros : l’homme est un loup pour l’homme. 

J’aurais souhaité vous montrer cette autre scène, un peu plus tard dans le film, où l’on voit cette même foule se diriger vers le bateau. Soudainement, la petite héroïne est la seule à se retourner car elle sent les créatures s’approcher… ces derniers émettent leurs fameux sons inaudibles… et là grosse panique : petit à petit, chacun essaye d’atteindre le plus vite possible le navire. Scène tellement cinématographique et basique du film catastrophe, on prend tout de même à chaque fois un malin plaisir à y assister, comme c’était aussi le cas dans Cloverfield, au moment où la foule franchit le Brooklyn Bridge.

Mais venons-en maintenant à la scène d’aujourd’hui, un peu plus tôt dans l’histoire et où Tom Cruise essaye d’atteindre la seule voiture qui fonctionne (quelqu’un peut m’expliquer comment et pourquoi elle marche alors que tout est paralysé ????). Il s’agit ici d’un plan séquence assez mémorable, super bien fait avec cette caméra qui se balade à droite, à gauche et réussissant à pivoter autour de la voiture qui fonce à travers divers obstacles. En parlant de cela, il est incroyable de voir que, comme par hasard, le conducteur a la place exacte pour pouvoir circuler sur la route.

Bref, analysez bien cette scène car elle reste assez mémorable, bien que l’on imagine facilement qu’elle a été tournée sur fond vert… (si quelqu’un connaît le moyen technique utilisé, on l’ écoute !).

Bonne projo !

 

Deux places offertes pour l’avant-première de « Walkyrie »!

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Poster le : 14-01-2009 | Par : Edouard | dans : Articles récents

Et oui, je vous offre une invitation pour deux personnes afin d’assister à l’avant-première du prochain film de Bryan Singer avec Tom Cruise dans le rôle d’un nazi ayant pour objectif d’assassiner Adolf Hitler (based on a true story!).

La séance aura lieu au Forum des Images, le jeudi 22 Janvier à 19h45.

Mais pour cela, il faudra répondre à une seule question ! Le premier ayant répondu correctement remportera sa place et pourra inviter la personne de son choix pour cette séance.

Vous êtes prêts… alors voici la question !

 

Quel long-métrage a gagné l’Oscar du meilleur film en 1955?

 

ATTENTION : cette question n’est plus d’actualité, la nouvelle se situe dans le dernier commentaire ci-dessous.

 

Vous avez trouvé ? Alors, n’hésitez pas à laisser dès maintenant votre réponse en me communiquant votre adresse mail afin que je puisse vous envoyer votre invitation !

Bonne chance à tous et que le meilleur gagne !

Un jour / Une scène: « Minority Report » de Steven Spielberg – 2002

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Poster le : 12-01-2009 | Par : Edouard | dans : Articles récents, Un jour / Une scène

Et nous restons toujours dans le futur avec cet autre film de Steven Spielberg mettant en scène un jeune chef policier pouvant connaître à l’avance les meurtres qui vont être commis et ainsi arrêter les criminels avant qu’ils ne puissent passer à leurs actes. C’est avec malheur qu’il va alors se voir lui-même en image, assassinant une personne qu’il ne connaît pas, et devenant ainsi la cible de toute la police.

J’avais bien aimé ce film à sa sortie malgré sa longueur (2h30) et qui est la première collaboration entre notre réalisateur et notre idole Tom Cruise (je considère au passage cet acteur comme étant un vrai comédien qui m’a plusieurs fois impressionné au cinéma malgré son appartenance à la scientologie).

Le film baigne dans une lumière froide (le bleu) et utilisant toujours le même procédé du contre-jour par moments avec ces lumières qui nous éblouissent et ainsi donnent une atmosphère particulière à l’histoire.

La scène d’aujourd’hui est l’une des plus connues du film. Recherché par la police, notre héros va alors tenter de s’enfuir en procédant à des tours de passe-passe qui font notre plus grand bonheur. 

