Opéra et Cinéma – Dossier

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Poster le : 12-07-2010 | Par : Edouard | dans : Interviews et dossiers

Vous trouverez ci-dessous le lien vers le dossier que j’ai rédigé pour Allociné sur l’Opéra et le Cinéma avec des interviews de Coline Serreau, Benoît Jacquot, Jérome Deschamps, James Thierrée, Werner Herzog, Renaud Marchart et Pietro Spagnoli:

http://www.allocine.fr/article/dossiers/cinema/dossier-18591278/

Alors… l’Opéra et le Cinéma: l’entente cordiale ?

Interview: Wernerg Herzog, président du 60ème festival de Berlin

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Poster le : 20-02-2010 | Par : Edouard | dans : Articles récents, Interviews et dossiers

A l’occasion de la sortie de son film Bad Lieutenant et du dossier sur l’Opéra et le Cinéma (bientôt mis en ligne), j’ai pu rencontrer l’immense réalisateur, symbole du romantisme cinématographique, Werner Herzog. Un homme à la vie et au parcours incroyable comme le démontre par exemple Conquête de l’inutile, ouvrage publié l’année dernière où vous pouvez retrouver les écrits qu’il a rédigé lors du tournage de son film Culte Fitzcarraldo.

Voici ses propos peu avant qu’il ne préside le 60ème festival de Berlin:

Voir l’interview de Werner Herzog (en bas de page)

« Fitzcarraldo » de Werner Herzgo – 1982

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Poster le : 23-12-2008 | Par : Edouard | dans : Articles récents

Il y a différents types de films : ceux qui se voient chez soi et ceux qui se voient au cinéma. Fizcarraldo appartient de très très loin à la deuxième catégorie.

De même qu’il y a des moments magiques qui peuvent arriver au cinéma. Comme par exemple cette projection dont je viens d’assister à Beaubourg, dans une salle remplie jusqu’à ce que des personnes soient obligées de s’asseoir par terre faute de place, même pour un film qui dure 2h45.

Et quand les lumières se rallument et que vous savez que vous n’êtes pas le seul à avoir vu ces images mais quelques 200 autres personnes étaient avec vous et se mettent à applaudir vivement sans que personne de l’équipe du film ou quoi que ce soit ne  soit là, alors vous vivez un moment magique. Tellement magique qu’un frisson vous parcourt le corps et vous met dans un état de joie et de choc. Il faut dire que la fin de Fitzcarraldo provoque le même effet, ce qui accentue encore plus la sensation !

Vous l’aurez donc compris, ce film un peu oublié mais mythique fait partie des sommets du Septième Art. Certains ne seront pas d’accord avec moi. Mais l’entreprise et les images filmées nous obligent à aller dans ce sens. 

Pour ceux qui n’ont pas vu le film, résumons rapidement l’histoire :

Un homme passionné d’Opéra et du ténor Caruso rêve de construire un Opéra au Pérou jusqu’à se perdre dans sa passion et devoir franchir une montagne avec son bateau pour passer d’un fleuve à un autre. Le film conte tout simplement cette histoire qui tient sur à peine une ligne. 

Ce qui fait la particularité de ce film, outre sa renommée mondiale, sont les images qui le composent : ici, aucuns effets spéciaux, aucuns trucages, aucun fond bleu ou fond vert. Que la réalité d’indiens faisant tout leur possible afin de faire passer un bateau de je ne sais combien de tonnes derrière une montagne. Et c’est d’ailleurs à ce niveau que l’on peut comparer ce film, non pas à une fiction mais à un documentaire. 

Werner Herzog atteint avec ce film une sorte de point de non-retour. Il a atteint l’impossible et il a malheureusement été blâmé pour avoir accompli cet exploit, ce qui l’a obligé à retourner au documentaire faute de moyens pour financer ses autres projets.

Il faut dire que le tournage est gravé dans toutes les mémoires : pénuries, piqûres de serpents, maladie, problèmes d’acteurs et surtout la folie de Klaus Kinsky comme on peut le voir sur ces images tirées d’un documentaire d’Herzog consacré à son acteur fétiche et ami :

 

La particularité de Fiztcarraldo tient donc à son aventure, mais aussi à sa folie. Pourquoi Herzog a voulu faire ce film ? Pour se surpasser ? Parce qu’il a toujours rêvé comme son personnage de projeter un Opéra dans la jungle amazonienne ? La ressemblance entre ce personnage et notre réalisateur ne peut être qu’évidente.

Il n’a qu’à comparer ce film à ses autres longs-métrages comme par exemple Aguirre, la colère de Dieu. On voit ici les mêmes thèmes qui baignent dans chacun de ses films : la folie bien sûr, l’obsession, le pouvoir, la force de caractère, la quête de l’impossible par tous les moyens, l’obstination. Il n’y a qu’à comparer Klaus Kinski dans les deux rôles pour faire le rapprochement mais aussi dans l’objectif ultime des deux personnages : la quête désespérée de ce qui ne peut exister. Que cela soit l’Eldorado ou un Opéra en pleine nature.

La nature joue aussi beaucoup dans ce film. On peut penser lorsque l’on voit certains plans, à nouveau au film de Terrence Malick mais cela serait commettre une erreur pour la raison suivante : alors que les (anti-)héros des films de Malick doutent et se remettent en question face à leur découverte d’un nouveau monde et d’une autre culture (et d’une nature inconnue), les personnages d’Herzog ne réfléchissent pas et tombent au contraire dans une folie de plus en plus grande et bientôt incontrôlable.