Regardons-la et on en parle ensuite. Bonne projo !

 

Il est ici en premier lieu intéressant de voir la mise en situation. Nous arrivons sur un premier plan scindé en deux parties distinctes qui sont un journal que nous voyons en flou et Tom Cruise qui semble être fatigué, voire épuisé (il faut dire que le rôle qu’ont ses yeux dans le long-métrage y jouent pour beaucoup). Puis arrive le deuxième plan nous dévoilant une plus large partie du lieu (le métro) et un travelling avant se focalisant sur le journal vu plus tôt (le raccord est assez mal fait en rapport avec la position de l’acteur). Etant dans le futur proche, le journal est maintenant électronique et permet de recevoir les news en direct. Se joue alors un regard chassé-croisé entre le lecteur (est-ce le réalisateur Cameron Crowe ?) et le héros. Ca y est, le stress commence à monter.

Puis c’est la fameuse rencontre entre la police et le pseudo-criminel et donc de la course-poursuite. La musique se met en place, l’avertissement du chef du groupe est annoncé et l’on se retrouve dans une impasse déserte remplie de flaques d’eau. On remarquera ici l’image particulièrement bleue et scintillante.

On découvre grâce à deux travellings la présence des policiers avec leurs superbes machines leurs permettant de s’envoler dans l’air. Puis c’est la confrontation : contre plan sur Tom Cruise, champs-contre champs, plan centré sur lui afin d’accentuer sa réplique, plan en plongée pour intensifier le lieu et montrer qu’il semble être pris au piège, la musique monte, on sent qu’il va se passer quelque chose… Et on entend enfin la phrase qui était sur l’affiche du film et dont s’est basé tout le marketing: « Everybody runs« . A partir de là, l’action commence vraiment.

Il serait long de décrire chaque plan par la suite mais ce qui est intéressant est de voir l’aspect comique ou burlesque qui réside dans cette séquence. Comme on l’avait vu pour Les Dents de la Mer, Duel ou encore Indiana Jones, Spielberg utilise le même procédé : malgré le suspense et la dureté des événements, un côté absurde rentre dans l’ action comme cette vieille dame cuisinant ses hamburgers, cette famille déjeunant tranquillement à table ou encore cette jeune saxophoniste chez qui la scène se termine. 

Alors oui, c’est un procédé connu et archi-connu (il n’y a qu’à voir La Momie par exemple) mais il ne faut pas oublier que c’est lui qui a mis en place cette forme de narration et qu’il continue à l’utiliser.

Voilà donc un petit aperçu d’une scène de ce film prémonitoire (?) et qui était un bon divertissement. A revoir bientôt en tout cas.

Dernier point important. Si on regarde l’affiche française, on pourra voir, non pas un commentaire d’un magazine tel que Studio ou Ciné Live qui semble aimer tout ce qui sort en salle et toutes les bêtises qui peuvent exister…, mais celui de notre ami Michel Ciment, affirmant qu’il s’agit du meilleur film du réalisateur. Même si je ne suis pas d’accord avec lui, je trouve formidable qu’il puisse apparaître ici et que le magazine Positif soit enfin cité !

 

 

Un jour / Une scène : « Eyes Wide Shut » de Stanley Kubrick – 1999

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Poster le : 12-12-2008 | Par : Edouard | dans : Articles récents, Un jour / Une scène

Un peu plus de 10 ans sont passés depuis son précédent film et Kubrick nous offre le plus intimiste de ses films mais certainement aussi le plus personnel et le plus érotique de tous.

J’ai désespérément chercher en vain des scènes accrochantes et mémorables et j’ai été impressionné par le peu de choix sur le web. J’aurais pu vous montrer la fameuse bande-annonce qui est l’une de mes préférées sur la musique de Chris Isaak :


Eyes Wide Shut – Trailer

Revenons plus particulièrement au film maintenant. Encore une fois, il s’agit d’un long-métrage tiré d’un livre ou plutôt d’une nouvelle de l’écrivain autrichien Arthur Schnitzler et qui est assez fidèle au livre je dois dire, particulièrement lorsqu’il s’agit de la mise en place de l’histoire donc du début du film.

On l’a dit, Kubrick nous fait rentrer dans les moments les plus intimes du couple… et quel couple puisqu’il s’agit de celui le plus connu des années 90 et qui n’est autre que Tom  Cruise et Nicole Kidman.

Eyes Wide Shut reste pour moi l’un de ses films les plus mystérieux et je prends plaisir à le regarder et le re-regarder pour essayer de mieux le comprendre et mieux l’apprécier. On a devant nous un couple qui semble comblé et avoir réussi dans la vie, légèrement bobo on va dire mais dont un propos tenu par la femme va faire basculer cette vie qui nous paraissait si parfaite et sans problème. Elle avoue en effet avoir déjà eu de l’attirance pour un autre homme au début de leur relation. J’aurais d’ailleurs aimé vous montrer cette très grande scène mais je ne l’ai malheureusement pas trouvée…

Bref, cette discussion va changer toute la donne pour le mari qui va commencer à douter, à réfléchir, à essayer de comprendre ce qui ne va pas et où est le vrai problème. Sa quête va le mener vers un monde qu’il n’aurait jamais soupçonné et qui va le changer à jamais.

Kubrick nous parle ici de la banalité du couple, de sa crainte face aux pulsions sexuelles de chacun et de la nature humaine à nouveau. Doit-on rester si fidèle que cela au mariage ou peut-on se permettre d’avoir des rêves érotiques, d’avoir d’autres aventures sexuelles et aller au bout de ses fantasmes ? Chaque mentalité est différente mais quelle est vraiment celle de ce couple « parfait » ?

Dernier film avant sa mort, le réalisateur nous offre une vision tout à la fois pessimiste et optimiste de la vie d’un couple bourgeois moderne. On peut être choqué par ce film mais je n’en comprends aucunement la raison quand je vois ce qui se passe aujourd’hui dans notre société avec justement cette banalisation vulgaire du sexe, du mauvais goût et de la violence. Kubrick réussit à nous mettre mal à l’aise comme spectateur et à nous faire découvrir une nouvelle société primaire… et naturelle ?

La scène d’aujourd’hui est assez différente de mes propos ci-dessus et se situe au milieu du film lorsque Tom Cruise déambule dans les rues de New York, seul, un soir de pluie et où il va sentir la présence d’un homme intriguant le suivre au pas. A nouveau, faites attention à la musique qui baigne cette scène (et le film) et qui permet de faire monter la pression et le suspense, la crainte chez le spectateur. Il n’y a personne… Quelques voitures qui passent en faisant rouler leurs pneus sur des flaques d’eau et cet anti-héros que nous suivons sans trop savoir où il va.

Mélange de plan large et fixe, fondu enchaîné assez lent et travelling suivant les personnages. De même, on retrouve toujours chez lui un personnage qui nous est totalement étranger, que l’on voit de loin et qui nous inspire beaucoup de méfiance…  nous sommes bien dans le cinéma de Stanley Kubrick.

J’espère, pour ceux qui ne connaissent pas encore le cinéma de Stanley Kubrick, que cela leur a donné envie de découvrir ses films et d’apprécier son énorme talent. Je recommande d’acheter bien entendu le coffret de ses films qui est sorti chez Warner Bros Vidéo.

Ici s’achève la rétrospective des films de Kubrick, à partir de lundi prochain, je commencerai une nouvelle section avec les films d’un autre grand réalisateur qui n’est autre que Steven Spielberg.

En attendant, je vous souhaite une bonne projo !

Si la vidéo ne marche plus :

http://www.youtube.com/watch?v=3DExkPNbo7I