Dans les films d’Herzog, l’homme est plus filmé que la nature, les gestes, les mouvements et l’éthique de ses caractères sont plus importants que ce qui les entoure. C’est d’ailleurs à ce titre que les indigènes sont finalement posés au second plan. 

Pour l’anecdote, Werner Herzog avait déjà commencé à faire des repérages et à tourner quelques scènes sans Klaus Kinski mais avec deux autres acteurs assez inattendus dans ce registre : Fitzcarraldo était joué par Jason Robards tandis que son valet était joué par un certain… Mike Jagger.

Certaines scènes des deux acteurs existent toujours dont la suivante. Vous allez pouvoir comparer  vous-mêmes la différence d’interprétation entre ces trois personnages. Une chose est certaine : sans Klaus Kinski, le film n’aurait certainement pas eu le même retentissement :

 

 

Et bien pour ceux qui n’ont pas encore vu le film et si vous habitez Paris, courez revoir ce film à Beaubourg pendant la rétrospective consacrée à Werner Herzog. Non seulement vous ne  le regretterez pas mais vous vivrez très certainement l’un des plus beau moments du cinéma !

Intégrale Werner Herzog à Beaubourg du 10 Décembre au 2 Mars 2009

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Poster le : 14-12-2008 | Par : Edouard | dans : Articles récents

Il y a quatre jours vient de s’ouvrir une rétrospective sur le réalisateur allemand Werner Herzog connu pour ses films audacieux et remplis de folie, comme lui-même certainement.

Je n’ai malheureusement pas eu le privilège d’assister à l’ouverture de cet hommage en sa présence mais j’ai cependant pu assister à la projection d’un de ses documentaires récents intitulé The White Diamond suivi d’un débat entre lui et une philosophe américaine (où je ne suis pas resté car leur conversation était trop intellectuelle et a beaucoup enlevé à la magie de son documentaire que nous venions de voir).

Vous trouverez ci-dessous mon impression sur ce documentaire après une introduction à l’oeuvre de Werner Herzog :


 

Et voici la bande-annonce de la rétrospective en ce moment à Beaubourg, qui sait, peut-être allons-nous nous retrouver là-bas ! Bonne projo !

 

Aguirre, la colère de Dieu, de Werner Herzog – 1972

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Poster le : 07-10-2008 | Par : Edouard | dans : Articles récents

Drôle de film que ce Anguirre, DER ZORN GOTTES… Je n’arrive pas directement à exprimer ma pensée en fait… Je suis assez surpris par son originalité et avoue que je ne m’attendais pas à voir un film aussi… lent finalement, lent mais doté d’une force et d’un grand intérêt. Une comparaison directe me vient à l’esprit car je repense aux films de Terrence Malick et donc du rapport entre le cinéma et la nature. Alors que le premier essaye plus de filmer l’environnement de la nature par rapport à l’homme, Herzog semble faire le contraire : l’homme face à la nature. Peut-être est-ce pour cela que Aguirre ne me touche pas comme La ligne rouge par exemple. Je ne dis pas que le réalisateur filme mal la nature, au contraire, elle y joue un rôle aussi important que les personnages mais le ressenti n’est pas le même.

 

Ici, il s’agit avant tout d’une question de survie mais de cause perdue. Simplement, nous seuls savons que c’est une cause perdue puisque dès le générique, on nous informe sur la volonté de ces conquistadores  de trouver l’Eldorado. Je ne peux m’empêcher de comparer ce film à celui vu hier du même réalisateur et qui est Rescue Dawn : il en réside en effet certains mêmes thèmes comme en premier lieu la survie face à un monde inconnu, une menace permanente, une folie graduelle, un égocentrisme grandissant… Et bien entendu, encore et toujours la nature. Que fait l’homme face à un lieu qu’il ne connaît pas et dont il a peur ? Il survit bien sûr mais en se l’appropriant ! Les autres thèmes que nous pourrons développer longtemps car passionnants baignent le film comme la religion bien sûr, l’esclavagisme (est-ce un hommage à shakespeare si « le nègre » comme il l’appelle porte le nom d’Okello et porte une boucle d’oreille comme Othello ?) ou encore l’absurdité de l’être humain.

 

En y réfléchissant, on voit bien que ce film (comme beaucoup d’autres d’ailleurs !) soulève beaucoup de questions mais donne aussi certaines réponses : la bêtise de l’être humain en la croyance à un être suprême, la vanité de l’homme poussée jusqu’à sa folie, le laxisme des être humains sans vraie personnalité et concentré sur l’individualisme… Herzog a dressé un film intrigant ici à la fois pour le spectateur mais aussi pour lui-même à mon avis. Cette recherche d’une terre parfaite, ce suivi vers cette quête que l’on sait perdue ne renvoie-t-il pas tout simplement à la volonté de faire un film non-conventionnel, sans vrai budget et dangereux ? Peux-tu comparer la quête de l’Eldorado pour Aguirre à une volonté de réaliser un film impossible et donc de se surpasser ?  J’attends de voir maintenant Fitzcaraldo avec grande impatience !

 

En cadeau, une interview de Klaus Kinski montrant bien son comportement et son état d’esprit on va dire :

 

P.S: je conseille la version commentée par son réalisateur qui semble être très intéressante, encore faut-il avoir le temps de le faire correctement !

Questions aux lecteurs :

Et vous, avez-vous trouver ce film intriguant ou au contraire inintéressant et contemplatif ? Qu’avez-vous tiré des thèmes évoqués dans ce film ? Croyez-vous à la folie de l’homme ou encore à sa vanité et ses obsessions ?